‹ La vie sur les hauts plateauxChapitre 116 sur 268 · Selon Colin,1 le nombre de pulsations est de · texte numérisé non relu

Selon Colin,1 le nombre de pulsations est de

chez le Lirón

chez le Lion

le Chat

le Tigre

le Poulet

yy

la Girafe

le Pigeon-

la Panthère

le Moineau

l’Hyène

le Rat

le Taureau

l’Oie

la Mule

le Chien

l’Ane

le Loup

le Tapir

la Marmol te

le Cheval

la Grenouille

le Chameau

la Chèvre

l’Eléphant.

le Mouton

l’Anguille

le Porc

la Carpe

75 Chez le .* Hérisson.

Colin dit, d’une manière vague et sujette à bien des exceptions, que le nombre des battements du cœur est en rapport inverse de la grandeur. La même observation a été faite quant au nombre de respirations. Il existe une relation intéressante entre ces dernières et les pulsations. Si nous la cherchons, en profitant des données de P. Bert, voici les résultats que nous obtiendrons:

516. Relation entre le nombre des respirations et celui des pulsations.

Hnmmp- 1 respiration,

lllü . ^ pulsations.

Taureau:

Chat: J

Cheval:

Chien: \

Chameau:

Hérisson: ^

Poulet:

Lion: 1

Oie:

Tigre: ^

Carpe:

Girafe:

Anguille:

Panthère: 1

Grenouille:

1 Physiologie comparée. Vol. Il, pages 425 et 426.

517. Dans cos formules le numérateur indique le nombre de respirations et le dénominateur celui des pulsations. Ils sont assez inexacts car ils ont été pris sur divers individus, à une heure différente. On peut cependant prévoir que le nombre des battements pour chaque respiration est plus grand chez les Oiseaux que chez les Mammifères et qu’une foule de circonstances influent dans cette relation; aussi, varie-t-elle d’une espèce ù, une autre. Elle ne varie probablement guère ou pas du tout dans une même espèce, comme il arrive chez l’homme.

Chez les Mammifères cette relation oscille entre */3 G Vs ? 1© cas du Tigre (to) paraît être exceptionnel, aussi, nous 11e l’incluons pas dans la règle, celui du Hérisson non plus.

Ce qui s’observe chez les oiseaux est facile d’expliquer: en effet, comme la capacité respiratoire est si grande et que la circulation de l’air dans le poumon continue, même pendant la pause respiratoire, à cause des poches pneumatiques, on comprend que le cours du sang soit accéléré. Il doit eu être ainsi puisque les combustions sont très actives. Le dénominateur de la fraction diminue considérablement chez les animaux à sano; froid; on s’explique facilement cette particularité. Chez la Grenouille commune nous avons observé souvent la relation f.

518. C’est un fait digne de remarque que cette proportionnalité se conserve chez les habitants des altitudes, malgré l’ augmentation des respirations et des pulsations, comme s’il existait un lien qui les unit intimement. (Ce n’est pas une proportionnalité absolue). Le Dr. Brehmer disait que le cœur est petit chez les phthisiques et pour en obtenir l’augmentation on doit les envoyer sur les hauteurs. Il est hors de doute, en effet, que le muscle cardiaque parvient à contenir une plus grande quantité de sang à cause de son plus grand volume, lorsque les animaux sont soumis à des fatigues extraordinaires: une oxygénation plus rapide du sang est alors indispensable. “Le cœur est plus grand chez le cheval de course et le réseau circulatoire de la périphérie est plus développé: le même fait s’observe chez le lapin sauvage comparé au lapin domestique.”1

Cet autre moyen de compensation chez les animaux des hauteurs 11’a pas encore été étudié.

519. Chez tout un groupe d’êtres qui ont mérité le nom de plongeurs, nous observons des mécanismes très curieux qui permettent un long séjour sous l’eau. Tout d’abord, la capacité respiratoire se trouve augmentée chez un grand nombre et en particulier chez un oiseau (Alca torda) qui plonge à une grande profondeur. Brehin dit qu’ayant examiné un de ces Palmipèdes il trouva son corps gonflé et l’air avait pénétré partout, même sous la peau, qui ne s’adhérait au corps que par la queue et par les membres.2 Chez d’autres animaux il n’y a pas de magasin d’air, mais il

1 Cornevin. Zootechnie, page 330.

2 Les Oiseaux. Vol. II, page 886.

y en a un d’oxygène et pour cela le sang présente des particularités remarquables.

