LE VIEUX PARIS
Rue rie la Lune et coin du boulevard Bonne-Nouvelle Dessin d'après photographie. —(Coll. Ch Simond.)
KuipUc. ment de l'am i, nnc Hutte «un («r.iïi.i» ailur.' jadr* .lu rkuai Jr> mri|Mrli fleChtrlrgi V.
théâtres pour des emplacements assez imprévus, l'un entre autres prés du pavillon de Marsan. A la place actuelle de Jeanne Darc. de Frcmiet: une vue de l'i»dèon «ver- ses deux ailes, avant l'incendie ; le dessin d'une fête dans la salle des machines, aux Tuileries, sous Louis XVI; la pose de la première pierredu Panthéon : la place Itovaleau commencement du dix-septième siècle: une autre de la fin «lu même siècle; un projet "le décoration du T rocade ro, sous la Restauration auquel les plans de l'Kxposition universelle de I87N prêtent une piquante actualité
Oue île souvenirs gais ou terribles de l'histoire de Paris sont encore évoqués ici! Les incendies sont en grand nombre
Voici l image fidèle de relui de l'Opéra en 17*1. peinte par Hubert Robert; relui de l'Ilotel-Dieu en 17X2. Arrêtez-vous «levant celle curieuse sêpia représentant une séance au club des Jacohins.de la rue Sainl-llonoré. en 170.1 L'Ile est exécutée d'après nature Voici encore une vue de la place de la Concorde pendant la Révolution. Puis un autre incendie, sinistre celui-là, du poste du
LIE MEUX P A Ht 8 La tue (ialando. — Eau-forte de Lucien Cauthim. (Collection de l'Art)
l.i rue 0«lsn<lt «loi! son nom, ]ur corruption, k I »ocn-n clos d« Ciritndt, qui, au tu* »iccle( en occupait l'cmiiUceinrnl.
Château d'Eau, en 1X48, sur la |»lace ilu Palais Royal. Enfin «les types populaires et des Meurs île l'histoire contemporaine de Paris, telle que la distribution de soupe au marche Saint-Martin par le célèbre petit Manteau-Bleu. Ce dernier tableau est signé LecQBur et daté de 1833.
Plusieurs sujels arrêtent part nu librement le publir c'est d'abord une assez mauvaise gouache appartenant à M. Champlleui v et représentant la prise de la llastille Cette déplorable peinture est curieuse par I inscription qu'elle porte Elle a été faite pour immortaliser la conduite au 14 juillet 17x!»
d'un certain sieur Cholat. marchand de vins de son état, à qui l'on doit une relation de celte grande journée. que M Jules Cousin a réi mpriiuee récemment Sur le tableau, comme dans l'opuscule, Cholal s'intitule avec un orgueil ual « l'un des vainqueurs de Bastille. •
l'ne double valeur d'art et de document précieux nous a longtemps retenu devant une toile de Drolling datant très probablement de 181G, et représentant la parade du boulevard du Temple <>n y lit sur renseigne du théâtre : ■ Le troupe de Mlle Bose réunie h celle des boulevards . Sur d'étroits tréteaux, Bobèche et (ialimal sont en scène
Les jeum-s générations n'ont guère connu le boulevard du Temple, mais les vieux Parisiens race n'ont pas encore oublié Mlle Hose. \ ce nom de joyeuse mémoire, les rieilles gens revoient passer des visions de franc rire et de joyeuse gaieté en plein air.
Or, on peut sans invraisemblance reconnaître dans |« jocrisse de la parade de Drolling.
jocrisse a tète mé lancolique
d'ailleurs. Je jeune homme qui devait j tre plus tard Frederick - Lemaltra c'est a cette époque en cfTcl, et chez Mlle Itose, que
le grand comédien débuta comme paradiste:
Jules Janin l'aflirme formellement dans son histoire du théâtre à quatre sous. Frédéric!* avait alors dix-neuf ans.
Citons encore une vue des galeries du Louvre sous la Révolution, peinte par Hubert Robert, et dans laquelle les historiographes de la société française trouveront des détails de mœurs intéressants. L'artiste nous a conservé là l'aspect du rapin sans-culotte, avec sa longue chevelure et son chapeau pointu, et celui de la peintere-se à robe chiffonnée, tous deux en contemplation devant lesmar lu es du Muséum. C'était la fureur du temps d'aller ainsi étudier l'antique.
