‹ La Vie parisienneChapitre 290 sur 662 · LE VAINQUEUR AU CONCOURS · texte numérisé non relu

LE VAINQUEUR AU CONCOURS

Tu peux te vanter d'avoir une carabine pour laquelle on a lire plus de poudre qu'à Poli-Kao.

i 1 juin 1805.

Deux succès en même temps, Léotard et l'ecuyer quadrumane !.. . c'est ljeau.— Pour moi. j'admire Léc-tard, mais je do:s confesser mon faible pour ' singe, et voici sur quoi j'appuie cette opinion. — Le singe a l'air «le prendre bien davantage au sérieux sa profession, or, qu'y at-fl en ce monde de plus respectable qu'une conviction ? Je ne connais rien de plus terrible que le regard qu'il lance à. l'écuyer qui le tient en laisse, quand iv dernier lui l'ait perdre l'équilibre ; et quand, grimpé sur des ponts portatifs placés autour de l'arène, il attend le retour de sa monlure, comme il la surveille de l'œil ; — il faut avouer qu'un homme ne saurait mieux faire.

^uppuUUljllpi^piUilil

Je no fais qu'un reproche à l'intéressant quadrumane, il me paraît pratiquer le népotisme sur une trop large / échelle. La dernière i'oisque t j'assistai à ses exercices, la salle regorgeai tdedifférents | membres de sa famille,— si £ j'étais à la place du direc- t£ l eur, je lui supprimerais les S s billets de faveur — il en ite n abuse.

Quant à Léotard, il est »' V beau, il est tort, il est élé- i-rf gant.— On en raffole et on <} JT a raison,— car il est le seul, /^-h de tous les acrobates que , j'ai vus, qui risque de se fs rompre les os sans inquié- ,)■ *% \ ter les spectateurs;— mais, il y a un mais, — pourquoi a-t-il toujours l'air de suivre son enterrement? — Si je suis indiscret, mettons que je n'ai rien dit.

11 juin 1804.

proverbial auprès de ses amis (ah ! ça, mais c'est donc un ennemi qui l'invite, autrement il connaîtrait ce proverbe), et qu'enfin ce serait Une si belle chose de ne pas mourir loul entier! Tout cela pour une invitation !

A propos de sa k Gardeuso de dindons, » M. Jules Breton s'écrie : Elle était là immobile, assise sur un morceau de rocher, le regard plongé dans le ciel..., etc. Je passai à côté de celle étrange fille sans qu'elle daignât me remarquer.

Comme je comprends bien ça!

Je ne sais plus quel voyageur en Orient, apercevant deux graves et silencieux Arabes sur !e seuil de leur tente, allait écrire sur son calepin quelque phrase Prud'homme, dans ce genre-là, lorsqu'il eut l'heureuse idée de vouloir chercher jusqu'où pourrait aller la rêverie de ces fils d'Ismaël !

Il se glisse en tapinois et écoute. Un des Arabes à barbe blanche, à l'œil profond, étend d'un geste majestueux la maiu du côté de la mer, quitte sa chibouque et dit à son compagnon :

— Effendi, le poisson est bien cher cette semaine!

L'autre reste silencieux et pensif, l'œil perdu dans l'infini, comme la dindonniëre de M. Breton, et, prenant la parole au bout d'un quart d'heure :

— Cette semaine, le poisson est bien cher, Effendi! réplique-t-il.

L'esprit reste aux sculpteurs Préault, Aimé Millet et Prouha.

Préault défie de mettre deux pierres l'une sur l'autre, au contentement unanime de deux personnes chargées d'examiner son travail. Il se venge des critiques; il n'a pas tort.

M. Aimé Millet envoie tout simplement le croquis de son Vercingétorix, qu'on va exécuter en cuivre repoussé, ce qui va faire monter les casscrolles et les moules à pâtisseries.

M. Prouha adresse le croquis d'une statue en s'écriant : Je viens de l'exécuter,- il ne faut qu'un mot pour perdre un homme, et qu'un dessin pour perdre un sculpteur :

C'est vrai !

0 peintres, n'écrivez plus et méditez ce vieux proverbe des paysans : Chacun son métier, — les vaches sont bien gardées.

Sir Édward.

Page 1