L'ADORATION DES MAGES
et il,- lu descente de lu cour céleste, etc.. etc. (L'affiche du jour donnera les détails). Nota. Les frères Bonniot raccommodent les orgues, serinettes, et ions les instruments mécaniques. Ils changent aussi les airs et
en met lenl de nouveaux.
décence convenable, et sans pouvoir le faire de nuit » (9 mars L767).
En L768, Philippe Rebout, natif d'Amboise, obtient la permission de donner pendant quinze jours, finissant le mardi-gras, un « spectacle de danseurs de corde, sauteurs el danseurs sur le lil de fer. » L'année suivante. Jean-Baptiste de Saint-Marcel, bourgeois de Paris, vient « avec sa fille qui étoit de la musique de S. A. S. Mgr le Prince de Condé, à l'effet de donner en passant deux ou trois concerts spirituels ou autres de musique vocale et instrumentale, dont elle l'ait profession pour gagner sa vie avec décence o (29 août I7<>!> . La même année, deux troupes de comédie sont autorisées : Jacques Barbier, venu d'Angers avec une excellente troupe, écrit-il, donne pendant six semaines des Comédies et opéras dans la salle ordinaire de spectacle.
Charles Le lîov arrive de Saumur avec une troupe «le comédiens et passe trois mois à Laval ; il trouve trop élevé le prix d>^ places qui est de 36 sous par personne
aux premières loges. 2 \ sous aux secondes et 12 sous au parterre ; il demande que ces prix soient abaissés c< alin d'avoir plus de inonde » ; on lui permet de réduire a
15 sous le prix des places des secondes luges et à 10 sous celui des places de parterre.
Une demande de François Dervillié, directeur d'une troupe de comédie el d'opéra, donne lieu à quelques tiraillements au commencement de septembre 1771, époque de la foire de l'Angevine ; le maire. Frin du Guiboutier, veut la rejeter à cause de « l'extrême misère qui règne dans la ville » ; le juge de police, Launay des Gepeaux, est d'un avis contraire et accorde l'autorisation a condition que la troupe jouera une pièce « dont la rétribution tournera au profit (\cs pauvres '. »
Dans les années suivantes les archives nous révèlent encore la présence des troupes des sieurs Duvernay et
1. Pour tous res renseignements, Aich. de la Mayenne, B. 947.
Langénieux en 1776. Poirier en 1777, Martin qui, en 1780, fait un séjour de trois mois.
En 1783, à la fin de janvier, le sieur des Hoches et son épouse jouent la comédie à Rennes pendant la session des États et y doivent rester jusqu'au carême: « ils y donnent avec succès la tragédie, disent-ils, et v jouent la comédie, des opéras et des ballets » ; ils désirent donner ces spectacles à Laval du premier dimanche de carême au vendredi de l'avant-dernière semaine : ils sont « désespères, éeri vent-ils aux magistrats, de demander cette permission pour un temps où l'usage des spectacles n'est guère commun en cette ville. Mais dans les principales villes du royaume on joue la comédie pendant le carême, et même dans la capitale ; les suppliants ont même été instruits qu'il y a environ vingt-trois ans » les juges de Laval ont accordé au sieur « Charis la permission déjouer pendant ce temps, et que son spectacle fut suivi. « La permission est donnée ; il en eut peutêtre été autrement au siècle précédent.
L'empressement des « comédiens de campagne, » comme les appelle Mme de Sévigné, à venir jouer à Laval, la facilité avec laquelle leur demande est accueillie, témoignent de l'attrait que la population lavalloise trouvail à ces divertissements. A certains moments l'engouement pour les spectacles amené des amateurs à monter sur les planches : « On est à Laval, écrit Guittel de la Houllerie en 17f>7, dans le goûl des comédies et des tragédies. Les acteurs et actrices sont des officiers, des jeunes gens, des daines, des demoiselles ; on v entre par billets ; il se fait des représentations toutes les semaines ; cet exercice est fort goûté et fait les plaisirs du carnaval. »
Ce ne fut pas d'ailleurs le seul carnaval où les lavailois connurent ce pi a isir '. I Mus tard, en L794, Mlle Art lie-
1. Les théâtres de société furent une grande vogue sous le règne de Louis XVI : la Cour donnait 1 exemple. — L'abbé Angot signale
mise Duchemin écrivait à son frère, caché à Chartres, (jue la nouvelle de la paix faite a Nantes avec Charette avait cause « beaucoup de joie » qui se manifesta par « un bal a la Paume, » puis, remerciant son frère des lampes qu'il lui a envoyées, elle ajoutait : a Elles ont servi avantageusement à éclairer un spectacle brillant dont les aclenrs étaient les petits d'Argentré, Tremblais, Despeaux, Eugène, Saint-Cir, etc.. qui a beaucoup de succès et fait honneur a nos soins. » En février I7(.'<>. Mlle Duchemin et sa société montent La fausse Agnès et Les jeux de l'amour et du hasard ', et elle-même y tient un rôle de mère noble, la baronne du Vieux-Bois '-'. Mais ces théâtres d'amateurs n'ont jamais qu'une durée éphémère : rivalités et froissements se glissent facilement entre les acteurs, etla critique, souvenl malicieuse, leur est vite insupportable. A Laval, d'ailleurs, on ne parait avoir recherché ni l'exemple ni le commerce des comédiens ; on s'en amuse, on ne [es estime pas ; l'esprit lavallois. prudent et reserve, plutôt timoré, s'accommodait mal avec le cabotinage, (l'est dans les causeries on les bavardages «In salon, de la maison, de la rue. dans les réunions intimes autour d'un dîner on d'une table de jeu, dans les fêtes publiques ou particu-
un théâtre d'amateurs dans un cercle à Ernée. Vers 1886, on pouvait encore voir une petite salle de théâtre aménagée an nviiie siècle dans le château de Boisguy, près de Fougères, cl M. Lauraiu a signalé une salle de spectacle au château d'Averton, démoli après 1812.