‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 191 sur 300 · AMOUR DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

AMOUR DE LA LIBERTÉ

« La tyrannie est le pire ilëau des États. Et d^abord, ce n*esl plus alors la loi qui règne sur tous les citoyens; le tyran en dispose à son gré; il est seul maître; Tëgalité n*existe plus. Au contraire, sous l'empire de la loi, le pauvre et le riche ont des droits égaux ; il est permis au plus humble de répondre au puissant qui l'insulte, et le petit l'emporte sur le grand s'il a pour lui la justice. Un peuple est libre quand on demande aux citoyens : « Qui a quelque chose à dire pour le bien àe la république*? » Si l'on veut parler, on se met en lumière; sinon, on garde le silence. Où trouver une plus complète égalité? Là où le peuple est souverain, il est heureux d'avoir à son service de vaillants citoyens. Le tyran s'en inquiète, au contraire; et les plus illustres, ceux qu'il croit capables de penser, il les fait périr, parce qu'il tremble pour sa tyrannie. Gomment donc un État pourrait-il être fort quand il y a un homme qui fauche et moissonne les jeunes courages comme des épis dans un champ, au printemps? A quoi bon amasser des richesses et gagner le pain de ses enfants, si l'on ne travaille que pour enrichir le tyran? Élève-t-on cliastement une vierge dans la maison maternelle pour qu'elle serve aux plaisirs, aux caprices du tyran, et plonge ses parents dans le désespoir? Plutôt mourir que de voir mes filles exposées à ces violences! »

(Euripide, les Suppliantes, 429 et suiv.; trad. Hinstin.)

14. — OBLIGATION POOR LE CITOYEN DE DÉPENDRE LES INSTITUTIONS NATIONALES

En 409 av. J.-C, les Athéniens votèrent la loi suivante ;• elle montre jusqu'où allait pour un citoyen le devoir de respecter et de défendre les institutions établies.

1. Aristote dit ; « Un des caractères essentiels de la liberté, c'est que les citoyens soient dans le cas de commander et d'ohcir tour à lour, d (Politique* VI {IV], 1, 6.)

« Si un homme renverse la démocratie à Athènes ou exerce une magistrature quelconque après le renversement de la démocratie, il sera traité comme un ennemi du peuple athénien ; on pourra le tuer impunément, et ses biens seront confisqués, sauf un dixième pour Athèna. Le meurtrier et le complice du meurtre seront purs de toute souillure et de toute impiété. Tous les Athéniens, en immolant des victimes accomplies. Jureront de le tuer. Que le serment soit comme il suit : « Je (( m*engage à faire périr par la parole ou par Faction, par un « vote ou de ma propre main, si je le puis, tout homme qui « renversera la démocratie à Athènes, ou, après le renversement « de la démocratie, acceptera dans la suite quelque fonction « publique, ou aspirera à la tyrannie, ou aidera le tyran. Et si « un autre le tue, je regarderai le meurtrier comme saint aux « yeux des dieux et des démons, pour avoir tué un ennemi du (( peuple athénien. Je vendrai tous les biens du mort et donnerai « au meurtrier la moitié du produit sans en rien retenir. Si « quelque citoyen meurt en tuant ou en essayant de tuer l'un de *« ces criminels, je lui témoignerai ma reconnaissance ainsi qu'à « ses enfants, comme on Ta fait pour Harmodios et Aristogiton « et leurs descendants.... » Tel est le serment ordonné par la loi, que devront prononcer tous les Athéniens, avant la fête des Dionysies, en immolant des victimes parfaites, et invoquant sur celui qui y restera fidèle des biens en abondance, sur le parjure la ruine pour lui-même et pour les siens. »

(Andocide, Sur les mystères, 96-98; trad. Hinstin.)

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