‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 281 sur 441 · I. i f *mm». r.Atr iir *% i I^Vl. 1# Tvl«bf · texte numérisé non relu

I. i f *mm». r.Atr iir *% i I^Vl. 1# Tvl«bf

• mKf« H'I"*. «lrirr.e. 4 » <êi, •!< I*. t* ii^a. a>-jm».rna 4» — J tv>«e«nb»» iLai i *ir/#, r.rmr

4 v*'«, 4* '«na-it» «t I»ni«r. — IT 4»embr«. H-ii* l/thlft. ii'*Bn, i « t**, 4> Iba- n. tn4» s..* i ru*r

Van«H. — < «an. f-aru firt it mtr. r il», 3 v >••. <|« fjlr.ii.lefi et M<>aré*l. — 7 joia. bistre* 4 laon'J'. «a . l'wlla. I tri», >U H Uovo.a-. — i 44r-n.brr. w«'.l i' PterreitU, | a> A. UmorM.i-r rt i-ock.

I. afnunl Aube 'I" j»n»irn. — Le Wjiteur A. Millet lit jaavlcrfa — Le peinlrr MelaBonler IM janrler;. — Le maatteier Élle Bertbet I" ft»rirt). — Le ,<Kir Théodore de Banville (13 nursi — La prime Jérôme Napoléon (17 iiwii. — Lr soulplrur Chdpu >ri irrih. - U M.lm.n.hol de Mollke avril,. - Lf.riv.m J.-J. WelUiMnim. — la «olonel Label )aia|. - Le enmtxnWit Henri Lllolfl «, «wot.t - J Orery, anci. n Vu ».dei,l de U ll.».il.llqlia III »e|,Umbr«S - Lr géafta] Boulanger i ;<> |,!ni,lir. i Alphand, dimleur d< > Irjvnu» de U «ilU de l'ari. <« .1. . . mbret.

LE* FETES bU CENTENAIRE DE LA PROCLAMATION l>E LA REPUBLIQUE

M. Carnot pénétrant au Panthéon pour la cérémonie officielle. Dctiio de M. Duiti. — (Dlbllolli«i|ue Nationale.)

s'inscrit dans l'histoire parisienne par une sanglante série d'attentats. Quelques semaines apn-s les explosions des boulevards de Clichy et Saint-Germain, l'anarchiste Havachol est ariélé dan9 un restaurant du boulevard Magenta, traduit devant la Cour d'assises de la Seine et renvoyé à Montbrison sous l'inculpation d'assassinat.

La faiblesse desjurés qui, apeurés par les menaces anonymes, n'ont pas su rendre un verdicti apilal. enhardit les compagnons. A l'issue du procès, le restaurant Véry, où Havachol a été arrêté, saute; six personnes sont blessées, dont deux mortellement.

C'est une déclaration de guerre ouverte à la société : celle-ci répond par les mesures de sécurité publique les plus énergiques. Le prélet de police multiplie poursuites et perquisitions, expulse les étrangers suspects, réclame l'augmentation du personnel des gardiens de la paix. Pour quelques mois, la secte semble muselée et, malgré les prévisions pessimistes, la journée du i" mai se passe dans le calme.

Mais Paris offre l'aspect d'une ville assiégée : les rues restent désertes, les boutiques closes, les omnibus sans voyageurs, les musées et les théâtres barricadés; la police invisible et partout présente, les troupes de banlieue prêtes a marcherau premier signal.

Les riches familles d'étrangers désertent, les hôtels se vident, les recettes des magasins baissent. Après plusieurs semaines d'ace.ilmie, la population se reprend à espérer la lin de celle série rouge, quand la terrible bombe du commissariat de la rue des IJons-Knfants. bientôt suivie de la découverte d'une cartouche de dynamite à la Préfecture de police, jette de nouveau la consternation el l'angoisse du lende main. Si, outre ces méfaits , on tient compte de deux grèves des cochers de l'Urbaine (soutenus par le Conseil municipal, ils réclamentl'abaissement de la moyenne et l'emploi du compteurhorokilométrique) ; de l'imminence d'une épidémie de eboléra dans les

arrondissement* périphériques, de l'émotion causée par la mise au plein jour scandales de Pafinma tripotages suspects 104 députés — on a beau se faire laudator trmporis mii , 1892 porte à son fronton ces mots découra-

POVR lA-SCiENCL LAPATR LHV/AANITÉ-

FLAOCETTE FRAPPÉE POUR ETRE OFFERTE A LOlls PASTEIR

Rrorue gravé par O. Roty.

Mu-re du Luxembourg.)

