M"" SÏBIL SAM.GA-ON
Née k San-Francisco, débute a l'Opéra-Cornique en 1889; crée en I8M, Thaït à l'Opéra.
D'npri'1 une plvit.igrjphir — i llil-liollu f|iie de l'Opéra.
homme. Tout à coup il lui dit : ■ Mon ami, vous devriez lire If l'ïre Peinanl, c'est le journal de ceux qui soulTrenI, de ceux que le capital exploite. • F.t il ajouta : » 11 ne faut plus de soldats, plus d'armée qui, nu jour de la révolution, tireraient sur leurs frères. »
Ces théories révolutionnaires donnèrent à penser au beau-frère de M. Véry qui, de plus en plus, jugea que l'homme qu'il avait devant lui pouvait, bien être le dynamiteur recherché. Son opinion se trouva fortifiée, lorsque celui-ci, au cours de la conversation, dit d'un ton dégagé :
— Tiens, je suis passé ce malin rue de Clichy; on a fait sauter une maison par la dynamite.
— Oh! les misérables gens, ceux qui font des choses pareilles! dit I.hérot.
— Pas du tout, dit l'individu; c'est la revanche du prolétariat contre le capital.
Vers une heure de l'après-midi, l'inconnu partit après avoir payé sn dépense. II oublia sur la table un indicateur des chemins de fer.
Hier malin mercredi, à onze heures, l'individu entrait dans le restaurant de M. Véry, et s'asseyait, le visage tourné cette fois en pleine lumière. Il appelait le garçon à qui il souhaitait le bonjour, et commanda un bouillon qu'il avala sans prononcer une parole L'homme paraissait préoccupé,
I>ELPf A
U'*piii «in- |.ln<mpT«phif. — Hiblinlhf'iur de l'Opéf...,
dix, dans uioNflume Tell.
D'apte» une photographie. — i ltiMiotlie<|ae da l'Opéra i
soucieux, nerveux; de temps en temps il jetait un coup il'œil rapide vers la porte.
Jules Lhérot, lui aussi, était énervé; de plus en plus il était certain de reconnaître llavachol. Tout en servant les plais que lui commandait son client, il examinait celui-ci attentivement.
A l'entrée du client aux théories anarchistes, Lhérot était en train de lire le signalement de Itavnchol : Cior frire romle à l» mnin ijanchf Lhérot. en enlevant la lasse vide, se pencha sans affectation vers son client qui lisait dans Vlntvan*i<jtanl un article flétrissant les dynamiteurs.
Il vit la cicatrice, 1res nelle.
Il n'y avait plus a limiter, c'était bien Kavachol.
Celui-ci était vétu d'un costume noir et portail une cravate de couleur claire. H était coiffé d'un chapeau haul de forme qu'il a\ail accroché a une
patére. Ses cheveux noirs partagés au milieu de la téle couvraient en partie son front élevé, et dissimulaient certainement la cicatrice de la
t AMI IiAUBRAY Dessin de Nlh BvaQf. - GrivurodeS >-Ti. i v, d\.prr. lin i .
bosse frontale gauche. Jusqu'à l'accent traînard signalé, tout v était.
Il n'y avait pas de temps à perdre; Lhérot
sortit de la cuisine qui donne sur l'allée, prévint son benu-frère qui s'y trouvait et rentra dans la boutique.
M. Véry courut au bureau de M.
Drcsch, passage du Désir, et le mit au courant de la situation. I.e magistral, accompagné de deux gardiens do la paix et de son garçon de bureau, se acndit boulevard Magenta.
il posta les deux agents à quelques pas de la maison, et, suivi de son employé, il pénétra dans le restaurant.
.M. Oresch s'assit, comme un simple particulier, à une tnhle voisine de celle qu'occupait l'individu soupçonné, et demanda une consommation.
L'homme, en voyant ces allées et venues, ces deux hommes entrer dans l'établissement, comprit qu'il y avaitquelquechose d'anormal. 11 appela le garçon cl demanda son compte, quarantetrois sous. En preliant son portemonnaie, sa main Iremblail; il avait peine a saisir la pièce de deux francs et les vingt centimes qu'il finit par déposer sur la table, devant l'employé qui rendit un sou.
