‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 31 sur 68 · AFRIQUE SEPTENTRIONALE · texte numérisé non relu

AFRIQUE SEPTENTRIONALE

menade militaire, suivant les uns, dans le but de mettre fin à une rixe entre indigènes, d'après une autre version, fut attaquée. Les assaillants étaient nombreux, il fallut se hâter d'envoyer deux compagnies d'infanterie contre eux et, comme l'affaire se passait sous le canon de la forteresse, on dut se servir de l'artillerie. Quelques Espagnols furent blessés et les Marocains laissèrent sur le terrain un certain nombre de morts. L'affaire n'eut pas de suites graves. Après deux mois de négociation, le sultan accorda les satisfactions réclamées par l'Espagne. Il promit de punir les coupables, de payer une indemnité à déterminer et de garnir la région autour des presidios des troupes qu'exigeait le traité de 1860. En même temps on réglait définitivement l'affaire d'Agadir, dont il a été question l'année dernière, en fixant à 100,000 francs les dommages-intérêts auxquels l'Espagne avait droit.

Avec ses propres sujets, le sultan a eu, à deux reprises, en février et en juillet-août, d'assez graves difficultés.

En février, on annonçait qu'il avait subi divers échecs dans la région de Wazzan contre plusieurs tribus kabyles refusant l'impôt. Comme toujours, il parait que les nouvellistes ont exagéré l'importance de cette affaire, car l'envoi de quelque renforts suffit pour mettre fin à la rébellion.

Celle du mois de juillet fut plus sérieuse. Elle éclata autour de Mequinez. Les Beni-Hessem, à l'Ouest, près de Rbat-Sla (Salé) n'ont reconnu qu'assez récemment la souveraineté de sultan qui a divisé leur territoire en seize •fractions où des chefs de clans répondent de l'ordre. Mais -cette soumission est de trop fraîche date pour être complète. A l'est et au sud de Mequinez, les Zemmours, les Ait-Izdeg occupant le massif montagneux de Tafondait sont à peu près indépendants, ainsi que les Zaian. Les Zemmours commencèrent en juillet par repousser les i pes impériales qui venaient leur demander l'impôt. I lultan dut s'y porter en personne; dès le 20 juillet i 'i rentré à Rbat, son quartier général : les Zemmours « ^t consenti, sans trop de difficulté, au paiement de

Timpôt arriéré. Mais peu après, on apprenait que les Beni-Youssi et les Ait-Izdeg avaient attaqué leur caïd Mohammed-Bou-Taleb ; que celui-ci, s' étant réfugié à Tatar-March, à trois journées de Fez, était tombé en leur pouvoir et avait été mis à mort avec une grande partie de la garnison. Son fils avait pu échapper et avait trouvé un refuge auprès de Mohammed-el-Amrani, beau-frère du sultan ; celui-ci, poursuivi par les rebelles, obligé de battre en retraite, s'était enfermé dans Sefrou où il était assiégé.

Des renforts envoyés de Fez parMouley-Ismaïl, frère de l'empereur, permirent aux assiégés de repousse rie 3ijuillet un assaut des rebelles et de débloquer la ville. Mais les Zemmours avaient trouvé l'occasion bonne pour reprendre les armes. Le sultan, accompagné de son fils, se porta en personne, vers le 8 août, sur Mequinez, assiégée, suivant les uns, par les rebelles, troublée seulement, suivant les autres, par une mutinerie desBokharis, soldats de la garde noire chargés de veiller à la sécurité de la place. Grâce à l'artillerie dirigée par la mission militaire française, il eut assez facilement raison des Zemmours qu*il prit à revers dans le massif du Tafondait, et, après quelques sanglantes exécutions, comme c'est l'usage, tout rentra dans l'ordre.

Nous aurons noté tout ce qu'il y a d'intéressant si nous mentionnons encore l'envoi de deux ambassades : Tune qui se rendit à Bruxelles, puis à Berlin, où elle prit livraison de matériel de guerre (janvier-février) ; l'autre, en Italie, où elle fut pompeusement reçue (juin) et à Paris. Une ambassade allemande est allée à Fez en mars-avril : ellle ne comprenait, dit-on, pas moins de vingt-cinq officiers auxquels s'étaient joints des savants, des ingénieurs, des représentants de commerce. Elle conclut un traité commercial abaissant les droits de sortie sur divers articles d'exportation, et annulant plusieurs monop > jusqu'ici réservés par d'anciens traités, entre autres ( i du cabotage. Mais, comme toujours, au Maroc, à i signature d'une convention à la ratification définitiv t

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