Chez les Reptiles, il est à remarquer que le sang est trois fois moins coloré que celui des Mammifères; sa capacité d’absorption pour l’oxygène est estimée eu 5.5; mais chez les Reptiles aquatiques cette capacité est bien supérieure h celle que présentent les terrestres (Regnard et Blanchard).

Chez les Varcuius , Sauriens presque tous aquatiques,, il y a eu outre nue plus grande quantité de sang: un individu qui pesait 375 grammes en contenait 61 grammes, relation: 6, plus grande que chez les Mammifères.1 Nous avons examiné une jeune tortue, Cynosternon pensylvcinicum et nous avons trouvé une proportion d’hémoglobine très rare chez les animaux à sang froid, 15,5 %. Cela nous fit penser que probablement à cette particularité on doit attribuer la résistance de ces animaux à l’asphyxie, mais selon M. H. et Mrs. S. Phelps Gage il y a des mouveme nts rhythmiques dans le pharynx de la tortue et l’épithélium de ce canal agit comme surface d’absorption de l’oxygène dissous dans l’eau. Une tortue pesant un Kilogramme, que l’on força à rester sous l’eau donna, en dix heures, 318 milligrammes d’acide carbonique et consomma 71 milligrammes d’oxygène dissout.2 Puisque l'occasion s’en présente nous dirons que cette fonc. tion de l’épithélium du pharynx ne suffit pas pour les nécessités respiratoires; en outre les données précédentes ne paraissent guère probables; car ou sait que les Reptiles produisent en moyenne par heure et par Kilog. de poids 0 gr. 1339 d’acide carbonique et consomment 0 gr. 1222 d’oxygène, plus d’un gramme en dix heures, tandis que la tortue avec laquelle on fit l’expérience no donna que quelques milligrammes d’acide carbonique et consomma 71 milligrammes d’oxygène. Nous avons maintenu sous l’eau une tortue de la même espèce et nous l’avons Arue résister de longues heures à l’asphyxie; à la fin, elle mourut et nous pûmes observer dans ses poumons les taches de Tardieu dues û la mort par submersion prolongée.3

520. Paul Bert a démontré que le Canard peut rester très longtemps sous l’eau à cause de la grande quantité de sang qu’il contient4 5 Regnard et Blanchard assurent que la capacité respiratoire du sang du Phoque est très grande, 37,8 °/0, celle du chien n’atteint que le 20 ou 25%. 6

Chez les animaux plongeurs on remarque certaines autres modifications très singulières.

521. Gratiolet fait observer que grâce à de puissants sphincters, lorsque l’Hippopotame se trouve sous l’eau, le sang veineux s’accumule dans des sinus et conduits déterminés et la quantité qui circule entre certains

1 P. Regnard et R. Blanchard. Coinpt.-Rend. Soc. de Biol. 24 Juillet 1880.

2 American Naturalist. March, 1886, p. 233.

3 A. L. Herrera. “La Naturaleza.” (2) Vol. II, pág. 342.

4 Physiologie comparée de la respiration. Paris, 1810, page 552.

5 Loc. c., page 211.

appareils musculaires, les centres nerveux et le poumon, diminue de plus en plus de manière que l’imminence de cette congestion des centres, qui est une des principales causes de la mort par asphyxie, sera moins probable à mesure que l’immersion se prolongera davantage. Une circonstance en faveur de ce résultat, c’est la faculté que possède l’Hippopotame de comprimer ses carotides externes au niveau de l'hyoïde, ce qui diminue la quantité du sang dans les réseaux crâniens et orbitaires.1

522. Il y a en outre la faculté de suspendre la respiration lorsque l’animal se trouve sous l’eau.2 L’habitude, d’un autre côté, c’est-à-dire les modifications fonctionnelles acquises, augmentent la résistance à l’asphyxie par changement de milieu. 3 Enfin chez les chevaux de course, à cause de l’exercice, on observe une modification qui augmente la capacité respiratoire et qui, par une coïncidence remarquable, a été observée aussi chez l’homme et le lapin des altitudes.