Le dessin de Gabriel de Saint-Aubin, daté de 17(i0 et intitulé au catalogue fa Promenade des Tuilerie*, est sans doute celui qui servit à l'artiste pour ms célèbres eauxfortes relevées dans le catalogue de M. de Beaudieour. sous le titre de Spectacle des Tuilerie* Au point de vue de l 'art, c'est le chefd'fpuvrc de l'Exposition 11 ne faut pas néanmoins qu'il nous fasse oublier la délicieuse petite vue de la place Louis \V en 1770. signée Mme au le Jeune, une perle, elle aussi, d'esprit et de li ne>se. non plus que ce jardin du Palais-Royal en 178K, Inappréciable travail un maître peu connu, le chevalier de Lespinasse, dont le Louvre possède l'o uvre de réception A l'Académie.
jr Les archéologues connaissent depuis longtemps déjà h- tableau du seizième siècle, propriété de M le duc y.Jjflljti deValen- S/ çay.repré- / sentant la procession de la Ligue en l">31). Il avait ligure à l'Exposition île Blois. en 187.'». et il fut photographie pour le musée Carnavalet. Ce tableau est la mise en scène de la
t'MceËHir.K-l KUWTAB LANS LE ROI.K DE NoHKRT «VC.VIR1.
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fameuse procession décrite dans la Satire Mtnippêe, au moment où elle débouche sur la place de Grève par l'arcade Saint-Jean.
L'arcade Saint-Jean existait encore vers iS'Xi; elle ne fut démolie qu'à cette époque et elle a laissé son nom à l'une des salles de l'Hôtel de Ville, construite sur son emplacement.
Celte Kxposition a encore révélé aux Parisiens l'existence d'un artiste charmant qui leur était profondément inconnu, quoiqu'il ait passé sa vie à reproduire les aspects variés de notre capitale et particulièrement les bords de la Seine Nulle part dans les biographies d'artistes il n'est question de Raguenet, et cependant ce Kaguenet était un fort habile homme qui peignait de 1750 à 1780, avec un esprit infini, la foule grouillante et élégante de Paris. Les deux catalogues de l'académie de Saint-Luc font mention de Itaguenet, et nous apprennent qu'il demeurait rue de la Licorne. On n'en sait autre chose. Comme peintre, c'est une manière de Canaletlo ou deGuardi, mais sans la teinte sombre et triste que les deux Vénitiens ont conservée à toutes les vues de leur patrie, itaguenet est clair, limpide, coloré, et délicieusement naïf. L'Union centrale montre plus de quinze de ses toiles appartenant pour la plupart à l'établissement des bains de la Samaritaine. L une d'elles est un petit chef-d'œuvre; elle représente • la lutte qui se faisait entre le pont Notre-Dame et celui du Change, entre les bateliers, dont celui qui restait le dernier recevait pour prix de sa victoire un gobelet ou un couvert d'argent ». Figurez-vous l'ancienne pompe à feu bâtie sur pilotis au pont Notre-Dame, un jour de féte nautique. Sur l'eau s'entre-croisent de nombreuses barques, chargées de jouteurs : au-dessus, le pont est débordant de peiq les maisons qui le chargent sont bon-
M LAQUAT, DE LA COUKDIE FRANÇAISE.
Dans le r61e de Clitandro.
d« J'eul Bemhard. — CoUtetion de I \rl )
dées d'une foule curieuse qui suit avec avidité les péripéties de la joute. Une grande fille, debout à l'arriére d'un bateau, poursuit de ses quolibets poissards les jouteurs tombés à l'eau qui nagent vers la rive
A chaque fenêtre, l'artiste a croqué de charmants petits personnages avec une verve d'observation et un esprit incroyables; ils sont là patmilliers, agités, fiévreux, haletants, et jamais le plaisir populaire n'a été rendu avec une connaissance plus approfondie des mœurs et du caractère parisiens Nous regrettons vraiment qu'un peintre de ce talent de terroir n'ait pas trouvé de biographe, et nous remercions l'Union centrale de nous l'avoir fait connaître.
Kmile Brroerat. (Ut Beaux- Art* illuttrèt.)
L'assassin Gervais.