POURSUITES CONTRE UN FAUX CITOYEN
Un certain Pancléon, étranger, se disait Platéen, ce qui Teût • à peu près assimilé aux citoyens d'Athènes. Un Athénien, qui avait à se plaindre de lui, le poursuivit en justice, et nous avons le discours qu'il prononça à cie sujet.
« Comme il ne cessait depuis longtemps de me nuire, je vins à la boutique de foulon où il travaillait, et je le citai devant le polémarque*, pensant qu'il était métèque. Il prétendit qu'il était Platéen; je lui demandai quel était son dème, et il me répondit qu'il était du dème de Décélie. Je me rendis alors chez un coiffeur que fréquentaient les gens de Décélie, et je m'informai s'ils connaissaient dans leur dème un certain Pancléon ; personne ne le connaissait. Je me mis en rapport avec le Platéen Euthycrite, pour savoir s'il connaissait Pancléon, Platéen, fils d'Hipparlïiodoros; il me dit qu'il connaissait Hipparmodoros, mais que celui-ci n'avait point de fils. Les Platéens se réunissent le dernier jour du mois au marché au fromage; j'y allai; j'interrogeai; nul ne connaissait Pancléon. Un seul, appelé Nicomède, me dit qu'il avait eu un esclave de ce nom, dont il m'indiqua l'âge et le métier, et que cet esclave s'était enfui. En effet, quelques jours après, Nicomède se saisit de Pancléon, comme étant son bien. Des amis de oe dernier le lui arrachèrent de force.... »
(D'après Lysias, xxiii® discours.)