— C'est pour vous, dit l'individu qui se dirigea Ters la porte.
A ce moment, le commissaire le vit
(Colloclioti ,1c I Art)
Salammbô Décor du acte, 2* tableau..
D'aprè» la maqui'tla originale. — (Bibliolhèqu* de l'Opéra.)
ruse canon i>afcs Salammbô.
(BiMJolhèqua de l'Opéra.)
mettre sa main gnucho dans la poche de son pardessus.
Il se trouva dans lu rue, nais , en nperrevunl deux gardiens de lu paix, il voulut luire un pas en arriére ; l'inspecteur et M Uresrh sautèrent sur l'homme et le saisirent a bras-le-corps Les deux agents s'élancèrent aussi.
L'individu, malgré sa résistance. Tut maîtrisé et conduit par les quatre hommes au poste de la mairie du X' arrondissement .
— Vous êtes Hnvarhol, lui dit le commissaire. Allons, avouez, vous êtes pris.
— Je ne sais pas ce tpje vous voulez dire, répliqua-t-il.
On le dcshabilln, et on constata qu'il portail sur la poitrine deux grains de beauté, signes distindif- du signalement de Havacbol. Sur lui on
Salammbô. — Rôle J'amilcas.
D'aprti la maquette — (BiMiotliéqu* da l'Opéra.)
trouva un revolver de neuf millimètres, un portemonnaie avec cent quatre francs . une canne ;'i èfét el une quittance de lover d'un logement à Saint -Ma ridé. •
i ;~" si
Salammbô. — Rôle de shaiubaium
D'apKi la m.i!|U. lté. — UbliOtUflM de l'Op,'ra.)
Les agents ont eu beaucoup de peine à faire monter Itavarliol — car c'était bien lui — dans une voilure de place pour le conduire a la Préfecture de police II saisit fe sabre d'un des agents et voulut en frapper ceux qui l'en) rainaient. On put le désarmer. Alors, Ravachnl cria à plusieurs
Salammlit'i. — Unie de hatim D aj.rti la maquette. — i Hiblinlh, .|uc de l'Opéra.)
reprises el d'une voix forte : « Vive l'anarchie t A bas les bourgeois ! >
Kavachol était ficelé comme un saucisson. Les gardiens de la paix, qui connaissaient son évasion
U' .j r. - la m Murfc, — iTilMiotMqi»' de l'Opara.)
H Saint-L'lienne. nu, bien que menotté, il avait échappe aux gendarmes, avaient pris un grand luxe de précautions.
C'était le tour de service d'un ancien zouave d'Afrique et d'Italie, un Alsacien, nommé Obermnv'cr, à la Sûreté depuis la guerre.
Stiîammbà. — Hôte de mai mu D'aprèt la maturité. — (HiUioUteque de I Opéra.)
tiikathk i>k l'ockra — .STinmor el Dalita . Décor du 2* acte, dessiné par Amable et «Jahuy.
D'aprèa U maquette original- . — * RiMiollièqlM de l'0|n r» )
Siiiiuon el Dulila. — tallM
U'uprf» la maqurttn.
(RiMMhfqur A- l'Op.'r» I
Snmton fl Dalita, — «ahvn D'aprr* la maquette.
HiHIothf-qiir. ,1* I Dj^M.)
Snmton et l'alita, — le gium> PittTiiK
D'après la maquette.
(KiMiolhfcjiK d<> rOprra.)
— A boire ! faisait le prisonnier.
ohermavcr déligolla Ravachol, en coupant les cordes avec un canif, et lui versn un verre tTeau i pic l'autre but, pendant que le vieil agent, brnve
affiche pcm k la Damnation île h'autt
Composée par Frémom* (Collerlioa de l .\rl.)
i.a Damnation de Fautt
Lithographie de Lohbiec, pour la titra de la partition. {Collection de Mrfc)
homme, mais roublard et énergique, lui disait : — Bois, mon garçon, bois à ta soif, ne te presse pas; mais fais pas de rouspétance, ou je teras<e la carafe sur la... figure.
Ravacbol examina l'homme qui lui parlait sans répondre ; le visage énergique du vieux soldat lui amena de salutaires pensées, il rendit tranquillement le verre.
