RONDEAU
Autrefois plus d'un arnaul
Tendre et galant, "De sa maîtresse osait voler le gant; Au plus vite il remportait,
Il le cachait, Et de baisers ardents le dévorait.
Il couvait ce cher trésor Mieux que son or; il l'embrassait et l'embrassait encor Et puis, quand on se quittait, On conservait Ce gant mignon, souvenir qui restait.
Et plus tard, on le trouvait, Quand les amours étaient finies.
Dans le fond d'un vieux coffret, A côté des lettres jaunies.
On gardait nos gants jadis.
En souvenir de nos menottes; Maintenant nos bons amis Pourront aussi garder nos bottes, Et plus tard nos amoureux Devenus vieux En rempliront une armoire chez eux; Tout rêveurs, ils l'ouvriront, Contempleront, Et les voyant, ces bottes, ils diront ; Celle-ci, c'était madame Paméla de Sandoval, A qui je donnai mon âme.
Par un soir de carnaval.
Celle-là, c'était Denise La friponne aux blonds cheveux.
Prenant deux bottes de femmes dans les mains de Frick La comtesse et la marquise.
Les voici toutes les deux.
0 transport d'un cœur glacél
Rêve effacé I Ces boltes-là c'est tout notre passe!
Et voilà, messieurs, comment Le sentiment Peu'- réunir et la botte et le F'^ntt
F RICK
Vous êtes charmonl'^, il faut que je vous embrasse.
GABitlELLE, se défendanl.
Non, non !
FBICK.
El si \ous voulez, je vous épouse.
GABRIICLLE.
Vousl
Et notez qu'en n^'épousant vous n'épouseriez pas un bottier ordinaire.
GABUIELLE.
Gomment cela?
FRICK
Je ne fais pas seulement des bottes pour les messieurs, moi, mais je fais tussi des bottes pour les dames.
GABRIELLE
Vraiment, monsieur Frick?
FRICK
Des bottes... des petites bottes... quand je dis des petites bottes, je veux dire des grandes bottes...
GABRIELLE
Eh bien?
FRICK
Je vous en ferai moi des grandes bottes... Voulez-vous que je vouî prenne mesure?... Venez, je vais vous prendre mesure.
GABRIELLE
Mais je ne veux pas.
FRICK
Moi... je veux absolument... je vais vous prendre mesure.
Entre Alpbons*.