‹ La Vie parisienneChapitre 52 sur 662 · ZOUAVES DE MA GARDE · texte numérisé non relu

ZOUAVES DE MA GARDE

Un régiment où l'on voudrai! bien s'engager.

— Eh bien, madame, pourquoi ne vous risquez-vous pas sur la glace ?

— Parce que je trouve indécent de montrer ses jambes comme ça, et puis parce que je ne sais pas .

Le rôve d'un patineur, en attendant qu'i regèle.

Enfoncé le f.énie de la Bastille!

belles Frisonnes en coslume national, et même des < bateaux de fleurs ï comme on dit en Chine ; panem et circenses, comme vous voyez.

: il fait tel ou tel tour de quinze ou vingt lieues et

les doorsrhitters et les

. On. ne dit pas en Hollande d'un bon patineur force sur la glace ; mais bien : il va déjeuner à revient dîner chez lui.

C'est du patinage pratique et non du sp^rt. Les patins hollandais sont de deux sortes

ffHonS.

Les doorschitters sont de longs patins dont le fer, élroit au talon en allant s'élargissant, dépasse le pied de 20 à 2H centimètres.

Ce patin permet à la fois la vilesse et les dehors, (On appelle dehors le coup de patin donné à gauche ou à droite et qui vous fait décrire un gracieux arc-de-cercle. — Le patin frison est le plus habituel pour le patinage pratique. Le fer en est long, bas, horizontal et léger ; le bois rte peur qu'il ne casse, l'accompagne jusqu'à l'extrémité. Avec le patin /nsun pas de dehors possibles, on donne tout simolement des coups de pieds droit devant soi comme si on voulait ehasser un caillou importun Sur ces patins-là, la Frisonne et la Nord-Hollandaise pore son lait à la ville dans deux seaux pendus au bout d'un joug, assez semblable à celui des bœufs de labour, qui leur emboîte les épaules, et le maraîcher, poussant devant lui une brouette-traîneau, transporte ses légumes.

Les jeunes Hollandais, avec leurs sœurs ou leurs fiancées, parlent à patins pour aller a quelques lieues manger une botter am (tartine de pain beurrée) avec du saumon ou du bœuf fumés, ou boire simplement une tasse do lait chaud dans lequel on verse un verre de curaçao ; c'est un looch souverain. On part ainsi habituellement quatre ensemble. Un des patineurs est armé d'un long bâton terminé en gaffe, qui sert à s'accrocher, au besoin, aux parois des canaux. Lorsqu'on a le vent en poupe on se met en rang, se tenant au bâton ; les deux patineurs extrêmes patinent seuls ; les deux autres se tiennent an bâton et se laissent traîner — quel que chose comme dans la fablfi de la Tortue et des deux Canards — et le vent aidant, qn„s,e laisse aller à la dérive. Si, au contraire on a le vent en lace, chacun prend le bâton sous son bras, en se mettant à la file, et on pousse ensemble, en mesure. De cette façon, on a quatre forces et une seule surface à opposer à Borée, — pardon. Celui nui reçoit ainsi le vent en pleins poumons se fatigue vite ; mais, lâchant la tête de colonne, il vient, par un dehors adroit, se placer à la queue et ainsi chacun à son tour. C'est tout bonnement la manœuvre des crues dans leurs émigrations périodiques.

Le vrai sport hollandais, en fait de glace, est celui des bateaux à qhee J ai assiste à des courses de ces bateaux (faut-il dire courtes ou ré', gatesl), sur le lac de Monikendam, en Nord-Hollande. Ce sont do léeers esquils pouvant contenir au plus deux personnes, placés en croix sur une planche étroite, reposant à chaque bout sur un patin d'acier; une esnèrp d'éperon entrant dans la glace, placé à la poupe, -sert de gouvernail un mat eleve reçoit une longue voile, très-étroite, de façon à bien serrer le vent. On file avec une vitesse vertigineuse à un train de 18 à«0 lieues a l'heure ; et on vire de bord en pleîna carrière avec une facilité extième, grâce au gouvernail qui s'enfonce dans la glace comme un uivot sur lequel le bateau pirouette. '

Je ne connais pas de spectacle plus gai et plus animé que cet hinnodrome glacé sur lequel glissent comme le vent ces légers bateaux aux banderolles de toutes couleurs et que cherche en vain à suivre toute une population sur patins. C'est ravissant et étrange à la fois Je ne corn prends pas qu a Paris, ou l'on recherche avec passion tous les sports on n ait jamais songe aux bateaux à glace; le grand lac du Bois do Boulogne est assez grand pour cela cependant. °

Si ces quelques lignes pouvaient doter notre Parts d'un nouveau SDort je n aurais pas perdu ma journée. 1 '

CHRISTOPHE

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