MORTALITÉ PAR TUBERCULOSE SELON LA HAUTEUR ABSOLUE DES LOCALITÉS
ces de nationalité, enfin l’époque même où ils ont vécu n’ont pas causé parmi eux une divergence très grande d’opinion au sujet du principe fou-, damental de l’action bienfaisante des altitudes. Nous croyons qu’un si grand nombre de témoignages a quelque valeur; nous n’ignorons pas cependant que certaines erreurs se généralisent bien vite: tous les médecins croyaient auparavant à l’utilité des climats chauds pour la guérison de la tuberculose. S’ils se trompent aussi sur ce point, on ne dira pas du moins que nous sommes les seuls à être tombés dans l’erreur. Mais cherchons d’autres preuves.
Comparaison des statistiques de mortalité par la tuberculose sur différents points du monde.
1289. Cette manière d’investigation, bien qu’acceptée par tout le monde, n’en est pas moins difficile et périlleuse d’après l’avis de tous, surtout quand il s’agit d’arriver à des résultats très précis. Mais si on s’en tient aux résultats généraux et aux comparaisons générales, il est alors plus facile d’obtenir des renseignements très utiles, quand bien même on ne concédera pas aux chiffres qu’on aura obtenus une exactitude absolue.
Comme on pourra le voir dans le tableau N.° 5, nous avons signalé graphiquement la corrélation qui existe entre l’altitude et la mortalité par la tuberculose dans plus de 65 localités.
Nous ferons remarquer que nous avons préféré annoter la mortalité causée par la tuberculose pour chaque centaine de décès causés par d’autres maladies, parce que nous croyons que les chiffres de mortalité pour chaque centaine d’habitants sont d’une exactitude assez douteuse, au moins dans plusieurs cas. Si nous adoptons au Mexique le nombre d’habitants signalé par quelques autorités récentes, la proportion des morts est plus grande que si nous acceptons le calcul de la population fait, par exemple, en 1857. Cependant nous présenterons un peu plus loin quelques données au sujet de la mortalité en relation avec la population, mais nous ne leur concédons qu’une valeur secondaire. La statistique qui regarde Mexico peut être exacte en ce sens, que tous les décès sont enregistrés par le Gouvernement du District, mais il peut y avoir de graves erreurs: on ne diagnostique pas toujours les cas de tuberculose; on ignore quelquefois la véritable cause de la mort; on y compare non seulement la mortalité des maladies entre elles, mais aussi les maladies et les causes accidentelles, mécaniques pour ainsi dire, que les ont déterminées (comme blessures, etc.); dans quelques statistiques il est fait mention des cas de mort par phthisie
pulmonaire, dans d’autres, des décès par tuberculose de divers organes et dans quelques-uns tout y est confondu.
Chacun des chiffres fournis par le Dr. Toner se rapporte à la mortalité d’un seul Etat, et il y en a dont le territoire présente des différences considérables de niveau. En outre, les statistiques du Dr. Toner sont déjà très anciennes.
A part cela, un nombre variable mais très important de phthisiques accourent des régions basses aux populations des altitudes: quelques-uns ont déjà passé la période où l’on pourrait espérer leur guérison et viennent mourir à Jauja ou à Mexico, où ils augmentent par le fait même le chiffre de la mortalité de ces endroits.
Détermination des divisions fondamentales auxquelles on peut soumettre-
l’ensemble des statistiques.
1290. Nous ne prétendons pas généraliser cette classification pour tous les cas: nous serons satisfaits, si elle peut être de quelque utilité dans le cas présent.
Groupes selon l'altitude. Groupes selon la mortalité.
I jusqu’à 2400 mètres. I 0 à 9 pour 100
II 0 à 700 ,, II 10 à 19 pour 100
III 0 à 100 „ III 20 à 29 pour 100
Si on ne tient pas compte des exceptions à la loi générale de la diminution de la phthisie par rapport à l’altitude, les groupes de mortalité par 100 et l’altitude s’accordent suffisamment.
Hauteurs où l’on observe le maximum et le minimum de mortalité.