522 (bis). Nous voulons parler de l’augmentation du volume du sternum, dont la longueur varie comme il suit: chez le cheval de course elle est de 0m36 et dans le rapport de 1 à 2.77 avec la région dorso-lombaire, tandis que chez un cheval ordinaire elle est de 0m21. “Cette plus grande longueur du sternum fait que l’insertion inférieure du diaphragme se trouve plus en arrière et en même temps moins oblique, disposition qui occasionne l’élargissement de la poitrine.”4 Chez d’autres chevaux de course le même résultat a été obtenu par une augmentation de la hauteur du thorax ou par des modifications particulières dans les côtes. Le professeur Tanner a remarqué que, chez les races améliorées de bétail, le volume des poumons et du foie se trouve considérablement réduit si on compare ces mêmes organes à ceux dos animaux jouissant d’une entière liberté. La cause de la diminution des poumons chez les races améliorées provient évidemment du peu d’exercice qu’elles prennent. (Darwin. De la Variation. II, page 305).

Note sur le Romerolagus Nelsoni, nouveau genre et nouvelle espèce de Lapin du Mt. Popocatepetl, Mexique. Un sternum singulier.

Yoici ce que raconte M. Nelson au sujet de cet intéressant petit animal: Lors de ma première ascension au Popocatepetl, au printemps de 1893, j’appris qu’on y trouvait ces petits lapins; lorsque, je retournai à Me-

1 Compt.-Rcnd. Acad. Sci. Paris. II, page 524.

2 Voir: Edmonston. Philos. Mag. II, 1827.

3 Noé. Variation avec l’habitude de la résistance des poissons à l’asphyxie dans l’air. Compt.-Rend. Ilebd. de la Soc. de Biol. 30 Décembre 1893.

4 Cornevin. Zoothecnie, page 328.

xico je préparai une expédition afin de m’en procurer quelques uns. Le 5 J anvier 1894, mon aide (M. E. A. Goldman) et moi nous établîmes notre camp sur le penchant d’un “cañón” à nue altitude d’environ 3350 mètres sur le versant nord-ouest de la montagne. Trois chasseurs indiens et notre domestique nous accompagnaient. Au milieu des pins et des alisiers, à cette altitude, les penchants des collines et des “caûons” exposés au nord se trouvent couverts d’une végétation exhubérante de “Zacatón” ( Agros lis) qui forme des touffes énormes de 3 à 6 pieds d’épaisseur et souvent de 6 ou 8 pieds de hauteur. Cette herbe couvre entièrement le sol, ne laissant çà et là que de rares éclaircies. Une examen sous ces longues feuilles pendantes nous fit découvrir un réseau de terriers semblables à ceux des grands arvícolas. Ces retraites souterraines se communiquaient entre elles et allaient d’un massif à l’autre abritées sous les faisceaux de feuilles de “Zacatón” couchées sur le sol. Les lapins devaient abonder en cet endroit; nous nous mîmes donc tous à battre les alentours. Le premier jour j’en vis trois, mais il me fut impossible de tirer un coup do fusil. Un d’eux vint en courant dans un petit sentier dérobé sous l’herbe et eu me voyant s’arrêta à 6. ou 8 pieds de distance tout au plus. C’était trop près pour faire feu; il s’enfuit doue après m’avoir regardé quelques instants avec inquiétude. Le soir de ce même jour, je montai sur un gros tronc d’arbre d’où je pouvais voir plusieurs petites ouvertures dans l’herbe; j’en tuai un qui s’était arrêté un instant à l’entrée du terrier. Après une chasse persévérante de trois jours mes indiens parvinrent à en tuer trois autres. La première nuit nous tendîmes nos pièges de fil de fer sans succès aucun; la unit suivante nous les remplaçâmes par ceux en acier, que lions introduisîmes dans les terriers. Cette dernière méthode réussit parfaitement, trois beaux spécimens furent pris dans une petite aire de quelques y ardes seulement. Aussi loin qu’ils ont été observés, ces petits animaux se trouvent exactement limités dans la région des grandes touffes de “Zacatón” entre 3050 et 3650 mètres; quelques uns un peu au-dessus ou au-dessous de cette limite dans certains endroits favorables sur les calados du “cañón.” Je les ai rencontrés encore en aussi grand nombre sur le flanc des collines dans les hautes herbes et dans les massifs des clairières de la forêt. Us font leurs terriers au pied de ces touffes de “Zacatón” en s’ouvrant un chemin à la surface du sol, au milieu des tas d’herbes et de feuilles sèches qui rendent tout-à-fait imperméables ces retraites souterraines. Leurs terriers se trouvaient entrelacées avec celles de 1 'Arvícola des montagnes. La ressemblance de mœurs et de couleur qui existe entre ces deux animaux est vraiment remarquable. Comme les Arvícolas , ces lapins sortent' surtout pendant la nuit; cependant on les rencontre aussi quelquefois pendant le jour. C’est à la tombée de la nuit qu’ils se montrent plus actifs. Quand les matinées sont froides ils vont parfois s’étirer an lever du soleil, dans les petites éclaircies que laissent les touffes d’herbe. Mes indiens me disaient

qu’ils les avaient vus souvent dehors se réchauffant au soleil, le soir pendant l’hivèr, lorsqu’il faisait froid ou après une forte pluie.

