‹ La Vie parisienneChapitre 186 sur 662 · ENTRÉE DU COUPS DE BALLET · texte numérisé non relu

ENTRÉE DU COUPS DE BALLET

A l'Opéra,— toutes les femmes naissent rats; — un centième devient coryphée, — un millième devient étoile.

Mais dans l'étoile il reste toujours un peu du rat.

Le rat est essentiellement gamin, moutard! — Il a les crâneries naïves et les innocences rusées; il sait trop sans savoir assez En un mot, il sait avaler le Champagne, mais il ne sait pas éviter la griserie

Du reste, ce bouquet de Heurs ailées est ravissant ! C'est si frais si rose, si dodu ; c'est si mignon que ça n'a pas l'air d'être dangereux !

On va et vient en toute liberté, on tuloie l'une, on vouvoute l'autre on serre une main, ou baise une joue, on offre une glace ou dû punch.

Ici deux sœurs célèbres, Ludwige et Delpha.

L'une est brune, l'autre est blonde. — La blonde me plaît; j'adore la brune. — Je suis entre elles deux. J'hésite ! — A un moment donné, — et je ne vous dirai pas ce moment, — les actions de la blonde montent furieusement; — et, croyant faire une bonne opération, j'achète. — A la fin de la soirée, je serai peut-être obligé de payer des différences. — Les mains en l'air, les pieds en bas font les bras maigres et les gros mollets.

N'est-ce pas, Emma lre et Emma IIe?

Ici deux remarques :

1° A la ville, en soirée, — au bal, les danseuses portent les robes

longues.

2° Moins bégueules que les actrices.

Le salon se remplit, — la comédie est terminée, la danse, — la danse vulgaire commence.

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