1291. Peut-on dire que le minimum qu’on voit dans le tableau coïncide avec le maximum de l’altitude? Nullement, puisque la mortalité va de 0 à 0,9 entre 600 et 2400 mètres. Au Mexique on peut assurer quelle coïncide avec le maximum d’altitude.
Par contre, le maximum de mortalité coïncide toujours avec le minimum d’altitude. (Lima, Havane, etc.)
Le groupe IH ne présente pas des moyennes , ni des mínima mais bien des maxima; on y rencontre cependant des endroits qui n’arrivent jamais à 100 mètres.
Hauteur où l’on remarque la moyenne de mortalité.
1292. Si nous pronons comme telle celle qui n’est pas moindre que 10 et qui ne dépasse pas 15, on la rencontre entre 100 et 762 mètres. Nous ne tenons pas compte de deux exceptions: Jauja et l’Etat d’Idaho, (1742 mètres). Quant à la première de ces deux localités, on a déjà dit qu’elle ne sert pas à établir des comparaisons; au sujet de l’Etat d’Idalio, nous ferons remarquer qu’une grande partie de son territoire est à 1000 mètres.
Localités situées à diverses altitudes présentant une mortalité qui décroît des moins hautes aux plus élevées.
1293. Si au lieu d’ordonner nos données statistiques par ordre décroissant de mortalité, nous les rangeons par ordre descendant d’altitude, nous obtenons l’état suivant:
Altitude. Localités. Mortalité.
1294. 2400 mètres. Zacatecas 0.90.
2300 ,, à 2200 mètres. Tlalpam, etc 1.00.
2268 ,, Mexico 7.53 à 4.8.
2200 ,, Guadalupe, etc 3.00.
1982 ,, Colorado 8.53.
1830 ,, Arizona 2.52.
1742 ,, Engadine 0.
1742 „ Idaho 10.00.
1677 „ Utah 7.07.
1647 ,, Nevada 4.89.
1616 ,, New Mexico 3.87.
1556 Oaxaca 2.08.
1400 ,, à 1300 mètres. Suisse 0.10.
1372 ,, Montana 9.18.
1306 ,, Briançon 0.
762 ,, à 0 mètres. 0jusqu’à26.
1295. Ce tableau prouve en premier lieu qu’il y a toujours des exceptions qui s’opposent constamment à la généralisation. C’est ainsi qu’à Engadine la mortalité est 0,90 moindre qu’à Zacatecas, malgré sa situation à 658 mètres plus bas; si nous comparons Mexico avec Briançon le phé-
nomène est encore plus remarquable, puisque la mortalité est nulle dans la seconde de ces localités, taudis que daus la première, qui est à 962 mètres plus haut, la mortalité est de 7,53 pour 100. Nous considérons ces exceptions un peu plus loin, et nous pourrons ainsi dresser un nouvel état d’où uous les éliminerons.
Altitude. Localités. Mortalité.
1296. 2400 mètres Zacatecas 0.90.
2300 ,, à 2200 mètres. Tlalpam, etc 1.00.
1830 ,, Arizona 2.52.
1616 ,, New Mexico 3.87.
On remarquera que les statistiques que nous avons compilées sont insuffisantes pour former un état où il puisse conster que la diminution de la mortalité est mathématiquement proportionnelle à l’altitude.
En voici la raison:
1297. Il y a des circonstances qui diminuent ou favorisent la bienfaisante influence de l’altitude.
Ce principe peut être compté parmi ceux qui s’imposent par eux-mêmes. Qui donc ne conviendrait pas avec nous que la densité de la population, par exemple, les causes profesionnelles, les coutumes, l’observance plus ou moins judicieuse de l’hygiène, sont autant de causes qui peuvent contrarier ou favoriser l’action salutaire de n’importe quel climat?
Commençons par étudier l’effet de la densité de la population.
1298. Le Dr. Bordier démontre pleinement, avec de bonnes preuves à l’appui, que quand elle augmente, la mortalité par la phthisie augmente aussi:1 elle est de 2,87 à Londres, de 0,37 dans le District de Tavistsck qui a 80000 mètres carrés, tandis que le District de Londres n’en a que 84.