LU EN N K AHAUO Mrvlné J'aj.i i !•■ ne loi d<- fil vu. D'il i cfccN, iColkclion ie r.(r»,)

géants : « Mort à la société et corruption politique. »

Quant aux délicats, dégoûtés des excès du naturalisme, dont Pierre Loti vient d'exécuter en sourdine la marche funèbre dans son discours de réception à l'Académie, ils se réfugient dans le néo-catholicisme, sorte de réveil intellectuel du sentiment religieux. Dans cette religiosité qui n'est souvent que la piété sans la foi, il y a bien de l'insincérité et fréquemment le seul but estd'épaterle bourgeois, les salons de la rue Lepelleticr, où le sur Péladan prélend restituer les pastorales chaldécnnes en de vague* mélopées ; chez Durand-Ruel. les expositions de pointillistes et symbolistes déliquescents ne sont que des mascarades ridicules où l'incohérence du résultat le dispute à la fatuité de l'effort.

Et il en va demôme,àpeu près, des Passions et des Chrisloù,sous couleur d'évangélisme, dans une salle de luxe criard, les acteurs déclament un livret d'opéra fabriqué avec les.

pires procédés de la rhétorique parnassienne. Et l'interprétation des mystères d'Éleusis, dans une sali»?

toute noire, par le bon mystagoque Jules Bois, n'émeut que la candeur des badauds ou des snobs.

Plus touchants, plus sin-

ccres sont les petits drames sacrés que Maurice Bouchor fait jouer par les marionnettes de la galerie Vivienne {Noël, Sainte Cécité)^ les poèmes repentants de Verlaine ou les études religieuses du néo-bénédictin lluysmans. Il n'est pas jusqu'aux peintres qui ne gaspillent leur talent en versant dans un idéalisme puéril et artificiel. Chez les mcil-

de Henri Martin, ou le Car peaux d'Albert Mai* gnan, auquel le jury décerne la médaille d'honneur; des plafonds fuligineux ou safranés. tel le l'aris conviant le Monde à ses fêtes, de Benjamin Constant; des morceaux de genre où l'on sacrifie la vérité à l'effet imprévu (IU conspirent, de Cérome), voilà les exemplaires les plus caractérisés de ce nihilisme.

ERNEST RENAN Mtdaillc d« RwcU, t.'li i./âui. — iColfcclion <!• r.\rt.)

leurs maîtres, l'indilférence pour la science du dessin et de la composition s'accentue; le délayage de la couleur, la recherche d'efl'ets d'éclairage compliqués prédominent. Aussi les deux Salons (surtout celui du Champ-de-Mars) présentent un aspect inquiétant. Des allégories fantômales, insaisissables, comme l'Homme entre lu Vertu et le Vice

Dans la peinture d'histoire, les noms de Détaille (Sortit île la garnison d'Huningue tn 1815), de Tattegrain {Entrée de Louis XI à Parti en 1401), de Cormon (Funérailles d'un vknf à fàge de fer) honorent hautement l'école française, soit par l'habileté de leur composition, la puissance de vue de leurs personnages ou l'éclat de leur palette. Toutes ces

LA DYNAMITE A PARIS. — l'ëIPLOSIOX M. LA Mil l'E CL1CIIT

Dessin d'après nature, de Kinathe.

(hiblfotMqnt .N*UoD*l«.)

« mysticaillcries », en somme, ne répondent qu'aux aspiration* inquiètes d'une minorité de lecteurs et d'amateurs. Le plus gros succès de librairie de l'année, la Débiklr, de Zola, suscite dans les revues d'acerbes polémiques.

Les psychologues Paul Bourget (Terrt promis?) et Marcel Prévost {Lettre» de frmmrs), restent lessecrélaires informés et discret* du cœur féminin, les observateurs exacts et cruels des mondanités.

Lavedan a trouvé avec son délicieux Prince d'Aurtv le modèle de la satire Banglante, pétillante de la noblesse dissolue, ultra-boulevardière, qui achève de s'effriter par le scepticisme et la blague. Sa pièce, qui le fiasse d'emblée comme un petit-fils de Beaumarchais, est le plus gros succès de la saison. Le nouveau directeur de l'Opéra, Bertrand, monte deux ueuvrei de haute inspiration : Satammixiy de Reyer, admirablement encadrée et costumée, où triomphent l'altitude majestueuse, la voix lointaine, le geste hiératique de

Rose Caron ; puis Samtem et Dalila.

œuvre d'ardente foi et de passion, de sévérité toute classique.

Pour ces grandes soirées, Lenthéric a trouvé de superbes manteaux Empire que de belles spectatrices jettent sur la robe princesse avec jupe longue coupée de biais et de vaporeux capuchons Manon à dentelles noires ou blanches. Le velours est très en vogue, côtelé, uni, pointillé, à rayures ; les toques et capotes de peluche rose s'ornent d'oreilles de caniche ou de lièvre. La jarretière de gants est adoptée par toutes les élégantes.

Les deuils dus à l'inllucnza sont nombreux. Le Collège de France perd Renan, dont le magnifique portrait de Bonnat vient de faire revivre, sous le masque lourd, la finesse, la gra\ lté douce, l'acuité dépensée : l'Académie. Xavier Marmier, Camille Roussel:

l'Institut, Kdouard Lalo et Cuiraud.

