‹ La vie parisienne piece en cinq actesChapitre 25 sur 117 · RONDEAU · texte numérisé non relu

RONDEAU

Autrefois plus d'un amant Tendre et galant.

De sa maîtresse osait voler le gant;

Au plus vile il l'emportait,

Il le cachait,

Et de liaisers ardents le dévorait, il couvait ce cher trésor Mieux que son or;

Il l'embrassait et l’embrassait encor.

Et puis, quand on se quittait,

Ôn conservait

Ce gant mignon, souvenir qui restait.

Et plus lard, on le trouvait,

Quand les amours étaient finies.

Dans le fond d’un vieux coffret,

A côté des lettres jaunies.

On gardait nos gants jadis.

En souvenir de nos menottes;

Maintenant nos bons amis Pourront aussi garder nos bottes,

1 Et plus tard nos amoureux Devenus vieux

En rempliront une armoire chez eux;

Tout rêveurs, ils l’ouvriront,

Contempleront,

Et les voyant, ces bottes, ils diront :

Celle-ci, c’était madame Paméla de Sandoval,

A qui je donnai mon âme.

Par un soir de carnaval.

Celle-là, c’était Denise La friponne aux blonds cheveux.

Prenant deux bottes de femmes dans les mains do Frick. La comtesse et la marquise,

Les voici toutes les deux.

O transport d’un cœur glacél Rêve effacé!

Ces bolles-là c’est tout notre passé!

Et voilà, ,4iessieurs, comment Le sentiment

Peul réunir et la botte ët le gant!

F RICK, veut l’embrasser, elle so défend.

Pensez donc! deux compatriotes... car nous sommes Allemands tous les deux, et... une chose qu’il faut remarquer, c’est que nous n’avons d’accent ni l’un ni l’autre.

GABRIELLE, en riant.

Ça, c’est exact...

F RICK

Et notez qu’en m’épousant vous n’épousoriez pas un bottier ordinaire.

GABRIELLE

Comment cela?

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