La population du District de Columbia (Etat-Unis) est très considérable: 2057 habitants par kilomètre carré; l’altitude est de 115 pieds, la mortalité par phthisie de 21.93 pour 100, tandis que daus la Floride il n’y a que 3 habitants par kilomètre carré, l’altitude y est de 60 pieds, et la mortalité 4 fois moins considérable.
Etat ou Territoire.
Altitude.
Habitants par mille carré.
Mortalité par la tuberculose.
West Virginia
1050 pieds.
Texas
Minnesota
Floride
CO
1300. Nous rappellerons à nos lecteurs que la Floride ne figure que comme exception dans notre premier groupe, et on conçoit facilement que sa population moins considérable soit la cause du petit nombre de cas de tuberculose, bien que sa hauteur soit insignifiante.
1 Géographie Médicale, page 331.
Dans l’Etat de Zacatecas la mortalité n’est que de 0,90 %> son altitude est fort semblable à celle de Mexico. Mais cet Etat a 389664 habitants distribués sur une superficie de 68855 kilomètres carrés, tandis que dans la Tille de Mexico la mortalité est de 7.53, et contient presque autant d’habitants que l’Etat de Zacatecas. En ontre, l’air de Zacatecas est très sec, beaucoup plus qu’à Mexico.
1301. Mais si avec l’altitude on fait entrer comme facteur la densité de la population, ou arrive à prouver que quand celle-ci est égale, la tuberculose diminue avec la hauteur, et ou observe même que quand la population d’un endroit élevé est un peu plus considérable, la mortalité j diminue d’une manière remarquable.
1302. Prenons Mexico comme terme de comparaison:
Altitude.
Localités.
Nombre
d’habitants.1
Mortalité pour 100.
mètres.
Alexico (Ville de)
Colorado (Etai de)
Nebraska ,,
Montana ,,
Idaho ,,
Dakota h
Washington (Territoire). .
Kansas (Etat de)
West Virginia (Etat de)...
Oregon .
Delaware ,,
Vermont ,,
Rliode Island ,,
New Hampshire ,,
Lima
Veracruz
Havane
On peut déduire de ces données que Mexico, malgré la deusité de sa population, qui est plus considérable que 14 localités plus basses et égale à celle de Kansas et de "West Yirgiuia, qui sont aussi des régions plus basses, présente cependant un chiffre de mortalité moins considérable.2
1303. Au premier coup d’œil on pourrait croire que les deux opinious que nous venons de développer se contredisent manifestement. Les voici:
1. ° A plus grande densité de population, un endroit plus bas qu’un autre offre une plus grande mortalité.
2. ° Un endroit plus haut qu’un autre et moins peuplé peut offrir un plus grand chiffre de mortalité qu’un autre plus bas.
1 Ces chiffres ne sont qu’approximatifs, selon Toner.
2 Breña dit qu’à Pau il n’y a que 3 décès par phthisie, et la ville compte 25000 habitants, tandis qu’à Zacatecas (population presque double) on n’en registre aucun cas pendant de longues années.
Cette contradiction n’est qu’apparente, parce qne si on établit les comparaisons entre des localités qui diffèrent beaucoup par leur altitude, on verra toujours qne les pins élevées présentent la mortalité la moins considérable, et encore beaucoup moins , si elles sont relativement peu peuplées
ISTons avons déjà dit qne Zacatecas et Mexico sont presque à la même * hauteur, mais qne la population de Zacatecas est moins grande; si à cette raison on ajoute la sécheresse de cette ville, nous aurons peut-être la cause de la diminution de sa mortalité. Dans les endroits qni n’arrivent pas à 1000 mètres de hauteur il pourra se faire qne la tuberculose y diminue non pas tant pour la différence presque insignifiante de la pression, mais plutôt pour le nombre moins considérable d’habitants, et quelquefois peutêtre à cause de certaines influences climatériques, comme le froid et la sécheresse.
1304. Quand la différence de niveau est plus petite les variations dans le nombre des décès causés par la phthisie pulmonaire, sont encore plus fréquentes: l’altitude, quand elle n’est pas considérable, n’oppose pins la même énergie contre les influences mésologiques qui favorisent le développement de cette maladie.
