‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 67 sur 300 · LES BIJOUX · texte numérisé non relu

LES BIJOUX

Plutôt que de donner une sèche énumération des bijoux que l'on portait en Grèce et des termes qui les désignaient, je préfère reproduire la description de quelques-uns d'entre eux.

Pendants d'oreille, — Un petit cygne en émail blanc est suspendu a une rosace bordée d'un feston de petits anneaux en

fils d'or et de godrons émaillés. De chaque côté du cygne trois cliaînettes de formes diverses sont attachées à la rosace; l'une, composée d'astragales, se termine par une clochette ; les deux autres en fils tressés par une petite aniphore et par une baguette ou pointe conique. (Saglio, Dict. des antiq,, 1, p. 797.)

Bracelets, — Un bracelet grec du iv« siècle, trouvé en Crimée dans la tombe d'un roi ou d'une reine de la Chersonèse, consiste en une torsade qui se termine à ses deux extrémités par une virole décorée d'oves en émail bleu et de filigranes, d'où se dégage le corps d'un sphinx, les ailes déployées, les pattes en avant ; les griffes tiennent un fd d'or. Un autre consiste

Pendant d'oreille.

Bracelet.

en un anneau à jour formé de gros fils d'or forgé. Une plaque carrée y tient au moyen de charnières ; elle se compose d'une feuille d'or offrant huit ibis figurée au repoussé la partie anté-

rieure d'un lion couché. Cette plaque est ornée de neuf grenats montés en cliaton et de Heurs en forme de campanule; chaque charnière est bordée de petits grenats. [Ibid., \). 435.)

Autre bracelet

Chaînes. — On retrouve dans l'antiquité à peu près toutes les façons de chaînes qui sont usitées chez les modernes. On re-

Ghaines.

produit ici une chaîne en cordon formant collier, qui provient de l'île de Chypre, et une tresse plate formée de cinq raiigs

d'anneaux, qui ont été découverts dans la Russie méridionale. (Saglio, Dict. des antiq.y I, p. 969.)

Ceinture, — Une ceinture originaire d'Ithaque consiste en un ruban d'or, avec un nœud pour fermoir; les deux bouts du ruban sont bordés d'un léger feston ; des fleurons, des palmettes

Ceinture.

en filigrane et de petites hyacinthes incrustées rehaussent discrètement le contour; de chaque côté du nœud sont suspendues trois cordelettes attachées à la ceinture au moyen d'un anneau qui surmonte un masque de Silène, et terminées par des grenades. [Ibid,, p. 798.)

Diadème. — Un des plus beaux bijoux grecs du Louvre est un diadème de femme ou Stéphane, où des perles en pâte de verre et des palmettes émaillées sont associées aux ornements d'or ciselé.

Le diadème imite une couronne de fleurs, faite de marguerites et de fleurs plus petites, auxquelles sont mêlées des aigrettes de feuillage d'un travail exquis. (CoUi-

Épingles à cheveux.

gnon, Manuel d'archeol. grecque, p. o60.)

Épingles à cheveux. — La figure ci-contre offre, réduite de mpitié, une épingle en or, ornée à son extrémité d'une tète

Miroir

de cerf ou d'élan, du plus fin travail. Une autre est surmontée d'un Amour, qui joue de la flûte. Une troisième porte l'image

d'un petit génie aile qui tient d une main une patère, de l'autre un objet de forme cylindrique, peut-être un vase à parfums. (Saglio, Dict, desantiq,, I, p. 62.)

Miroirs. — Les miroirs grecs sont en bronze, et généralement arrondis. Au point de vue delà technique, ils se divisent en deux classes: 1° les miroirs simples, en forme de disques, offrant une face convexe, bien polie, qui reflétait l'image, et une face concave, ornée de figures tracées au burin ; ces disques sont garnis d'un manche, en forme de statuette munie d'un socle, qui permettait, soit de les tenir à la main, soit de les poser sur une table ; 2° les miroirs figurant une boîte ; ils se composent de deux disques métalliques s'emboîtant Tun dans l'autre, quelquefois réunis par une charnière. Le disque supérieur ou couvercle est orné extérieurement de figures en bas-relief, tandis qu'à l'intérieur il est poli avec soin, et argenté; c'est cette face qui réfléchissait l'image. Le second disque est décoré au dedans de figures gravées au trait ; souvent le contour des figures est rempli par une légère couche d'argent, tandis que le fond est doré. (CoUignon, Manuel darchéoL grecqucy pp. 547-548.)

Page 1