Cette espèce n’a proprement pas de queue externe; chez quelqiies individus on remarque un petit appendice charnu de deux ou trois millimètres de long, mais la plupart en sont entièrement dépourvus, ce qui leur donne quelque ressemblance avec les Chinchillas (Lcigomys).

On pouvait s’attendre à ce que des animaux qui s’éloignent tant des lapins ordinaires dans leurs coutumes et dans leur manière de marcher devaient présenter des modifications notables dans leurs squelettes.

Heureusement Mr. Nelson a conservé un squelette, èn parfait état, de ce nouveau lapin, qui, comparé avec ceux de plusieurs sous-genres du Lepus présente des différences d’une grande importance morphologique.

La clavicule est complète et s’articule directement avec le sternum (fig. lère ), ce qui n’arrive jamais chez le genre Lepus. Huxley décrit la clavicule du lapin comme “incomplète aux deux extrémités,” et Flower dit “qu’elle est très petite et se trouve suspendue par de longs ligaments entre l’omoplate et le sternum. Le presternum est très large et antérieur à l’articulation de la première paire de côtes (fig. 1), condition inconnue dans le genre Lepus , chez lequel il est toujours long et étroit (fig. 2). Flower fait remarquer la corrélation qui existe entre la forme du presternum et le degré de développement de la clavicule en disant que “le presternum est comprimé et allongé chez les rongeurs dépourvus de clavicule ou avec clavicule rudimentaire,” comme dans le lièvre, et “qu’il est généralement large chez les formes qui ont la clavi-Fig. ..-sternum du r0- F¡g. 2,-stemum du Lecule bien développée, comme les rats, les ne,sonî' Sïïf*.t)îmldus (très ré’

castors, etc.” Cette intéressante corrélation est très prononcée dans le lapin du Popocatepetl qui, ayant la clavicule complète, a aussi un poignée large. Les segments du mesosternum (entre le presternum et le xiphoïde) sont au nombre de trois seulement (fig. 1) tandis qu’on en compte quatre dans tous les sous-genres du Lepus (fig. 2). 1 Le nombre des côtes par conséquent se trouve réduit, six paires au- lieu de sept s’articulant avec le sternum. Les tubercules des côtes ne produisent pas des appendices spiniformes, comme dans le Lepus et ils disparaissent à la sixième paire. Dans le Lepus on les rencontre jusqu’à la huitième paire. L’omoplate est étroit, avec un long os métacromial, comme dans le Lepus. Les vertèbres sacrées sont au nombre de quatre, comme dans le Lepus (la première et la partie antérieure de la seconde s’articulant avec l’iliaque). On compte neuf vertèbres caudales, les trois dernières recourbées en haut et rudimentaires.

1 Le sternum humain est aussi plus développé dans les altitudes. (§ 770).

La cinquième vertèbre cervicale présente une particularité. Son apophyse transverse est dirigé en avant au lieu d’être dirigé en arrière et sa lamelle inférieure ne présente qu’un vestige de la prolongation postérieure ordinaire chez les lapins. Les métapophyses apparaissent à la dixième vertèbre dorsale et continuent dans toutes celles qui suivent jusqu’à la dernière lombaire inclusive. Les anapophyses sont nombreuses comme chez le Lepus ; on les rencontre, bien que petites depuis la neuvième jusqu’à la douzième dorsale inclusive et sur toutes les vertèbres lombaires, excepté sur la sixième et la septième. Les appendices transversaux des vertèbres lombaires sont remarquables, tous présentent une large crête postérieure qui se prolonge sur toute la longueur du côté des vertèbres. On. rencontre des hypophyses sur la première, la deuxième et la troisième vertèbre lombaire, comme chez le Lepus , bien qu’elles sont relativement petites.

