‹ La vie privée des anciens (volume 2)Chapitre 8 sur 42 · IV. 1 i · texte numérisé non relu

IV. 1 i

INSTITUTIONS CIVILES

nombre de monuments. La figure 70 nous montre un scribe debout et tenant de la main gauche une tablette, sur laquelle il prend note des objets placés devant lui. Parmi ces objets, qui, suivant l'habitude des peintres égyptiens, sont représentés sans aucun souci de la perspective et paraissent en conséquence placés l'un au-dessus de l'autre, on remarque tout ce qui constituait alors la richesse mobilière. On y voit des vases, des pièces d'orfèvrerie richement travaillées, des petits sacs penchés, qui contenaient habituellement de la poudre d'or, des lingots de métal ronds ou rectangulaires, des plumes d'aulruche, des pièces de gibier, etc. La figure 77 montre également des objets disposés méthodiquement, sans doute en vue d'être enregistrés par un scribe.

Fig. 'îQ. — Le recensement des liabitants.

• On a retrouvé des papyrus contenant divers comptes. Ce sont en général des listes de distributions de denrées faites à des ouvriers, des entrées de céréales, des reçus d'impôts, etc. Quand les comptes étaient établis, celui qui les avait faits les présentait au personnage qui l'avait employé, connne nous le voyons sur la figure 78. Ce personnage est de taille colossale pour caractériser son rang élevé; il lient la canue de commandement et est accompagné d'un chien ou d'un chacal apprivoisé, conformément à un usage dont on trouve fréquemment la trace sur les monuments de l'ancienne Egypte. Le comptable, d'une taille beaucoup plus petite, tient un long bâton, en haut duquel sont fixés deux placets contenant les comptes, et présentant une forme analogue à celle de nos enveloppes de lettres.

Plusieurs monuments nous montrent des scribes occupés à leur travail

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C'est surtout dans les peintures et les bas-reliefs qu'on peut voir nettement la manière dont les impôts étaient perçus.

D'abord, à certaines époques déterminées, chaque habitant devait se présenter devant les magistrats de la province où il résidait, pour déclarer son nom, sa profession et ses moyens d'existence. Cette scène est figurée à Thèbesdansun monument extrêmement curieux (fig. 79).

Ce qui rend cette composition intéressante c'est qu'elle jette un jour inattendu sur les usages égyptiens. D'abord nous avons affaire à une corporation d'artisans, ou tout au moins aux habitants d'un même quartier qui viennent se faire enregistrer tous ensemble. Aussi celui qui marche en tête commence par poser devant les magislrais la bannière de sa corporation ou de son quartier. Puis nous voyons les salutations et les marques de respect données par les habitants : les premiers s'inclinent profondément et mettent une main devant leur bouche comme pour retenir leur haleine, et ceux qui viennent ensuite croisent un bras sur la poitrine. Mais tous laissent tomber une main devant le genou, c'est une marque de profond respect que nous retrouvons sur plusieurs monuments.

En face d'eux un scribe inscrit les déclarations de chacun, et un autre personnage debout, tenant la longue canne qui est l'insigne du commandement, semble présider la scène et adresser des questions aux arrivants. Une fois que les déclarations ont été entendues, que la mesure de l'impôt dû par chacun a été fixée, les scribes vont se rendre sur place pour vérifier ce qui leur a été dit et percevoir la part qui revient au gouvernement. Cette perception de l'impôt sur les blés forme le sujet d'une pe'nture de Thébes.

Deux scribes sont au milieu des tas de blé; l'un inscrit les mesures de grains et l'autre les dicte probablement, en indiquant avec les doigts le nombre de mesures qu'on vient de verser devant lui; une de ses mains est complètement ouverte, et l'autre a seulement deux doigts ouverts : nous en sommes donc au chiffre de sept mesures. Un homme placé devant eux s'apprête à emplir une mesure nouvelle qu'il va prendre sur un gros tas de blé, derrière lequel sont les propriétaires s'inclinant profondément en signe de respect et mettant, suivant le geste consacré, un bras croisé sur la poitrine et l'autre pendant de manière que la main soit à la hauteur du genou. Ceux-ci sont suivis par deux nouveaux arrivants qui se prosternent jusqu'à terre, et qui viennent d'apporter de grands paniers de grains qu'on va mettre en tas et mesurer tout à l'heure devant les scribes.

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