CHAPITRE II
PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LA CONDUITE PUBLIQUE DE MONTAIGNE. CATHOLIQUE. — ROYALISTE.
C'est sa vie et ses idées que Montaigne a décrites dans son livre. — Témoignages en faveur do sa sincérité. — Il faut l'apprécier en le comparant à son époque. — Il a joué un rôle considérable. — Il a combattu en lui l'ambition. — Sa modération, son amour du repos. — Dans toutes ses fonctions, il a suivi des principes fermes et constants. — Il reconnaît que les affaires de son temps ne peuvent être conduites par la vertu seule. — Il constate et déplore la corruption générale de son siècle. — Il a horreur du mensonge et de la dissimulation. — Il garde partout son franc parler. — Il met l'honnête au-dessus de l'utile. — Il veut qu'on tienne toujours ce qu'on a promis; une nécessité d'intérêt public peut seule dispenser les princes de garder leur parole. — Il était cosmopolite, aimait l'égalité parmi les hommes. — 11 veut que , quoi qu'on pense, on reste soumis aux lois du pays, qu'on se sacrifie pour les défendre. — Il admet qu'elles doivent fléchir si le salut public l'exige. — Il était ennemi des nouveautés dans l'État ; no desespérait pas de l'avenir, malgré tous les troubles et les vices du présent. — 11 ne veut pas qu'on reste neutre et indifférent dans les affaires publiques. — Résista aux entraînements de parti , et aux alliances avec les hommes malhonnêtes. ~ Il n'avait point do haine contre se» adversaires.
— Aimait sa propre conservation, mais la subordonnait au devoir.
— Condamnait les excès de zèle. — Sa modération l'exposa aux inimitiés des partis opposés. — Malgré les progrès de la réforme en Guyenne, il est toujours resté du parti catholique ; s'est plusieurs fois déclaré catholique; agissait conformément à sa profession de foi. — Flétrissait ceux qui emploient la religion dans leur intérêt; condamnait les excèsdes catholiques ; était tolérant et juste envers les dissidents.
— Il est toujours resté fidèle à la royauté. — A professé courageusement son opinion. — Ne s'est pas mépris sur la Ligue. — N'a jamais été le serviteur ni l'obligé des Guise ; erreur de quelques biographes à ce sujet. — Ses sympathies étaient pour le roi de Navarre.
Pages 13-62.