BALTHAZAR CLAES
L'inventeur des Roncerets, propriétaire du château de Penarvan, que nous appellerons Balthazar jjiàës, pour la lucidité du récit, a inventé une sublime méthode pour apprendre les grosses lettres aux enfants des asiles français au-dessous de cinq ans et vaccinés. Il vient trouver M" Guérin, le parfait notaire. 11 n'a plus besoin que d'une centaine de mille francs pour faire imprimer des alphabets et payer les élèves qui lui sont confiés par les mères comme sujets d'expériences.
M" guérin.— "Vous n'avez pas inventé la méthode d'emprunter de l'argent ; mais, moi, j'ai invente quelque chose de plus fort que les automates de Vaucanson, j'ai inventé un homme de paille qui s'appelle Brenu, et qui prête de \ l'argent.
iULTHAZAit. — J'ai inventé une locomotion plus lourde que l'air et que la vapeur est impuissante à mettre en mouvement 11 faut m'i i rente chevaux pour la changer de place. J'ai inventé aussi un lapin qui bat du tambour, une souris qui tourne en rond, des parapluiesrevolvers, des cigares explosibles, une machine à découdre et un rjiécp a. loup pour les maris soupçonneux. Encore un an de labeurs etie fabriquerai des bacheliers en zinc, des femmes on caout-chouc et une mécanique qui fait des mariages toute seule.
M« guérin - Cette mécanique-là pourra être utile aux auteurs dramatiques. Voici cent mille francs ; passez-moi les titres de propriété du château do Penarvan, et souscrivez-moi des traites datées de l'année dernière, qui seront exigibles dans trois jours
balthazar. - Dans trois jours, mon invention illuminera l'Europe Je suis millionnaire ! ! ! "l' J-
12 novembre 1864.
m° ouérin, à part. — Quel vieil idiot !
balthazar. — Tenez, Mu Guérin, voici le modèle microscopique de ma locomotive : A, un coup de piston; B, deux coups de piston ;. C, trois coups de...
M0 guérin. — Z, vingt-cinq coups de piston. Vieux farceur!
(Bdlthaiar pose sa locomotive par terre. Elle se met à courir dans les jambes de &*» Lecoutellier, qui entre avec une robe dont la queue est restée chez le concierge du théâtre.)
bâlthazab. — Ça va sur des roulettes, à» lecoutellier, entrant . — Vnràon, monsieur, c'est à vous, ce chien-là?
balthazar.— C'est ma locomotive atmosphérique et alphabétique.
Mmu lecoutellier.— Tout à fait enchantée, cher monsieur ; ayez donc la bonté de la rappeler. mu guérin. — Monsieur est inventeur.
m""' lecoutellier. — Oh ! l'agréable rencontre. Pardon, monsieur, est-ce que vous ne pourriez pas m 'inventer des modèles de robes ? Ma couturière manque absolument d'in-a/mn-ain-Ztem-spiration depuis ce matin, ain, ain, ain. Qu'est-ce que vous dites de cela, M0 Guérin, ain, hein '!
BALTHAZA.it. — Gomment donc, belle dame, je vais vous inventer une robe balayeuse qui ira de la Bastille à la Madeleine, et réciproquement. Seulement, il faudra marcher sur trois roues m»,c lecoutellier. — C'est du dernier joli. Il est écrasant, cet inventeur. Dites-lui donc de s'en aller avec sa mécanique.
ramasse sa locomotive et sort profondément absorbé.)
— Eh bien ! maître, Guérin, je viens acheter le château de Penarvan ?
Me guérin. — Il est à vendre, chère madame, avec mon fils et dépendances, colonel, trente-quatre ans, décoré, célibataire, retour de Puebla, et complet.
Mm0 lecoutellier.— C'est un vrai omnibus que vous me proposez là. Je n'y liens pas. Le château de Penarvan suffit à mes aspirations. (Arthur parait.) Tiens, c'est vous, cousin Arthur ; avec vos favoris vous avez l'air d'un petit morceau d'agent de change. Quel zéphir vous amène dans cette cassine notariale?
LE COUSIN ARTHUR. — Je vieilS
acheter Penarvan.
Suite et fin de la comète de Mme Plessv
Balthazar