‹ La Vie parisienneChapitre 430 sur 662 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

Un soir, vous reposiez ; votre bouche vermeille. Emr'ouverte à demi, soupira faiblement ; Un nom, qui n'était pas le mien assurément, Comme un soupir confus vint jusqu'à mon oreille.

« Ainsi, la belle enfant qui près de moi sommeille,

« Pensai-je, sans remords, rêve d'un autre amant ;

,i C'est donc moi qui rêvais? C'est donc moi qu'on éveille?

« Moi? Moi qui voulais vivre et mourir en l'aimant, »

Et, vous voyant dormir, si belle, si sereine,

Je me penchai sur vous, retenant mon haleine,

Je doutais... mais le nom fut répété tout bas.

Faut-il voir son bonheur troublé par un vain songe ? Ce front calme peut-il enfermer un mensonge? Ce sourire si doux... Ah ! vous ne dormez pas !

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