TOILETTE DE PROMENADE
de Plessy a eu ici du retentissement. On en rit encore, et je crois que voilà un rude coup porté aux toilettes tapageuses par trop à la mode.
Pour celles-là en particulier, ce n'est plus même du tapage , c'est un vacarme effroyable. Elles sortent pourtant de chez le bon faiseur. Mais croit-on tout dit, par cela seul, qu'il vous livré un quatre-vingt-dixneuf millième modèle plus excentrique que les précédents pour ne leur pas ressembler? Croit-on que la manière de porter ces robes, de se les assimiler, de les amortir par mille petites modifications où la vraie femme se révèle, ne doit pas être comptée pour beaucoup dans le succès. Il y a particulièrement au sujetde ces toilettes do Maître Guérin, une histoire de vieux jupons à l'ancienne mode qu'on veut toujours faire servir avec les robes nouvelles , à mourir do rire.
Mais la vie privée est mue rée. hf, Une réaction se prépare en sens inverse, dit-on, on va revenir au simple et à l'uni. Tant pis ma'foi. Ruine pour ruine, il valait encore mieux se ruiner avec sa femme, qu'avec sa maîtresse. De plus, les célibataires avisés trouvaient mieux leur compte à ce tapage- là.
En attendant ce jour néfaste voici deux toilettes que je t'ai notées, ne les charge pas trop ; si tu savais qu'elles sont jolies et surtout bien portées ! Elle n'ont d'égale que la toilette satin 'blanc et zobeline de l'an passé !
Ceci pour tes lectrices seulement, La première est une robe do'salin bouton cl'or
Seconde jupe formant tunique relevée devant, garnie de haute guipure lixée do chaque côté par de grands nœuds de satin bouton d'or, corsage avec berthe de guipure.
Coiffure d'un œillet de diamants fixé au milieu d'un nœud de velour noir, ayant de grands bouts tombant sur les cheveux jusque sur le cou, collier de velours noir plissé, noué derrière avec, des bouts descendant plus bas que la taille, chatons de diamants cousus sur le velours, bracelets semblables.
La seconde toilette est robe de satin blanc, sans plis dite princesse, deux écharpes roulées autour des reins, dont les deux bouts croisés sur les côtés par des coulants de perles cl'or sont fermés par trois petits
10 décembre 1864.
Par exemple, raille sans pitié un certain pantalon gris à carreaux porté par une amazone à la chasse. La robe baissée, on n'y voit rien ; mais pour peu que la femme mette pied à terre et soit forcée de relover sa jupe, c'est, le comble du ridicule. Le pantalon noir discret, sied si bien.
« Le soir, curée aux flambeaux. Je n'en puis dire autre chose que ce que tu en as conté. Au milieu de la grande cour du Palais doux files de laquais chamarrée, poudrés et surmontés de tricornes empanachés, tiennent de hautes lances à l'eu; au lias du perron, un piqueur tient la bête recousue ■ au fond île la cour, la mtmte maintenue en laisse .4
La Toi 11 ' t liouton d'or.
glands, soie blanche et fil d'or au-dessous de ces écharpes prend un grand volant de tule moucheté d'or, descendant jusqu'au bas de la jupe.
Corsage avec petite berthe de satin blanc bordée de ponts effilés de soie blanche et fil d'or, ayant par dessus une blonde blanche qui éteint le brillant do l'or.
Boucles d'oreilles tètes égyptiennes, collier grosses perles d'or, séparées par un fil d'or ; coiffure en torsade d'or fermée sur le front par un gros camée, liserons de toutes couleurs entourant la torsade et tombant très bas sur les épaules.
Je te citerai encore un jo'i peignoir pour prendre le thé après la promenade, salin ulanc et guipure à collet "VVat leau ; et une coiffure un peu... Atala, les cheveux en touffes au-dessus do la tête, et maintenus par trois cercles d'or. Tout cela, porté par des femmes du commun, seraient peutêtre à pouffer, mais porté par celles-ci, c'est à nous rendre fous. Et c'est bien ce qu'elles vettlenl !
un signal, les chiens s'élancent; deux fois on les arrête avant, d'arriver à l'animal ; ce n'est qu'à la troisième qu'on les lâche tout à fait. Les vieux chiens ne s'y trompent pas pendant queles jeunes bondissent et hurlent dès le premier signal, eux ne s'émeuvent qu'au troisième. »
« En soi, c'est peu de chose, mais le, cadre est superbe. L'or des livrées ruisselle sous les lueurs tremblantes; les fenêtres illuminées,
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La Toilette aux écharpes.
10 décembre 1864.
La coilïnre Atala.l
en fête, tranchent sur les liants murs sombres du palais ; au grand balcon, des femmes en toilette de, bal ; en bas, la foule dominée par les casques dos cuirassiers qui la maintiennent; des torches jettant ces clartés étranges, particulières aux nuits d'émeute ou de réjouissance publiques; dos pavés sanglants ; des hurlements de chiens; et, dominant tout, s'élevant dans les airs, comme résumant toute, la poésie de cette scèné des temps passés, les fanfares des cors, mâles comme des sonneries de cavalerie, mélancoliques comme îles chants d'église. »
— Ce n'est, pas que. le yin de Conrpiàgne soil mauvais, mais ce sont les rues qui sun t irop étroites !
Le Peignoir du Thé.
Après ce spectacle, tout rêvassant, j'ai encore, été faire un tour en ville: il y a au bout du château un immense souterrain béant, éclairé au gaz, et défendu à l'une de ses extrémités par deux bastions en ruine, auquel je n'ai rien compris. Je me propose de revoir cela la semaine prochaine. Ce soir-là, d'ailleurs, j'étais suivi par deux escogriffes qui avaient bien l'air de mourir d'envie de me demander ce que je faisais là. J'aurais été ma foi bien aise de l'apprendre. Un instant, j'ai eu l'idée de siffler ma bande, pour nous amuser.
En rentrant à l'hôtel, j'ouvre ma fenêtre qui donne sur une ruelle charmante ; à la lune je distingue, de vieilles maisons à pans de bois, à hautes cheminées de briques, perdues dans le lierre. Un grand fracas de bottes éperonnées, et de sabre battant les murailles. Ce sont deux cuirassiers légèrement paff qui passent en jurant sous mon balcon; je te les envoie, avec les deux toilettes et quelques bonnes tètes de chiens, c'est ce que j'ai vu de mieux ici.
A ma prochaine lettre les chambres d'invités et les coulisses d'une charade et des tableaux vivants. X.
10 dix ombre 1864.