. 1305. La Caroline du Sud apparaît dans nos statistiques en même
temps que l’Etat du Maine: ces deux régions ne diffèrent pas beaucoup quant à l’altitude (la seconde est à 375 m. et à 350 la première); mais elles diffèrent énormément quant à la mortalité (25,75 pour le Maine et 8,90 pour la Caroline du Sud). La population ne diffère pas beaucoup (20,75 par mille carré et 17,91).
Quand on examine de près les particularités du climat de ces deux Etats, ou j voit des différences très importantes:1
Maine. Caroline du Sud.
1306. Temps nébuleux plus fréquents. Température: 65 F.
Température: 40 à 45° F.
Humidité plus grande au Printemps.
Une humidité plus considérable peut influer d’une manière particulière sur le développement de la phthisie.
1307. D’aiitre part les auteurs européens ont démontré que la mortalité est plus considérable dans les populations industrielles que dans les agricoles, ce qui peut influer pour que la phthisie ne soit pas si commune dans les villages de cultivateurs, quand bien même l’élévation de ces endroits sur le niveau de la mer ne soit pas bien grande.
1 Denison. Climates of the United States. Chicago, 1893.
1308. Comparaison des statistiques partielles.
Hôpitaux.
Mortalité.
Altitude.
Hôpital Coehin
Moins de 100 mèlres.
Civil de Zacatecas.
2400 mèlres.
de San Migue! de Belén (10 ans),
Guadalajara.
de San Andrés
Militaire (10 ans)
de Morel ia
de San Juan de Dios (Toluca)
de 1
1309. Les conditions hygiéniques vraiment mauvaises où se trouvent les militaires expliquent parfaitement bien le chiffre élevé de la mortalité inscrit dans les registres de l’Hôpital Militaire. Mais si nous comparons ce chiffre avec celui que nous proportionnent les statistiques européennes, nous verrons qu’il existe une différence notable en faveur des altitudes mexicaines, même chez les militaires.
1310. C’est ainsi qu’à l’Hôpital Mexicain la mortalité des phthisiques parmi les 6000 hommes que comptait l’armée, de 1868 à 1876, a oscillé entre 5 et 19 par an, c’est-à-dire entre 0.8 à 3.1 pour 1000; tandis que dans l’armée anglaise le nombre des morts ou les hommes déclarés inaptes pour le service militaire pour cause de phthisie s’élève à 7.82 pour 1000. Ho us ferons remarquer qu’en Europe on n’admet pas les individus phthisiques ou qui ont une prédisposition à la phthisie au moment où ils entrent à Larmée; en outre, les soldats européens vivent dans des conditions hygiéniques meilleures que celles de nos casernes. Au Mexique ou ne met pas grand soin à choisir les hommes destinés au service militaire.
1311. Les statistiques des Hôpitaux civils de Mexico sont à coup sûr inexactes. Quand elles se rapportent au nombre de malades qui y sont entrés dans une période de temps déterminée et non pas au nombre de cenx qui sont morts de phthisie, ou ne doit pas oublier qu’un même malade peut entrer, sortir et rentrer de nouveau à l’Hôpital un grand nombre de fois, et qu’il apparaît, par conséquent, dans plusieurs computs, comme s’il s’agissait de plusieurs personnes. Et cependant, même dans ce cas, les statistiques nous sont favorables.
Nous ferons remarquer aussi que d’après le Dr. Beliua la tuberculose attaque surtout les individus de la classe indigente et que ce sont eux qui remplissent les salles des hôpitaux do Mexico.
1 D’Après Jiménez (cité par Belina).
1312. La statistique de l’Hôpital de Jésus (Ville de Mexico) qu’ou a rédigée avec le plus grand soin depuis 1851, offre le plus grand intérêt, parce “qu’on a fait l’autopsie de tous les cadavres.” D'après le Dr. Vertiz, les tuberculeux y sont entrés 8.47 pour 100, pendant une période de 27 années, sur 5476 entrées générales.
1313. Par contre, dans la capitale du Chili il y meurt tous les ans aux hôpitaux entre 900 et 1000 phthisiques. En 1884 les décès de phthisiques furent de 40 pour 100 à l’Hôpital de St. Vincent, et de 46 pour 100 à l’Hôpital de la Charité à Valparaíso. 1 Ces chiffres sont tout simplement épouvantables.
