Mémoires du duc de BouiUon
358 VMTAIGIIB HIUTAin.
gtt0ur, et de cammenoM* par le siège de Saist Jeaa-^'AagAy; le ratréebal pensa qu'il ne (allait pas tenter une si grande entreprise dans une si mauvaise saison , à travers des pafs rnvagés; que le roi de Navarre ayant bien garai les ferte^ Fasses» on ne devait attaquer que les lieux découverts, et sa rendre raattre de la campagne pour empèeher les villes ai* nemies de recevoir des yivres et des renforts. Cette opinjen lût adoptée. Un nouveau dissentiment s'^nt manifesté sur le passage de la Dordogne, les deux cheb se séparèrent avee leurs troupes, le 13 janvier 1586, promettant de se réunir à Sainte-Baseilie (de CaiUière).
Le maréolial marcha sur Liboume, passa quelque temps à Bordeaux, et vint mettre le siège devant Gastels (sur la Garonne); il le recommença, après avoir été forcé de le lever par le roi de Navarre. Le duc de Mayenne prit sa direction ven le Quercy, à travers le Périgord, fit son entrée à Périgueux, assiégea et prit Montignac à la fin de janvier, reprit Tulle dont le vicomte de Turenne s'était emparé quelques mois auparavant, emporta Beaulieu et le château de Saignât, et arriva sur les bords de la Garonne ; il fit cela promptement, en dépit de l'hiver et des privations : la oour cependant Taccusait de lenteur, et on parlait même de l'éloigner de la Guyenne*. Vers la mi -lévrier, il rejoignit le maréchal de Matignon qui en était resté au siège de (^stels : cette place se rendit. Ensuite, les deux généraux prirent SainteBazeilIe, ville de r Agenois. Au mois de mai, au lieu de marcher vers le roi de Navarre qui était revenu à Bergerac , Matignon , afin de faire diversion et de ne pas s'éloigner de Bordeaux, où Mayenne et les ligueurs entretenaient d'activés intrigues, fit décider le siège du château de Montségur, en Bordelais, entre la Garonne et la Dordogne; Mayeime étant tombé malade durant le siège*, la place capitula entre les mains du maréchal ( 16 mal;.
A peine rétabli , le duc de Mayenne ramassa les restes da
1. Pierre Maihtea , livre YIH , Eittaére d^Bmri UI; René de BoulHé, Mhfotre de la maison de Guise.
3. Dans ses Mémoires , le duc de Bouillon dit que ceKe mihidle n'était p»
MONTAGNE VIUTAIRE. 35{)
son armée , et malgré les murmures des geiitUsboomies de la Gascogne qui voulaient (ju'on employ&t les troupes à li^ sûreté des communications commerciales dans leur province , malgré les plaintes des soldats qui étaient exténués; et qui manquaient de tout, il franchit la Uordogne h Blapaç (juillet), le maréchal Xy suivit; les deux armées étaient fortes de 25 000 hommes ; elles mirent le siège devant Castillon ^ ; la garnison capitula le 30 ^ot^\ ; Matignon et Mayenne entrèrent dans la place le i*' septembre. Dans le même mois, le duc remontant vers le nord et passant par la coptrée où se trouve le château de Montaigne, termina la campagne par la prise du ch&teau de Puynormand ; après quoi les soldais se débandèrent, et la noblesse rentra dans ses châteaux*.
Mayenne ne pouvant obtenir du roi les moyens de contir nuer la guerre, demanda et obtint la permission d^ se retirer. L'armée se reposa & Liboume ; le duc partit pour la cour, et M. de Matignon retourna à Bordeaux.
Si l'on admet que Montaigne suivit l'exemple de la noblesse de sa province , et prit part à la guerre qui s'y éta|t abattue, la supposition la plus naturelle c'est qu'il tira Tép^e dans ces engagements presque contmuels dont l'infatigablç activité du roi de Navarre et de ses capitaines barrassait ï^rmée royale'; c'est aussi qu'il se joignit h Mayenne et à Matignon lorsque, passant la Dordogne, Us vinrent opérer
sérieuse, et que le duc le sImuU pour aller diriger des Intcigaes poliUques à Bordeaux : « M, du Mayne feignit use maladie durant ledit siège, pour avoir suiet de s'aller faire pansera Bordeaux, et laissa le sieur de Matignon pour parachever le siège; ledit duc se nienageolt de la créance dans Bordeaux pour s'en aaseurflr, y ayant tousiours une notable mésintelligence entre Ice «ef? Titeun du roy et ceux de la Ligue. »
] . Les Bordelais l'avalent demandé pour être délivré des excursions de la garnison protestante de Castlllon : • Le siège (de Montségur) ftny, l'armée de 11. du Mayne s'estent répandue dans les provinces pour se rafraiscblr un peu, ie m'en vins sur la Dordogne oO le voyols quils iettolcnt leurs desseins, la ville de Bordeaux continuant à solliciter son élargissement, qu'on avolt desia commencé par la prise deCasteU, Sainte BaseiUe et Montségur, n'ayant plus proclie d'elle que la ville de Castilion. > {Mémoires du duc de Bouillon,]