SCÈNE PREMIÈRE
Votre bec me val... je n'ai pas de préjugé entre la ,,0LG0T> Puis MIFROYMICHAU.
poire et le fromage, je vou» donnerai ma Ulle. POLGOT. — liigre !... c'est
dur d'essayer à concilier ce double système d'appareil à gaz. Pourtant l'un vaut l'autre. Bast ! C'est à y renoncer. Autant vaudrait tenter de réconcilier Voltaire et Rousseau, môme après leur mort... Deux fameuses lampes : i:ssi, qui ont éclairé chacune dans son genre, de môme que j'éclairerais moi-même, si j'arrivais à annexer ces deux systèmes ennemis.
Mifroymichau, du dehors. — Polgot!..
peut-on entrer ?
Polgot. — Au diable les importuns..
Rangeons ces plans, véritable encyclo pédie du Gaz. (Il les met en ordre.)
MIFROYMICHAU, un panier de vin au bras. —
Mifroymichau) le s spiritu...eux de
Vous voilà encore en extase devant vos nouveaux appareils !
POLGOT, avec emphase. — Le progrès est ma loi. A bas le règne enfumé du quitiquet. L'aurore du progrès civilisateur se résume à mes yeux dans le gaz, ce souverain propagateur de lumière !
Mifroymichau. — Des bêtises, tout ça. Je viens pour du positif, moi ! Voulez- vous épouser ma fille ?... Si oui, je m'invite à déjeuner chez vous.
Polgot. — Le gaz!... Les lumières !... Mon encyclopédie!... Je vous crée marquis du quinquet et vous Voltaire!... Rousseau!... el)0US
Mifroymichau. — Des bêtises, que je vous disl Je ne connais du gaz que ses actions, quand la Bourse les cote à la hausse. Réfléchissez. Je vais faire un tour. Dans une heure je reviens chercher la réponse et mon déjeuner.
Polgot (rêveur). — L'amour du progrès entraîne tout homme de sens à songer à l'avenir. Les écus sont des leviers; épousons.
POLGOT, puis MIREPILE ET REINE.
Polgot. — Les miens m'ont insulté, repoussé, renié; ils m'ont navré de reproches, comme si je n'étais pas assez navrant. Ils ont fait inscrire mon nom sur les registres de décès de l'état civil de leur monde! Je suis pour eux réfractaire !... Bah! si le gaz éclaire les Dieu! comme M. le marquis a bonne horomes en masse l'obscurité de la vie façon dans son rcle de quirquet. „.,',., , ,
fait le bonheur de chacun en particulier. Au diable la maison du Per'Navranl! Reine (du dehors). - Cousin!... Cousin!... Polgot. — Encore des importuns!
Mirepilè, présentant Reine à Polgot. — Cette jeune personre est votre cousine qui daigne condescendre à vous l'a re \isile.
Polgot. — Ma cousine!... La dernière d'une maison à quinquet... Une maison qui m'a repoussé pour cause de gazl...
Reine. — Mon cousin, elle, a bien fait ce qu'elle a fait ; mais aujourd'hui que vous êtes le seul chef, je m'incline devant le dernier des Navrant.
Polgot. — Mais le gaz!. . Je ne puis y renoncer.... C'est le rayon de ma vie, la vraie, la seule lumière!... Oh I Voltaire!... oh! Rousseau!., (après un silence). Si encore je pouvais vous épouser !...
Mirepile.
fait voeu de célibat ; elle veut seulement conserver son nom.
Polgot. — Bravo! Elle est navrante, je suis navrant, nous resterons navrant.... même pour le public. (Bas à Reine.) Chut !... En nous voyant nous épouser sitôt, ce bon public espérera voir finir la pièce.
Reine, bas à Polgot. — Malheureusement elle n'est pas finie et je vous en ferai voir bien d'autres.
Polgot, mime jeu. — Concluons toujours et au diable le gaz ! Je renonce à mes idoles d'hier. (Il déchire ses plans et envoie ses appareils en l'air.)
, Père Mifroymichau, reprenez votre panier, votre
Elle n a pas u,e et votre tompteur j g!1!t> j„ 1L>ste quinquet.
Polgot commence à regretter le gaz.
Reine, à MÏrepile. — Voilà un homme dont les opinions sont peu enracinées! On ne m'accusera pas de l'avoir violenté.