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CHAPITRE IX

Le typhus exanthématique n’est pas exclusif des altitudes.

1280. Tous nos ennemis crient à tue tête que cette maladie n’existe qu’à Mexico, Guanajuato, Zacatecas et sur d’autres points élevés de la République.

Un ou plusieurs médecins de l’Académie de Médecine de Mexico ont voulu excuser l’incurie de quelques municipalités , en jetant la faute de cette maladie au manque de pression atmosphérique, et non à d’autres causes que nous ne voulons pas spécifier.

Rien n’est plus facile que de prouver que le typhus exanthématique fait sentir son joug mortel sur tous les niveaux. Nous ne ferons que copier, pour cela, quelques données que nous proportionne le Dr. Bordier!

“Cette maladie est connue en Islande sous le nom de typhus fever: elle y produit Yio de la mortalité, tandis qu’à Londres elle n’y produit que 1fs0 et 0 à Paris. De l’Irlande le typhus passe en Angleterre, à Liverpool et à Manchester, à Bristol et même en Amérique. Dans l’Amérique du Nord on l’appelle maladie des vaisseaux irlandais et on l’observe à New-York, Philadelphia, Boston, Baltimore et au Canada. On l’observe aussi au Brésil, au Pérou et au Mexique.

1281. “Outre l’Irlande, il y a un autre foyer de dispersion du typhus: la Silésie. De là il s’étend à la Russie, l’Allemagne et la Belgique: toutes les guerres dans la partie orientale do l’Europe ont apporté le typhus. De la Silésie, en se dirigeant vers l’Est, le typhus passe à l’Asie Centrale et à la Chine. De la même manière qu’il arrive avec la peste bovine, les évènements politiques sont liés à la dispersion de cette maladie. L’histoire mentionne que le typhus vint pour la première fois avec l’armée de Charles Y, en 1528; au siège de Naples par Lautrec, 30000 français périrent, ainsi que Lautrec lui-même; en 1552 Charles Y, avec une armée qu’il avait reclutée dans toute l’Allemagne, vint mettre le siège devant Metz; il arriva avec 60000 hommes, 100 canons et 7000 travailleurs; mais au bout de 2 mois le typhus l’obligea à lever le siège; les français sortent alors et se lancent à la poursuite des assaillants; mais, dit Yieilleville, en voyant qu’il n’y avait que des malades, ils cessent le feu, ressemblent les dispersés et les emmènent à Metz qui fut décimée par le typhus. Yers la fin du XYI siècle, l’armée impériale conduisit le typhus en Hongrie: il fut décrit sous le nom de morbus hungaricus ; la guerre de 30 ans ne fut qu’une “ explosion ” prolongée de typhus. En 1733 on observe encore cette maladie à cause de la guerre de sucession en Pologne. En un mot, pendant toutes les guerres du XYIII siècle, le typhus de la Silésie s’étend pas à pas dans les armées de l’Europe. Yers la fin du XYIII siècle, en

1 Géographie médicale, page 247.

1793, il y eut une grande épidémie à Nantes; en 1796, l’armée autrichienne conduisit le typhus à Mantone et les troupes françaises le conduisirent à leur tour au midi de la France.

1282. “Les guerres de l’empire, en mêlant les peuples, dispersent le typhus, et les prisonniers l’emportent constamment à leurs pays; après Austerlitz l’épidémie se répand partout, dit Larrey, en suivant la ligne d’évacuation des blessés; après Jéna, le typhus s’étend au retour des blessés, en passant par Autun, Seinur, Langres; après Wagram, Tienne, remplie de blessés, fut le centre d’une épidémie qui se répandit par toute -l'Allemagne. Si l’on considère ainsi la gloire militaire, elle perd bien un peu de son prestige! Après la défaite de Moscou, le prestige se perd encore davantage: à Tienne, sur 30000 prisonniers, 25000 meurent de typhus; à Danzig 10000 habitants et 13000 soldats français succombent; à Mayence le typhus tua 30000 hommes et dépeupla la -ville. Les blessés propagent la maladie partout, et la conduisent à Kouen. Enfin, la paix européenne laissait le typhus chez lui, en Irlande et en Silésie, quand survint la guerre de Crimée; les russes communiqué reut alors le typhus aux Français et aux Anglais; de Crimée les malades l’emportèrent à Marseille, Toulon, Paris (Tal-de-Grâce) et en Algérie. Le germe déposé en Algérie devait rencontrer quelques années plus tard une belle occasion pour s’y développer: la famine de 1868!”