1314. Nous devons faire l’observation que tout dernièrement on a fait l’autopsie de presque tous les morts à l’Hôpital de San Andrés et on a trouvé une proportion aussi épouvantable de tuberculeux: mais on dit qu’il y a là quelques causes puissantes que nous ne pouvons discuter ici.
IbESTJME
1315. La statistique prouve que le maximum de mortalité appartient aux régions basses, et que le minimum, aux régions hautes.
Que dans plus de 60 cas la courbe de la mortalité s’élève à mesure que la courbe des altitudes descend.
Qu’il n’y a pas de décroissance mathémathiquement proportionnelle de la mortalité, à mesure qu’on s’élève davantage sur le niveau de la mer. Il y a probablement des causes secondaires qui diminuent ou favorisent l’influence de l’altitude, car cette influence existe toujours.
1316. Que la mortalité, à une même hauteur, est souvent moins considérable quand la densité de la population est moins grande.
Qu’il est vrai, cependant, qne de deux endroits situés à des niveaux très distincts , ayant une population semblable, le plus élevé est celui qui compte nue mortalité moins considérable.
Que les statistiques partielles démontrent la même chose que les générales.
1317. Qu’à Mexico, même chez les pauvres et chez les soldats, le nombre de décès causés par la tuberculose est moindre que dans les régions basses de l’Europe.
Pour pouvoir juger de l’importauce des climats d’altitude comme moyens prophylactiques et thérapeutiques, nous allons faire le calcul suivant:
La mortalité à Paris est de 20 pour 100; elle oscille entre 20 et 26 dans
1 F. Puga Borne. Elementos de Higiene. Santiago de Chile. 1891, Yol. II, pág. 922.
les autres localités basses qui ne s’élèvent pas à 500 mètres, comme nous venons de le voir dans notre statistique. (Nous ne faisons pas cas des exceptions). La moyenne de la mortalité des régions qni ne s’élèvent pas à 500 mètres, d’après les statistiques de 35 localités, est près de 14.60 pour 100.
1318. Dans 20 localités qui dépassent les 500 mètres, elle est de 3.85.
La mortalité causée par la tuberculose est donc 4 fois plus grande entre 0 et 500 mètres qu’entre 500 mètres et davantage, clans notre cas particulier, comme le prouve l’examen des statistiques de 55 localités.
En d’antres termes, il est probable, si nous supposons égales les autres conditions, que si dans des régions situées à moins de 500 mètres la tuberculose fait, par exemple, 1000 victimes, elle n’eu fera que 255 à une hauteur de plus de 500 mètres.
1319. Yoici un autre résultat, et non des moins importants, qni résulte de la comparaison des statistiques: la mortalité diminue avec la hauteur dans des localités très distinctes, situées il des distances énormes les unes des autres et il des latitudes très diverses. Voilà une donnée qui fait prévoir la difficulté qu’on éprouvera pour pouvoir découvrir les causes de l’immunité ou de la guérison.
Quand on fixe l’attention sur des localités situées à plus de 1000 mètres, on pourra peut-être rencontrer une ressemblance climatologique suffisante pour expliquer le fait général par des causes générales et constantes; mais les petites altitudes sont réfractaires à l’analyse, et on se voit obligé à se servir d’une autre espèce de raisonnement.
1320. Enfin, pour nous confirmer dans notre opinion ou pour l’abandonner complètement, nous demandons qu’on nous présente des statistiques des régions basses qui fournissent un nombre moins considérable de morts que les statistiques des endroits suffisamment élevés. Cela va sans dire qu’on devrait nous présenter celles des régions basses, assez peuplées et en grand nombre, et qui ne devraient pas trop s’approcher du cercle arctique; ces régions devraient aussi alimenter une population en contact plus ou moins direct avec les foyers d’infection. (En Polynésie, par exemple, la phthisie y était rare pour no pas dire nulle, mais les Européens l’y ont apportée; maintenant elle y décime les populations). Eu outre, ou ne devrait pas oublier non plus l’importance qu’on doit attribuer, dans les régions hautes et basses, au degré de sécheresse de l’atmosphère. (Vid. chap. XI).