‹ La vie publique de Michel Montaigne; étude biographiqueChapitre 39 sur 64 · MévMtret de DuplessiSf ln-8*, tome II, p · texte numérisé non relu

MévMtret de DuplessiSf ln-8*, tome II, p

MONTAJGNE NÉGOCUTEUR POLITIQUE. 333

et alla au Mont-de-Marsan , déclarer au roi de Nayarre que le roi de France n'avait pas de satisfaction à lui donner , étant libre d'agir comme il Tentendait avec ses sujets. Le roi de Navarre promit d'obéir , et demanda seulement qu'on éloignât les garnisons pour sauver les apparences. M. de Bellièvre ne voulut pas prendre sur lui d'y consentir. M. de Clenrant fut chargé d'aller présenter cette demande ; il partit avec une instruction, écrite au nom du roi de Navarre, et rédigée, avec infiniment d'art et de dignité, par Duplessis*. Le jour du départ de M. de Glervant', l'habile secrétairt informa Montaigne de l'état de la négociation. Le roi de Navarre avait envoyé aussi, en janvier 1584, Pibrac avec un mémoire qu'il lut à Henri 111 et qu'on trouve tout entier dans la collection Dupuy, tome 87.

A M. DB MONTAGNB.

€ En ran 1584.

« Monsieur, nous avons oui M. de Bellièvre. A dire vrai, il n'a proposé aullre satisfaction, que l'indignité faitte à la roine de Navarre, et l'authorité et liberté qu'a un roi à l'endroit de ses subjets. Raison comme vous sçavés , qui tient plus du vinaigre que de l'huile , et mal propre à une plaie si sensible , et en partie si nerveuse ; et , ie ne sçai si j'ose dire peu convenable à la grandeur de nos princes françois, qui ont tousiours attrempé leur souveraine puissance, d'une équité gracieuse; et n'ont iamais disposé de rhonneur de leurs moindres subjets , que de gré à gré. Toutes fois le roy de Navarre a voulu monstrer qu'il aimoit

1. Mteolrestn-S*, p. 476. Ce fait, menUonné dans la lettre, fait sulilsamnient connaître la date, qu'elle ne porte point autrement Cette date résulte, au moins quant au mois, d'une lettre de M. Ferrand à M. d'Hautefort, datée d'Agen, 20 Janvier 16S4; ony Ut : « Monsieur de Bellièvre est party depulsquatre Jours de Bourdeaux pour se rendre près du roy de Navarre et continuer la négociation quti a commencée depuis quelques mois.... Nous espérons que toutes choses réussiront par doulceur. • (Manuscrlu de Harlay, 329-7.)

2. Yoy. les pièces contenant le résumé de ce que M. de Bellièvre a dit au roi de Navarre, la réponse du roi et les répliques de M. de BelUèvre. (Collectioo

I tXXXVU , t IS6-I69.)

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mieux rendre le roy satisfait , que de Vestre en soy mesmes. Et pour cet efiét, s'est résolu de ploier son honneur sous le respect de ses commandemens. Se resolvant d'aller Toir et recevoir la roine sa femme , en sa maison de Nerac. Seule* ment » qu'on levast les garnisons qu'on avoit mises aux environs , tant afin que cette réception n'eust aucune apparence de force, que pour la seureté de leur séjour. Vous scavés s'il est civil de la recevoir en maison empruntée , ou incivil de demander la liberté en la sienne. M. de Bellievre toutes fois en a fait difflculé très grande ; et de ce pas a e^té depesché ce iourd'huy M. de Clervant vers la roine de Navarre, et delà tirera vers Leurs Ifajestez, lesquelles à mon advls, se representans le fait passé, elle considerans en la personne du roy de Navarre , ne le voudront esconduire en si petit accessoire; puis qu'a chose dételle importance , il a cédé au principal. lugés en quelle peine ces gens nous mettent. Nous avions réduit tout à meilleur point que presque il n'estoit à espérer , et maintenant ils marchandent sur un rien, et nous font perdre crédit , si nostre sincérité n'estoit bien connue envers nostre maistre. le remets le tout à Dieu, monsieur, lequel ie prie, etc. ^ »

Henri III, qui avait paru céder, ne voulut pas accorder complètement les dernières demandes du roi de Navarre ; mais il oflrit une transaction. Dans une longue lettre qu'il écrit à M. de Bellievre , il discute les propositions de son beau-frère; son style diflus accuse les perplexités de sa pensée ; on le voit partagé entre la méfiance que lui a laissée la prise du Mont-de-Marsan et le désir de terminer le différend actuel, entre la peur de voir le roi de Navarre, s'emparant des villes d'où les garnisons sortiraient , devenir trop fort dans son gouvernement , et la crainte de le voir refuser plus longtemps de reprendre sa femme ; il consent donc seulement & ce qu'on retire , mais en prenant des précautions de sûreté, les compagnies d'Agen et de Gpndom,

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