Comment pourra-t-on affirmer maintenant que le typhus ne tue que sur les hauteurs, quand on voit qu’il fait périr 25000 prisonniers au niveau de la mer: Tienne n’est qu’à 167 mètres d’altitude!

1283. Le Dr. Orvafianos prouve que le typhus pétéchial “s’observe aussi bien dans les régions chaudes que dans les tempérées et les froides; mais on l’y voit plus fréquemment dans les pays compris entre 16° et 13° de latitude, où la population est plus compacte.”1 Ce qui veut dire qu’il existe dans les hautes et les basses régions: il sera bon de consulter, pour s’en convaincre, les cartes N.° 20 et 21 de l'ouvrage d’Orvaûanos.

Il existe un fait très curieux: le même médecin qui à l’Académie de Médecine, imputait la fréquence du typhus à l’altitude, dit qu’à Veracruz la mortalité par cette cause est de 200 millésimes (c’est-à-dire qu’au niveau de la mer la mortalité est de 20%) et qu’à México la mortalité est de 50 millésimes, (ce qui veut dire qu’à 2268 mètres d’altitude la mortalité par le typhus atteint le chiffre de 5°/o2 (— )

1284. Le Dr. Orvafianos dit que la mortalité causée à Mexico par le typhus est de 37,60 millésimes.

Si l’opinion de l’autre médecin était vraiment fondée, on n’aurait qu’à opposer l’inertie la plus complète aux épidémies de typhus: en effet, c’est l’altitude qui en est la cause, et nous ne pouvons pas faire descendre la ville de México!

1 Geografía Médica de México, págs. 90 à 99.

2 Ibid., pág. 190.

Médecins partisans de l’action prophylactique ou curative

Abadie

. Abyssinie.

Denison

Colorado.

Hidalgo Carpic

Alvarez

. Mexique.

Detweiler

Falkenstein.

Hutinel

Arnould

. France.

Douglas Powell.

D’Orne! las

Europe.

Pérou.

Jesi

Bataille

. Larums.

Domec

Quito.

Jaccoud

Barreda

Berger et

. Mexique.

Dujardin-Beaumetz. France.

Jourdanet. . . . .

Jorlanini

Beauclair

Bennet

Egger

Davos.

Jiménez

Belina

. Mexique.

Fenelon

Mexique.

Küclienmeistei

Bertrand

. Mont-Dore.

Fuchs

Allemagne.

Biermer

"Riermann

Fuentes

Pérou.

Lancereaux . . .

Lavista

Bordier

Gartoldi

Lasalles. . ....

Boyer

Garciadiego

Guadalajara.

Licéaga

Boudin

Garmendia

Mexique.

Libermann

Brugge

. Engadine.

Gayraud

Quito.

Lindemann. . .

Brelimer

. Europe.

Gastaldi

Usseglio.

Lescalmel. . . .

Breña

. Zacatecas.

Glorig

Gran p,her

Lombard

Lobato

Cor val

. Allemagne.

Gross

Le Roy de Mé

Carbajal

Castillo

. Mexique.

Guilbert

Bolivie.

Mnssinî

Castellanos. . .

Hanot

Europe.

Mepa

Hainemann

Mexique.

Mordhorst — ;

D’Albert

Briançon.

Hernández

Mexique.

Moeller

Damaschino. .

Italie.

Hirtz.. .

Europe.

Europe.

Muller

Daremberg. . .

. Davos.

Hirscli (?)

Murillo i

1 II va sans dire que dans cette liste nous n’en nommons qu’un certain nombre, et que nom aurions besoin d’employer un nombre assez considérable de pages.

