I,ES JEUNES FILLES A SPARTE
Les jeunes filles, à Sparte, étaient exercées k la gymnastique et a la musique; mais on ne sait rien de précis sur la manière dont était donné cet enseignement. Il existait probablement pour elles des règlements analogues à ceux des garçons : distribution des enfants du même âge par sections et par classes, gradation des exercices, surveillance des pëdonomcs et des piBeoi, etc. Elles apprenaient a courir, a sauter, à lutter, a lancer le disque et le javelot ; elles apprenaient aussi le diant et la danse, puisque dans les fêtes elles dansaient en rangs et chantaient en chœur. Des emplacements distincts leur étaient sans doute réservés, où la foule ne pénétrait pas. Il y avait pourtant des épreuves publiques, où les garçons assistaient aux jeux des filles, et les filles aux jeux des garçons ; il paraît même que dans ces occasions les éloges ou les blâmes des jeunes filles étaient pour l'autre sexe un puissant aiguillon.
Ces mœurs scandahsaient beaucoup les autres peuples, où les femmes étaient tenues absolument à part des hommes, et une Lacédémonienne, forte et résolue, quand on la comparait aux frêles et timides Athéniennes, devait faire l'effet d'un être sans sexe. La censure s'attaquait surtout à leur costume, qui les couvrait à peine, notamment à la tunique sans manches qui s'arrêtait au-dessus du genou. La morale, semble-t-il, ne souffrait pas de ce régime, et les femmes Spartiates y gagnaient d'être les plus robustes et les plus énergiques de la Grèce.
(Schômann, Antiquités grecques^ I, pp. 302-303; trad. Galuski.)