G A B R 1 E L LE
Et moi vos gants.
GARDE F EU, avcr dclat.
Ah! quelle idée! \
FRICK
Quoi donc ?
G ARDEFEU.
Mes amis, écoutez-moi... vous ne remarquez pas une chose... c’est que nous n’avons jamais dîné ensemble...
FRICK
Tiens, c’est vrai !
G A B RIELLE
Jamais! jamais!
FRICK
Mais quand vous voudrez...
GARDEFEU.
Aujourd’hui, ça vous va-t-il?
FRICK, hésitant.
Aujourd’hui?
GARDEFEU.
Serais>-tu déjà invité ?
FRICK
Non... aujourd’hui, ça va.
GARDEFEU.
Très-bien ! mais ce n’est pas tout, vous devez avoir des amis et des amies?
FRICK
Sans doute!
GARDEFEU.
Eh bien, si vous profitiez de l’occasion pour amener une dizaine des uns et des autres?
F RIC K
Je veux bien, moi.
GA R RIELLE
Je né demande pas mieux.
GARDEFEU.
Et puis, si vous voulez, pour que ce soit tout à fait drôle... au lieu de garder vos noms, vous prendrez ceux de vos clients et cliontes. Mais, j’y pense, une table d’hôte! il n’y a pas do table d’hôte sans major! 11 me faudrait absolument un major ! (A Frick.) Vous rappelez-vous celui dont je vous ai procuré la pratique?
F RICK
Parfaitement; il ne m’a pas payé... je l’ai fait saisir, et j’ai fini par en tirer une vieille redingote à brandebourgs.
GARDEFEU.
C’est tout co qu’il faut. Ce soir, vous mettrez cette redingote, et vous serez le major Édouard.
FRICK
Le major... mais je ne saurai pas faire le major...
GARDEFEU.
Bah! une fois que vous aurez la redingote... et les brandebourgs surtout!... Il me faudrait aussi la veuve d’un colonel.
GABRIELLE
J’en connais une, et si vous [voulez, je me chargerai du rôle.
GARDEFEU.
Voilà qui est entendu alors... vous serez le major... vous serez, vous, la veuve du colonel. A sept heures, revenez!...