Les os des jambes et des pieds présentent plusieurs différences plus ou moins importantes. La dépréssion de la face intérieure de la surface trochléenne de l’humérus est petite et unie au lieu d’être profondément sillonnée; le malléole fibulaire est plus faiblement développé; l’os naviculaire diffère matériellement dans la forme et sa crête inférieure est visiblement plus courte que dans le Lepus , il ne. s’étend pas au-delà des os métatarsiens. Chose remarquable, le crâne ne présente pas une différence aussi grande comme on pourrait s’y attendre d’après l’examen des autres os. Il se rapproche, pour la forme, des crânes des lapins américains appelés “cotton-tails” (sous-genre Sylvilagus) seulement ses processus post-orbitaires sont petits, divergents postérieurement et manquent entièrement par devant; il en diffère aussi par l’os jugal qui est très allongé postérieurement. L’interpariétal est distinct, dans les adultes il se soude avec le supra-occipitale. Le caractère tout-à-fait léporide du crâne montre que cet animal peut difficilement être regardé comme antérieur au Lepus , comme on aurait pu le supposer à cause de la petitesse de sea oreilles et de ses jambes et de plusieurs autres caractères du squelette, mais plutôt comme une branche particulière de ce même genre Lepus. 1

1 C. H. Merriam. Romerolagus Nelsoni, a new genus and species of rabbit from Mt. Popocatepetl, Mexico. Extrait des “Proceedings of the Biological Society of Washington.” Yol.

X, 169-172. M. Ferrari Pérez, de la Comission Géographique Mexicaine, avait décrit depuis longtemps cette espèce sous le nom de Lepus Diazi. Yoir Natural Science. March 1897.

(b). Variations des appareils et des mécanismes respiratoires selon la composition du milieu.

523. Dans les pays chauds, l’atinosplière contient une proportion d’oxygène relativement faible, on a même parlé d’anoxyhémie thermométrique: mais nous ignorons si on a fait une étude 'approfondie de cette question et quant à nous, nous doutons fort de cette anoxyhémie. Les animaux originaires du tropique paraissent très bien adaptés.

Il existe un milieu dans lequel l’oxygène est infinement plus rare que sur les sommets les plus élevés: l’eau.

Humboldt et Provençal déduisent de leurs expériences que les poissons de rivière se trouvent dans le cas d’un animal aérien qui respirerait dans un mélange gazeux contenant une centième partie de son volume d’oxvgèuo. Serait-ce une raison suffisante pour admettre que les animaux aquatiques, vertébrés et invertébrés sont auoxybémiques ou devraient l’être? Non. La nature sait trouver le moyen d’utiliser la petite quantité d’oxvgène dissous, soit en multipliant les surfaces, soit en changeant en organes respiratoires ceux qui étaient destinés à un autre usage ou en faisant passer un courant d’eau par des appareils particuliers. Il suffit d’ouvrir un ouvrage quelconque de physiologie comparée pour rester étonné des ingénieuses dispositions qui assurent une oxygénation suffisante aux organismes aquatiques; ce^dispositions sont parfaites chez les Ecliinoderines, chez les Mollusques, chez les Crustacés, etc.

Le lecteur trouvera de plus amples détails à ce sujet dans le paragraphe 1031 et les suivants où nous démontrons que l’hématose se fait toujours dans une dissolution de gaz, puisque l’oxygène avant de s’introduire dans le sang doit se dissoudre dans l’eau des épithéliums.

La seule différence qui existe entre la respiration aquatique et la respiration aérienne, consiste en ce que la première s’opère au moyen d’appareils moins parfaits; mais il y a homologie parfaite entre le système respiratoire des Holothurici , par exemple, (système de vases ramifiés qui se remplissent d’eau et se vident alternativement) et le poumon des Mammifères.

524. Nous ne ferons pas le résumé de cette partie sans parler de quelques expériences qui présentent peut-être l’attrait de la nouveauté.

(c). Expériences avec des chauves-souris.

