‹ La Vie parisienneChapitre 557 sur 662 · MATHIEU DE LA DROME · texte numérisé non relu

MATHIEU DE LA DROME

Pour copie : J.

Un peu de Finance

La crise règne toujours à Paris avec une intensité inconnue depuis longtemps; la cherté excessive do l'argent menace de se prolonger, et à ce malaise s'ajoutent encore les craintes relatives à la prochaine liquidation, qui empêchent toute reprise.

En Angleterre, la situation commence à s'améliorer; la crise, qui était spéciale, est presque passée et les conséquences semblent s'atténuer chaque jour.

Les derniers cours do la Bourse de Paris sont encore bien faibles :

Renie 3 0/0 à 04 ,55.— Crédit foncier à 1 147.— Crédit mobilier à 876. — Orléans à 910. — Nord à 972. — Est à 495. — Lyon à 887. — Midi à 585.— Immobilière à 425.— Italien à 65,30. - Mexicain 49 3/4.

Ce sont de véritables coin s de panique.

Pour se faire une idée de l'amoindrissement de la fortune publique par suite do la crise actuelle, on n'a qu'à considérer que la valeur de la Rente sur l'Etat a diminué, depuis six mois, de plus de 309 millions de francs

Les valeurs de banque et de chemins de fer ont également subi une énorme dépression, à l'exception de la Banque de France, qui fait dans cette crise de gros bénéfices.

Les ventes des titres, destinées à être suivies de livraison, doivent être terminées, et devraient être suivies de reprises ; mais ce qui manque le plus, ce n'est pas le capital, c'est la confiance. En effet, les capitalistes gardent leur argent, et s'ils le placent, ce n'est pas dans les valeurs publiques et industrielles, qui donnent 5 à 7 p. 100 au plus, tandis qu'on paie 12 p. 100 l'argent en banque.

L'événement de la semaine est la baisse de la Banque néerlandaise, qui était, il y a quelques semaines, à 575, et qui est tombée à 395, et l'Italien qui se trouve à 62 30.

Les embarras financiers de l'Italie pèsent lourdement sur notre marché. Le nouveau ministre des finances, M. Sella, qui se trouve en face d'un énorme déficit, dans un moment où les bons de Trésor ne peuvent plus se négocier, vient, dit-on, de vendre au Crédit Mobilier pour 100 millions de biens domaniaux, et à la maison Rothschild les chemins de fer de l'Etat On ajoute que le premier de ces marchés est définitif, et que le second n'attend plus que l'approbation du Parlement italien pour être exécuté.

Le bilan de la Banque de France du 27 octobre 1864 se solde en 1206 millions, contre 1193 millions de la semaine précédente : Encaisse - fr 272,826,218.

19 millions d'augmentation.

Portefeuille — fr 591,882,251.

30 millions de diminution.

Avances sur Rentes — ■ fr. 24,937,950

1 million de diminution.

Avances sur titres de Chemins de fer — fr. 47,208,900. Billets en circulation — fr. 740,707,475.

21 millions de diminution.

Comptes-courants des particuliers — fr. 124,872,309.

8 millions de diminution.

Le chiffre des billets en circulation présente uno singularité qu'il nous est difficile d'expliquer. La Banque n'a que des billets de fr. 50, de fr. 100 et de multiples de fr. 100; comment la Banque s'y est-elle prise pour émettre, en billets, la somme, de 740,707,475 francs? Je dis : sept-cent-quarante millions, sept-cent-soixante-sept mille, quatre-eent-soixante et quinze francs I

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