(juand Ravachol fut un peu reposé, on le conduisit au service anthropométrique.
UERLIOZ
l'holographie de Cariât.
(Cèllctttoa de l'Art.;
Enlèvement de Mlle Dourches par la police.
Ai mois de novembre dernier, une jeune pensionnaire de l'asile d'aliénés de Villejuif était enlevée par son frère et trois de ses amis, au moment où elle se rendait à lu messe avec ses camarades, sous la surveillance de quatorze inlirmiéres.
Lu famille Dourches, craignant qu'on ne vint de nouveau lui ravir la jeune lille, la confia aussitôt après l'enlèvement à des amis, puis au bout de quelques jours, pensant que cette affaire était bien finie, elle la reprit.
LA MOPG bx 1892 D'aprèt la Journal itt Dtmoiitllri.
(Collection tttti Rochcj.
Mais tout no devait pas se passer aussi tranquillement.
Mlle Dourehes était rentrée daïlH sa famille depuis plus d'un mois, quand la malheureuse a été une deuxième f" fois enlevée
C'est, en effet, un véritable enlèvement que la Sûreté a opéré à son tour au domicile de la jeune Bile, si nous en crovons le réril qui nous a été fait par la mère.
Mme Dourehes.
Jeudi, à cinq heures du matin, eette dernière était réveillée en sursaut, ainsi que son llls Aehille, l'auteur du premier enlèvement, par des coups violents frappés à la porte Kllc demanda, fort effrayée, qui venait ainsi frapper à une pareille heure. C'étaient trois agents de la sûreté qui se liront immédiatement connaître et insistèrent avec menaces pour que la porte leur fût immédiatement ouverte.
Mme Dourehes et son fils s'exécutèrent. Aussitôt entrés, les agents mirent ce dernier en étal d'arrestation comme auteur de l'enlèvement de Mlle Dourehes.
puis ils demandèrent où se trouvait la jeune pensionnaire.
I.a mère, comprenant qu'on vouait encore une fois lui prendre sa fille, protesta uvec la dernière énergie, maison présence de l'altitude «les agents, aucune résistance n'était possible. Mlle Dourehes, qui se trouvait a l'étage supérieur, descendit et à sontourGtontendre les plus vive* protestations, déclarant qu'elle n'était pas folle et qu'elle voulait rester dans sa famille.
Mais les protestations étaient inutiles. M. Aehille Dourehes et sa sœur se disposèrent à partir.
Dans la cour do la maison, quatre autres agents se tenaient prêts. Ce déploiement de forces était vraiment excessif.
Mlle Dourehes et son frère ont été, durant la journée, interrogés par M. Cuillnud. commissaire de police, puis Al. Achille Dourehes a été envoyé au dépôt cl sa sœur à l'infirmerie du dépôt.
Hier, Mme Dourehes est allée a la préfecture de police réclamer son Gis et sa fil le ; le premier, a Ja suite d'un nouvel interrogatoire, a été remis en liberté.
Quant à la jeune fille, elle fut retenue pendant plusieurs mois, et il fallut l'opinion motivée do plusieurs médecins aliénistes pour déeider la justice à ne pas la réintégrer à l'asile. Elle fut rendue à sa famille le 21 mai.
RlKtt
Gagnant du Grand Prix de Paris en lo'Jâ. Monté par T«m I.ane
(Col)cctton Autiutl-lMHgrkamfi.)
7. — Enlèvement "de Mil. Dourches par la |»>l!ce; • rlle jeune fille avait déjA été enlevé* au mois de novembre dernier par «a famille d'une maison de «anié où on la retenait par lorec, en prétendant qu'elle n'était pas guérie.
13. - - Arrestation de Fosse qui, le i décembre dernier, avait assa-siné, A Poi»»y, la veuve lissier pour la voler.
13. — Cn fou, son» prétexte qu'on ne voulait pal lui rendre les InO.Oih) franc» saisit sur lui lor« de mn arrestation, frappe plusieurs . mp)..y. s de la préfreturc de polire de coups de sMel et les blesse dangereusement, lai somme réclamée par lui se montait cn réalité i 130 francs et lui avait été remise quelque! jour*
I «■ » rl i'r .
dans les brasseries de Paris un Les bock*, que Ion avait payée