LA DÉMOLITION UE M A Z A S
(Cliché de Gailiahd et fils.)
LES ÉCHOS DE PARIS
gardiens de la paix font circuler; mais deux ou trois cents personnes se promenant et se retournant à chaque instant pour fixer l'entrée du Palais de Justice cl reconnaître les arrivants.
Bientôt la partie supérieure du grand escalier se garnit d'avocats en rohe qui, tout en fumant, discutent sur les journaux qu'ils tiennent à la main. Au bas de la grille les curieux stationnent toujours, attendant le moment où il sera permis a une cinquantaine d'entre eux de pénétrer dans la salle des assises. (Juclqucs-uns cèdent leur place contre une honnête rétribution, et l'on voit ainsi une place de premier rang pa,yée cinq francs. Plusieurs transactions de celte nature s'opèrent sous l'œil bienveillant de la police.
L'un de ces patients hèle un passant el le prie d'aller lui acbeler du pain el du saucisson, el l'exemple de ce déjeuner sur le pouce est contagieux. Beaucoup d'autres l'imitenl, el c'est un déjeuner général.
Tout & coup, vers onze heures quarante, le haut du grand escalier se dégarnit On vient d'apprendre que M Zola, peu désireux de s'entendre de nouveau huer par la foule, esl entré au Puluis par lu porte du bureau de la presse, où son pussuge est resté inaperçu.
Les portes réservées aux jurés et magistrats, dans la galerie des prisonniers, sonl envahies à un tel point que vers onze heures, le président des assises doit renoncer ù pénétrer par celte entrée
Le procès Zola
LES MANIFESTATIONS A LA DKI XIKSIK AL'DIKNCK.
Aux abords du Palais de Justice, les mêmes mesures d'ordre que la veille avaienl été prises. Le long de lu grande grille, sur la place Dauphine, deux cents personnes maintenues par une haie d'agents font la queue dés dix heures et demie.
Une animation assez pittoresque régne alors sur la place Dauphine Pas de groupes, car les
LES EMBELLISSEMENTS DE PAHIS. — LA DEMOLITION DU fttUat DU SAUMON
l'hotogrspbii' al dmla <i« L. pAïutat, — ^Collection Ch. Simood.
PARIS DK 1800 A 1900.
*1alue érige'1 l«oula*.iril >niiil*(ir niiain. i I inlrrseclion du I««jlevarf1 l*a*|> lil. L> wm , sculpteur, o lam.i, arçlulrcle. — llaprr* un. |.n,n. grapliie I
L'entrée de* «vitrais el l'escalier qui mène aux assises m mt envahis «Ips la première heure par plus du trois cents avocats en robe, qui crient :
• A la <|ueue! » chaque l'ois qu'un confrère cherche «passer avant sou tour.
A onze heures quarantecinq, M. Zola, accompagné île trois ami*, arrive inopinément dans lagaleric «le llarln y et s'y rem ontre avec M* Lahori .
dans In salle •les assises, Iprée une tentative in- Irucl lieuse à chaque porte. M Delegorgue, suivi de trois dames «le Sa famille, est obligé île se faire ouvrir la grille, encore fermée, qui conduit ii I espace réserve au pu— hlic, et parvient enfin à pénétrer •lauslusallc, absolument vi«le à ce moment
Livide. M Zola serre sa canne nerveusement ; lise retourne souvent du roté où les cris sont le plusnourriSi el reprime des mouvements de «•olcrc évidents
A midi un quart, toutes les portes sont enfin ouvertes, sauf celles du publie, Ile nombreux cris poussés par les victimes
LEIMIU-ROI.LIN
Maine érigé* pUce Voluire. Stium, aculpltur. (U'apn'a une photographie )
île la housculadequi se produit, retentissent sous la mule îles paieries.
A l'issue de l'audience . le génère! tïoQsc et son officier d'ordonnance qui l'accompagnait ont été acclamés par la foule, qui a crié : ■ Vive l'armée! »
Les colloques sont vifs, des discussions nombreuses et à haute vois s'engagent par groupes, tandis que les gardcB du palais et les agents ont toutes les peines du monde à faire