‹ La vie parisienneChapitre 52 sur 92 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

GARDEFEU.

lia étaient à cheval... En me voyant sur le siège, à côté de mon cocher, ils ont été stupcfa-ts, ils m'ont salué de la main, comme ça... et ils se sont mis à suivre la voiture au petit trot. Qu'est-ce que c'est que ces gens-là ? m'a crié le baron dans le dos?... Ce sont des amis à moi, des raaitres-d'hôlel... Pendant ce temps-là, notre escorte grossissait... Ils étaient quarante qui suivaient la voiture... Ça a impatienté le baron!

BOB INET.

Je comprends cela, ça a dû le crisper d'être suivi par tant de maîtres-d'hôlel...

GARDE FEU

Ça l'a crispé, et il m'a dit : J'en ai assez du bois de Boulogne, mais votre mot d'artilleurs m'a fait venir une idée, conduiseznous au musée d'artillerie... Le musée d'artillerie, je ne savais pas où c'était, mon cocher non plus... avouer mon ignorance c'élait me perdre... j'ai répondu : je vais vous y conduire, et je les ai bravement menés au bazar Bonne- Nouvelle! Voilà ma journée!

ROBINET

Mon pauvre ami...

GARDE FEU

Si je ne me démasque pas ce soir, la journée de demain sera pareille. Voilà pourquoi je tiens absolument à me démasquer ce soir...

ROBINET

Ton baron a dû recevoir une invitation...

GARDE FEU

Il en a reçu une ainsi conçue : « L'amiral "Walter prie M. de Gondremarck de lui faire l'honneur de passer la soirée... » Qu'est-ce que c'est que ça l'amiral Walter?,..

BOBINET.

Tu ne connais pas l'amiral Walter : c'est moi... j'ai un costume d'amiral suisse qui ne m'a servi qu'une fois et que je ne ^rai pas fâché de remettre...

GARDEFEU.

Mon baron aura sa soirée, alors... .

62 LA VIE PARISIENiv'ii

BOBINET.

Il dura sa soirée; mais ça sera maigre... dix personnes seulement...

GARDEFEU.

Dix...

BOBINET.

Pas une de plus...

GARDEFEU.

Je l'enverrai madame de Saiiile-Amaranlhe... Comme cela, ^ous serez onze I

BOBINF.T.

Oh ! si nous sommes onze !... Qu'est-ce que c'est que madame de Sainle-Amaranlhe ?...

GARDEFEU,

C'est ma gantière ; je l'aurais bien aussi envoyé Frick, mon bottier, mais c'est un homme impossible... imagine-toi qu'au milieu du diner il voulait absolument forcer le baron de Gondremarck à ôter ses bottes...

BOBINET.

Oh ! ne m'envoie pas cet homme-là ! Un homme qui veut que l'on se déchausse au rôti...

Sois tranquille!

BOBINET.

Ce serait une invraisemblance, et, vois-tu... pour que ces sortes de choses réussissent, il ne faut pas d'invraisemblances...

GARDEFEU.

Il n'en faut pas ; s'il y a des invraisemblances, noua sommes perdus...

BOBINET.

Sauve-toi maintenant.

GARDEFEU.

Je me sauve... lâche que Gondremarck reste longtemps ici...

BOBINET.

Je chargerai Pauline de le retenir...

GARDEFEU.

Pauline? ..

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