MONSIEUR
J'ai l'honneur de vous informer qui je me nomme amiral en chef de la marine confédérée. Je suis étonné d'apprendre qu'un éditeurne se soitpas présenté plus Lût à mon bord. Si je ne suis pas tiré à 100,000 exemplaires dans les 24 heures, je vous fais empoigner par mes marins, et amener de force à bord du Suinter, qui est, comme voyez, d'un bon tonneau. Ces volumes seront reliés, blindés et estampillés aux Etoiles et aux Rayures nationales.
Ayez toujours un pavillon en poche.
On ne sai t pas ce qui peut arriver.
A Monsieur le président des Elals-Dèsunis. s . y
monsieur. — Avant mon départ, j'ai eu l'occasion d'éprouver mes hommes. Nous avons capturé une solo d'une belle dimension. Nous avons immédiatement arboré le pavillon Henri IV. Nous sommes en mer. Adieu, mon beau navire, aux grands mats pavoises.
Règlement du bord.
« Aiit. — Il est interdit de fumer.
» Art. 2. — Les navires de guerre anglais et français seront respectés. » Aut. 3.— Il est également interdit de se baigner sans caleçon dans la limite neutre de la lieue marine. )> Art. i. — Toute cocotte qui serait trouvée à bord..., etc.
En vue du Mississipi.
Rrise fraîche. — Pas de charbon. Toutes les nations européennes nous refusent du combustible. J'ai embarqué à bord tous les pavillons du globe , décrits par M. Victor Hugo, dans les Orientales. Si j'avais du charbon, j'arborerais l'incendie. Une voile !
En vue tic cnanclernagor.
Pas do pilote. — Acte énergique. — Je lâche une colombe pour aller à la découverte du charbon de terre. — Elle revient avec un bocal d'olives. Je chauffe ma machine aveu les œuvres du capitaine Cook.
En vue «lu Sleswig.
Un cachalot nous suit depuis sept heures du matin avec une opiniâtreté inquiétante. — Pluie. — Raffales. —
— Vents alizés. — Pas de charbon. —
— Toujours le cachalot. — Une voile!
C'est un beau navire, âgé de trois ans {sic), valant 40,000 dollars. — Capturé ôt incendié. — 2 heures. Pris 17 bricks et 4 frégates, G chaloupes, 3 canots, 11 brigantines, 6 trirèmes antiques prove-
iatun'crànd'troudaDsr'AUan'tique. nant de la prise de Troie; 4 tonneaux
qui flottaient, deux barques et 120 paquebots-poste, sur lequel les scellés ont été apposés. Enfin, nous avons du charbon, ce pain des navigateurs 1
Plus de charbon. Chauffage aux nègres
En vue du pont de Bezons.
Rencontré le Vaisseau-Fantôme, en partance pour laPorte-St-Martin, capitaine Marc-Fournier, monté par les Flibustiers de la Sonore.
Ksss-ksss! Psump ! psump! psump!
Vendredi. — Le baromètre est descendu d'un 10" de pouce; il est à 20" 26' Iïéaumur.
Je demande un vent du nord.
En vue des MoIushucs.
A M. le Gouverneur ('roi Sainte.- Anne-Curaçao.
Monsieur. — Je n'ai plus de charbon. J'ai capturé un poisson volant qui s'est abattu sur le pont de mon navire.
Mes hommes sont à terre, où ils mangent les millions provenant de leurs parts de prise.
Qu'est-ce que je vais faire do ce poisson-là ? Je le tiens à la disposition des consuls en échangede combustible, n.-n.-o.
Chronomètres opimes.
En vue des îles Cliincas.
2C juin.
Monsieur. — On ne veut pas me laisser entrer dans le port. On exige cinq jours de quarantaine parce qu'un homme démon équipage a le rhume de cerveau. Je lui ai cassé la tète pour lever la difficulté. Maintenant on ne veut plus me laisser sortir. Nous calfatons nos ponts. Vents légers el variables. Thermomètre, 83°.
En vue de Crctcll.
A Son Excellence le Gouverneur de Puerlo-Cabello.
Monsieur. — J'ai capturé 174 vaisseaux que j'ai renvoyés à leurs familles, no sachant absolument où les mettre, et 18 paquebots que je porte cnbreloques de montre. — En mer. — Visite au consul britannique. — Visite pas rendue. — Capturé sa flotte et démoli ses forts.
— H encontre un navire hollandais. — Ohé ! du navire ! Pas de réponse.
— Nous rencontrons des harengs-saurs. — (Pas de charbon!) — Les navires s'abordent de si près que j'allume mon cigare à la pipe du commandant hollandais. — Je lui demande ses papiers. — Pas de réponse.
— Je lui demande l'heure. — Rien. — Supposant que ce vaisseau était monté par des sourds-muets, je l'ai canonné et incendié. II faut bien tuer le temps. Toujours pas de charbon. — Rencontré la Nouvelle- Iléloïsc, vaisseau sentimental. Je l'ai réduit en paquet d'allumettes.
En vue de l'ornco.
Psump ! psump ! psump ! Nuit noire. Qu'est-ce qui va là?... Je mets
le feu pour é-
^ . claire'r la si-
\AÀ \ tuatlon. C'est (>/.•. une baleine *-* » ' .1 q ui llambe c o m me de l'huile. Ce spectacle est grandiose. — Vent frais. — < liclmingeux.
Je fais peindre mon na- J'ai aussi fait
Nous rencontrâmes une flotte, nous l'abordâmes, nous l'enfilâmes, et la coulâmes.
vire en jaune. Do loin on jurerait qu'il est cuirassé peindre des gueules do canon tout autour. Hier, nous avons joué au bézig. J'ai fait lo 500 deux fois, 41u longit. nord.
En vue des Echelles du Levant.
Vendredi. — Mer houleuse. Descente dans l'île de Robinson Crusoé. Encore une mystification britannique. Si je rencontre le Greal-Eastern, je le coule. Capturé 37 navires. Total : 1 15 frar: os. Les capitaines n'ont même pas de chronomètres. — Trouvé une collection de la Patrie du soir, qui ne tarit pas en éloges sur lo Sumler. Lire les journaux est une grande consolation. Si vous pouviez me faire parvenir du charbon, vous me . feriez bien plaisir. Capturé encore deux phoques et un you-you.
Rencontré la Grande-Rretagne , vaisseau de ligne français. N'oublions pas Lafayette et lesalut à poudre !
Et puis , entre nous , la Grande-Rrelagne porte cent canons... Aurions-nous le dernier mot? S.-S.-E.
dnnAltin Au Ai / AJ
octobre 1864.
Moxsmtn.
A la iMala-nlo-îanclro.
Y^.fc n'ai pas encore reçu le charbon que vous m'annoncez, par votre dépèche en date du 8 courant. — En attendant, je brùls des nègres. Les consuls du Nord accaparen tout sur mon passage., "y ' ' 1-j )flB,n983'î<'
L'après-midi du Î9 juillet trouvera le Sumler |ea race de l'île de la Tortue; à 1 1 heures du soir, la sonde donnera 3.'î brasses à la pointe E-.S.-S.-O. L'ancre a cassé sa chaîne — comme, je l'espère, nous briserons tes nôtres, avec lesquelles j'ai l'honneur de vous être attaché. N -N-E, Bonne petite
En vue des Inities Chaumonl.
Le vent csl contraire,le courant nous porte à la côle. la carte indique qu'il y a des bancs, le baromètre monte à barbe et le capucin sonne sa
» Kous étions dix.