525. Le 10 Septembre 1893 nous pûmes obtenir un certain nombre de Vespertilio albescens capturées la veille, dans les grottes de Iztapalapa, de manière qu’elles n’avaient pas pris de nourriture depuis vingt-quatre heures. Le nombre des respirations était de 180 par minute. La quantité d’oxyhémoglobiue dépassa 16% chez deux individus; et il faut remarquer que ce chiffre n’est pas très exact car l’échelle de l’hématoscope n’était pas suffisante. Nous avons compté les globules du sang avec tout le soin nécessaire et en répétant plusieurs fois les numérations jusqu’à ce qu’il n’y eut plus de doute au sujet de leur exactitude. (A cause du jeûne le nombre de globules avait peut-être augmenté un peu). Les globules ôtaient très petits mais extrêmement nombreux: chez un individu nous en avons compté:

Chez un autre:

Jusqu’ici chez aucun autre animal on en avait trouvé un aussi grand nombre; même chez les Lamas des Andes Yiault n’en a compté que 18560000. La quantité d’oxyhémoglobine est anormale aussi. Cette richesse extraordinaire du sang nous fit supposer que nos chauves-souris pourraient résister longtemps à l’asphyxie et pour nous en assurer nous en plongeâmes une dans un flacon entièrement rempli d’eau, que nous bouchâmes parfaitement. Pendant 4 minutes elle s’agita avec violence; au bout de 6m 30 les mouvements énergiqnesrcessèrent; après 7“ 10 elle fit un léger mouvement; nous pûmes en observer d’autres encore après 8m30, 9m, 9m 50, 10m 10, 10m 20, 10m 30, 10m 45; onze minutes s’étaient écoulées lorsque nous observâmes le dernier.

526. Quelque temps après nous renouvelions l'expérience avec une autre chauve-souris ( Nyctinomus brasilensis); la température de l’eau était de 19° C. Il fut plongé dans le flacon à 12h0; tout mouvement cessa au bout de treize minutes. Trois minutes après il rejeta un peu d’air; agitatation violente pendant les 5 premières minutes. Ce qu’il y a de remarquable c’est que les mouvements respiratoires continuent sous l’eau; nous on observâmes 102 au commencement et 60 seulement après onze minutes.

La résistance à l’asphyxie par submersion est donc aussi remarquable que le nombre de globules. Paul Bert a noyé bon nombre d'animaux (78): pour les Canards domestiques seulement, il indique la disparition de tout

mouvement après 8 minutes: les chiens, les chats, les phoques, les lapins, les oiseaux de plusieurs espèces meurent après trois minutes et même moins1 et sans s’agiter autant que les chauves-souris. Cette particularité ne reconnait pas d’autre cause que l’augmentation des globules du sang et nous verrous plus loin la grande résistance aussi des chauves-souris à la décompression.

527. Nous avons pesé la quantité de sang obtenu en décapitant un Nyctinomus et nous en avons trouvé environ 4 grammes sur 100 de poids, tandis que Herbst et Vanner indiquent le 5% pour la plupart des animaux: il est vrai qu’ils ont mesuré la quantité de sang qui “découle des vases” et nous ignorons de quels vases ils veulent parler, nous ignorons également la manière dont ils ont procédé.

Comme on le voit par les données précédentes, les chauves-souris possèdent une plus grande quantité de globules que la plupart des animaux; le nombre de leurs respirations est considérable, l’oxyhémoglobine très abondante dans leur sang, et proportionnellement à leur poids, le volume d’air qu’elles inspirent est très grand. Bref, ce sont de véritables magasins d’oxygène. Une chauve-souris peut être comparée à un petit foyer abondamment pourvu de combustible et avec de puissants soufflets pour activer la combustion. Qu’importe à ces êtres aériens un changement extraordinaire d’altitude, s’ils portent avec eux un formidable laboratoire qui emprisonne et accumule l’oxygène dans des proportions exceptionnelles!

Afin de nous assurer si par hasard ce serait la petite taille des Chéiroptères qui exerce l’influence principale dans les singularités de leur respiration et non l’activité qui leur est particulière, nous avons examiné une petite souris d’un poids à peu près égal à celui d’un Vespertilio et nous n’avons trouvé que 7625000 globules rouges.

528. Dans ce résumé on ne trouvera pas seulement les variations dans l’activité de la respiration que nous avons indiquées mais plusieurs autres encore que l’on trouve discutées dans les ouvrages de physiologie.

L’espèce, la taille, le poids, l’âge, le sexe, l’état de plénitude de l’estomac, le régime alimentaire, l'inanition, l’état de repos ou de travail physique et intellectuel, de veille ou de sommeil, le sommeil hivernal, la température, l’état hygrométrique de l’air, le nombre et la profondeur des

1 Physiologie comparée de la respiration, page 534.

inspirations, différents états pathologiques, môme le degré d’éclairement, sont autant de causes qni font varier l’intensité des phénomènes chimiques de la respiration. Les variations provoquées par la pins grande énergie des combustions à certains moments on chez des espèces déterminées sont entre antres:

Page 1