MON HOTEL A TROUVILLE
oui Ji' 9nr zoeO .aàifl
Chamwïe n° 1. — Une petite dame... no peut pas souffrir les grandes dames.
(Pas de chance ! Trouville en est plein 1!) Désespérant d'égaler en toilettes dévergondées les susdites, il faut que la pauvrette se contente de traîner à marée basse des volants de dentelle dans la boue. Cela dénote, vu les mœurs de l'endroit', une simplicité de mœurs qui va jusqu'à la résignation. -
Chambre ri" 2.— Une grande dame... sept robes par jour! passe du rouge à l'oranger, de l'oranger au jaune... et ainsi de suite, jusqu'à l'épuisement des couleurs de l'arc-en-ciel. Avec un peu d'attention, et en observant la succession.de ces diverses nuances, on finit par y lire l'heure qu'il est. Jupe rouge signifie : promenade matinale ; jupe oranger : premier bain ; jupe jaune : déjeuner; jupe verte : café et cigare; jupe bleue : promenade aux environs; jupe indigo: deuxième bain ; jupe violette : dîner et plaisirs du soir.
IJilU :>*-')>[ ,;.if, Ôfl^.A;,!,
Chambre: n» 3. — L'ami des maris... a de bons cigares dans sa poche , comme autrefois on avait de bon tabac dans sa tabatière. Car depuis que l'usage d'offrir des bouquets aux dames s'est perdu, on offre des cigares aux maris. Et puis, il faut con- .
' venir que c'est là un moyen d'entrer en conversation, qui a l'avantage qu'on en puisse user plusieurs fois par jour. Trouvez-en un autre... qui ne coûte que 5 sous!
Chambre n° 4. — Le directeur . d'un journal de mode... homme mal mis, et véritablement désabusé de ce qu'U prêche tout le
long le long, le long du morceau de papier appelé le Moniteur des oiiAcÊs, organe de la brune cl de la blonde. Le nom de ce sceptique en matière de mantelets et de carakos est assez difficile à débrouiller aumilieu des nombreux pseudonymes sous lesquels il se cache; c'est tantôt : Léona de Valmarinière, tantôt ': Arthurine de Saint-Aventure. (Pourquoi pas tout bonnement Duval?)