Maupassant, atteint de délire, est interné à la maison du docteur Blanche et, déjà mort à la pensée, finit d'user ses forces dans des hallucinations atroces.

Aux derniers jours de décembre, la célébration du jubilé de Pasteur, à la Sorbonnc, en présence du président de la République, du gouvernement, du Tout-Paris médical, artistique, littéraire, hausse cette figure simple et géniale d'homme de laboratoire au-dessus de la tourbe agitée des Ames de boue, vénales, vaniteuses, détraquées.

Fernand Iàhard.

La IiY.NAXITH A PARI». — LB REsTAIHAXT té ii y

aphés l'explomo.x

D'apr«6 une photographie instantanée.

(Ut> iollj- |«c National*. >

Hnl'ITAL DB LA CHOIX ROV6S D'après une photographie. — (Collection Charles Simond.)

LES ÉCHOS DE PARIS

Explosion rue de Clichy.

(27 mars.)

Lks «ljiiajuitours viennent de donner un triste démenti ù la police qui ces jours dernier* parlait d'eux avec trop d'assurance. Une charge de dynamite considérable, placée, avec une habileté réelle cette fois et une sécurité qui semble presque parfaite, a fait sauter, ce matin à 8 heures, toute la maison qui porto le numéro 39 di' la rue de Clichy, au coin de I» rue de Herlin.

Thuh 1rs locataires étaient encore endormis à eetle heure matinale. Ils ont élë secoués ou blessés ou à demi tués, avec la rapidité de la foudre, par l'épouvantable explosif.

Les murs ont été lézardé* du haut en bas de l'immeuble; toutes les vitres ont été réduites eu miettes; tous les meubles ont volé en éclats : bref, une minute après la détonation, la haute maison de cinq étages qui venait d'être choisie par les dynamiteurs pour champ nouveau de leurs exploits, n'était plus qu'un nmas de décombres au milieu duquel les pompiers arrivés en haie trouvaient malheureusement cinq blessés.

La détonation s'est produite A 8 heures 10 exactement. La bombe de dynamite (ou la marmite, car ce devait être une véritable marmite remplie d'explosif) avait été posée au serond étage.

f-LAvUenE EN ARGENT

K\écutèe pour M. Lozè Grkvée par Roi t.

i Mu»«l- du Luvemlourg i

Aussitôt lous lescarreaux des maisons portant les n" 2 et 4 de la rue de Berlin et 39 et 41 de la rue de Clichy volèrent en éclats

L'escalier du n" :i!> s'effondra immédiatement depuis l'entresol jusqu'au quatrième ; une bonne de la maison. Mlle Marie Alexandrinc, qui montait le quatrième étage, fut précipitée dans la cage de l'escalier; la malheureuse femme est très

grièvement blessée.

Au bruit de la détonation, tous les locataires se précipitèrent aux fenêtres.

Ne pouvant plusdescendre par l'escalier, ils demandèrent des échelles de sauvetage.

Comme au boulevard Saint - Germain, il a été impossible d'è ;rc fixé dès le début deB recherches sur la nature de l'engin.

M . Girard , chef du laboratoire municipal, n'a pu faire d'abord que quelques hypothèse s basées sur les effets produits par l'explosion.

C'est ainsi qu'il allirme que les victimes qui ont été atteintes nel'onlétéque par le ricochet des projectiles et non par leur action directe.

L'endroit où l'engin a été placé a pu être

résulter de ce fait que le gland du cordon de la sonnette n été complètement brillé. C'est la seule trace de feu constatée. Tout semble donc indiquer que In mèche a été allumée dans cet endroit l.e chef du laboratoire municipal estime la charge ù •> kilogrammes de dynamite, soit cinquante cartouches semblables ùcellesquiont été volées à Soisv-sous-Ktioiles.

Ainsi qu'on a pu maheureuseiiicnt une fois

FLAUUETTK EN ARGENT

Kxècutée pour M. Loiù

(•riuve MT RuTV.

rMntée du l.uifiubjurg l

de plus le constater

nci.iiMC. — ne cou Exécuté on i&'Jî. par Manu»

hier, c'est de préférence an second étage des

immeubles visés que les auteurs des attentats a la dynamite placent leurs engins de destruction.

Ceci s'explique par ce fait que les engins employés, bombe de dynamite ou ustensile quelconque contenant des projectiles, étant munis d'une mèche dont la combustion est rapide, ceux qui doivent y mettre le feu cherchent surtout à se ménager le temps nécessaire à la fuite.

D'autre part, la commotion devant se produirc dans tous les sens, le choix du second étage, centre de l'immeuble, est le point naturellement désigné pour placerl'engindes-

l>£ mosaIoce iocs or Michel. — (Collection de VArt.)

exactement déterminé : c'est au deuxième étage, contre le chambranle d'une porte. Cela semble

tructeur. S il avait été déposé au rez-de-chaussée, 1r s dèg.-Hs eussent pu être bien moins importants.

Page 1