Toutes ces données sur l’action du climat des altitudes sur la tuberculose ne sont que le ré.‘i

Tableau N.° 14.

climat des altitudes, avec plus ou moins de restrictions.'

exique.

arope.

Icatecas.

irope.

exique.

alie.

exique.

Murhy

Niemeyer .

Oesterlen..

Ollive

Orvañanos

Europe.

Mexique.

Seco Baldor. . . .

Schlagintweit. . .

Scrivener

Schepp

Senac-La grange.

Smith

Spengler

Stoll

Penticosa.

Asie.

Amérique du Sud.

Eaux Bonnes.

Pérou.

Davos.

irope.

irope.

exique.

exique.

exique.

trope.

îxique.

S. France.

urique.

,rope.

lisse.

Pasta

. Monte Generoso.

Pâtissier

. Mont-Dore.

Parola

. Italie.

Peter

. Europe.

Peeters

. Davos.

Pietra Santa.. .

. EJurope.

Pidoux

. Europe.

Prévost

. Zacatecas.

Ponce

. Zacatecas.

Pombo

Mexique.

Puga Borne. . . .

. Chili.

Restrepo

Bogota.

Rey

Reyes

Mexique.

Riva-Rocci. . . .

Italie.

Rohden

Raikie

Nilgherries.

Ruehle

Ruiz

Mexique.

Thaon

. Europe.

Thomson

. Afrique et Océanie.

Toner

. Etats-Unis.

Torres (J)

Zacatecas.

Torres (R)

. Zacatecas.

(Tschudi

. Pérou).

Useky

. Gesseneg.

Williams

Weber (H) ....

Wolff

. Davos.

Valenzuela. . . .

Mexique.

Villemin

Vasconcelos. . .

. Mexique.

Ya cher

Davos.

Zapater

Pérou.

-ans pas tous ceux qui admettent l’influence bienfaisante de l’altitude, car pour le faire nous

un travail considérable présenté in extenso à la Société Scientifique “Antonio Alzate.” (1897).

Les scrofules sur les altitudes.

1285. Dans la statistique qui snit il est fait mention des données que nous avons pu recueillir dans divers ouvrages, et surtout dans la “Climatologie Médicale” de Lombard.

1286. Les scrofules, d’après le Dr. Orvañanos, donnent un contingent de 1.97 pour 1000 au Mexique.1

Mr. le Dr. Mejia assigne pour les scrofules et “leurs diverses manifestations” 150 décès sur un total de 84416 pendant 10 ans à Mexico.2

A 2268 mètres sur le niveau de la mer les scrofules font donc moins de victimes que dans les régions basses. On a tiré cette conclusion en comparant Mexico avec 24 autres localités. Il n’y a que le Canada qui présente des chiffres létliifères moins considérables. Lima donne un nombre de décès qui s’approche fort de celui de Mexico: n’oublions pas que la tuberculose fait à Lima beaucoup plus de victimes que dans n’importe quel centre populeux européen.

Lombard assure qu’en Suisse les scrofules sont très communes dans les régions montagneuses d’une moyenne élévation, et qu’elles sont moins communes sur les hautes régions. Dans la vallée de l’Inn, chez les Grisons, on les rencontre moins nombreuses que dans d’autres vallées des Alpes et du Jura, à cause de l’élévation de la première sur les suivautes.3

Sur les plateaux élevés do l’Equateur, du Pérou et du Chili les scrofules font aussi leur apparition; mais elles y sont plutôt rares que fréquentes.4

1287. Il existe des causes d’erreur dans les statistiques qui nous ont servi pour former la table précédente; le résultat n’en est pas moins très intéressant, parce qu’ alors même qu’on quitterait les chiffres qui se rapportent aux localités basses, les décès causés par les scrofules mésentériques, etc., on arriverait toujours au même résultat, à savoir, que cette maladie est moins mortifère an Mexique.

Nous croyons pouvoir rappeler que la sécheresse, l’une des conditions les plus importantes du plateau mexicain, s’oppose jusqu’à un certain degré aux scrofules qui se développent plus facilement sous l’action de l’humidité.

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