LES IMAGES D'UN SOU
Salut, Vierge! — tableau qui n'es d'aucune école; Pierre, muni des clefs que Jésus te donna ! Sulul, jeune vainqueur, passant le pont d'Arcole ! Salut, bon saint Joseph! — Salut, lier Masséna!
Je vous aime, dessins naïfs, simples ébauches. Suspendus au foyer du travailleur des champs. Dures sont vos couleurs, vos traits sont lourds et gauches ; Mais vous n'en êtes pas à mes yeux moins touchants.
Murât sous le dolman a l'épaule un peu torte Ney, devant l'ennemi, fait un saut de tremplin; Sainte Agathe a vraiment trop de rouge. — N'importe, D'un respect attendri je me sens le cœur plein.
n L\ vil; r.LHALi;.
Le riclio en son pahiis montre des toiles rares ; Van D\ck, lîenibrandl, (lorrégc en décorent les murs. Le [)auvrc n'a (iiic vous pour tableaux et pour lares; Seuls vous lui souriez sous ses lambris obscurs.
Aux petits comme aux grands il fallait des ancêtres, Des exemples sacrés et de vivants blasons. Vous, aimés des petits, chers aux groupes champêtres, Vous êtes leurs aïeux, les chefs de leurs maisons !
Ils se content, le soir, près de l'àtre qui brille. Les faits par qui vos noms devinrent glorieux; Et vous initiez la modeste famille A toutes les grandeurs de la terre et des cieux.
Dans notre vieille France il n'est pas de chaumière Oi!i l'on ne vous retrouve au mur crépi de chaux, Symboles de foi pure ou de vertu guerrière, Apôtres et martyrs, et vous, fiers maréchaux !
De deux religions vous nourrissez les flammes; Chacun de vous répand de sublimes leçons : Vierges, à la pudeur vous élevez les femmes; Soldats, vous enseignez la bravoure aux garçons.