‹ La vie sur les hauts plateauxChapitre 249 sur 268 · CO O CM · texte numérisé non relu

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RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

a. L’homme est destiné à vivre sur la terre, aussi doit-il connaître sa demeure. La montagne doit lui présenter le même intérêt que la plaine, il doit connaître tout pour être à même de profiter de tout.

b. L’immense superficie des hauts plateaux est-elle habitable? A quel prix pourrait-on les habiter? Quelles sont les conditions favorables qui mettent l’homme en état d’y atteindre le maximum de son bienêtre? Quel est le préjudice qu’ils pourraient lui porter?

bp L’ancienne théorie qui compte parmi ses partisans des savants de renom, nous dit: que dans l’immense surface des plateaux la vie se développe d’une manière imparfaite et que les conditions atmosphériques, la diminution de l’oxygène, occasionnent un malaise physique et morale de terribles conséquences. (Théorie de l’Anoxyhémie barométrique).

b. 2 La théorie actuelle appuyée dans cet ouvrage, cherche à fournir la preuve, qu’au contraire, dans ces plateaux immenses la vie se développe d’une manière parfaite, et que les conditions atmosphériques, la diminution de l'oxygène occasionnent des modifications qui entraînent raeclimateinent et racclimatation, et que l’homme peut y atteindre le maximum de son bienêtre physique et moral.

c. L’ancienne théorie niait la possibilité de tout progrès et bienêtre des innombrables peuplades des altitudes. La doctrine psycho-physiologique établissait qui par suite de l’anoxyhémie les facultés intellectuelles diminuent ou sont plus fugaces, qu’il n’y a pas de passions ou que celles-ci ne sont que faibles, que l’inertie et la paresse morale y dominent. L’avenir politique et social de ces peuples est problématique et même exposé à de graves dangers, les habitants de ces pays manquent de constance, d’énergie et du sentiment patriotique nécessaires à leur développement. Au surplus la population n’augmente pas dans les proportions indispensables.

Du point de vue exclusivement physiologique l’ancienne théorie cherche à prouver que les fonctions organiques ne se font que d’une manière imparfaite par manque d’oxygène, depuis l’hématose jusqu’aux fonctions de la reproduction. On no peut y vivre qu’en diminuant l’activité, c’est-àdire, en réduisant la consommation de l’oxygène à un minimum.

Du point de vue pathologique l’ancienne théorie prétend que l’auoxyhémie, qui d’ailleurs, d’après elle, se révèle dans tous les états morbides de l’organisme, influence défavorablement toutes ou presque toutes les maladies des habitants des hauts plateaux.

c. 1 La théorie actuelle, basée sur des faits énumérés dans cet ouvrage, cherche à établir que ces appréciations sont inexactes.

d. Selon l’ancienne théorie, rimmigration aux altitudes serait préjudiciable à l’espèce humaine, les immigrants perdant leurs qualités originelles et devenant victimes de l’anoxyhémie. Par conséquent dans les altitudes on ne pourrait compter avec l’immigration, un des grands moyens du but final: le progrès des nations. En outre certains essais de colonisation ont échoué, leurs instigateurs ne pensant qu’à conserver le niveau de la patrie des colons sans tenir compte du changement complet des autres conditions vitales prédominantes.

d. 1 La théorie actuelle se prononce pour l’acclimatation dans les altitudes, pour la colonisation dans ces régions par des hommes vivant sur les niveaux plus bas.

e. Du point de vue de l’étude des variations que l’atmosphère subit dans sa pression et dans la quantité d’oxygène qu’elle contient, deux groupes fondamentaux se distinguent: l’atmosphère des grandes altitudes et l’atmosphère des bas niveaux. Il est nécessaire d’établir des groupes analogues pour les végétaux, les animaux et les hommes, en les étudiant séparément, passant de l’investigation analytique des influences atmosphériques à l’investigation générale de l’influence de l’air des altitudes sur les organismes, depuis les plus simples, les végétaux, aux plus compliqués, les hommes.

e.1 Suivant l’ancienne théorie, l’atmosphère raréfié contrarie le développement des végétaux.

e.2 Suivant les faits allégués dans ce livre les végétaux arrivent dans les altitudes au maximum de leur vigueur. L’acclimatation de nouvelles espèces dans les régions élevées est possible quand les conditions de température montrent quelque ressemblance. Par l’examen des espèces alpestres on arrive à démontrer leur existence sur différentes hauteurs, quelle que soit la pression atmosphérique.

Voulant limiter les aires géographiques de chaque type on trouve que ce sont d’antres conditions, surtout les conditions thermologiques qui déterminent la distribution verticale. Il en est de même avec l’homme et les animaux.

Les plantes se trouvent sur une hauteur d’autant plus grande qu’elles s’approchent de l’équateur. Les limites de la végétation ne se déterminent pas par le degré de la raréfaction de l’air mais par le froid, c’est-à-dire par la distance qui les sépare des neiges éternelles des montagnes. Ainsi se trouve éclairci un point important de la chorologie botanique, qui est

d’une valeur capitale pour l’agriculture pratique. Il s’établit en effet, que les plantes utiles à l’homme, vivent et s’acclimatent très bien sur les hauteurs et que l’introduction de nouvelles espèces est possible et même avantageuse quelque grande que soit la différence de l’altitude, pourvu que la température ne diffère pas beaucoup. Par contre les espèces utiles des endroits élevés peuvent s’acclimater dans les niveaux inférieurs. De même, et ceci s’applique à l’homme, h l’auimal et aux plantes alpestres, ou ne constate aucune diminution de la taille qui pourrait être attribuée à la composition de l’atmosphère.

e.3 Le mécanisme de l’acclimatation est complexe.

Les expériences relatées dans cet ouvrage démontrent que la surface et l’activité respiratoires augmentent dans l’air raréfié et que les plantes sont plus grandes et vigoureuses sur les altitudes.

e.4 La lumière plus forte des altitudes ainsi que la sécheresse et la pression plus faible influencent favorablement la formation de la chlorophylle, la décomposition de l’acide carbonique, la formation de l’amidon et d’autres substances servant de réserve, les mouvements du protoplasme,1 la formation de tissus en palissade, la multiplication des cellules épidermiques, l’énergie de la transpiration, l’absorption de l’oxygène.

e.5 Cette activité vitale plus remarquable entraîne la plus grande richesse des végétauk des altitudes dans un grand nombre de ses éléments, et l’analyse chimique démontre l’augmentation des stéarôptènes, des tannins, des alcaloïdes, et des éléments immédiats, comme par exemple l’arbntine, les acides organiques, plusieurs substances albuminoïdes, etc.

Dans la Valériane des altitudes nous trouvons l’acide valériqne dans le maximum de son oxydation, acide que n’est pas formé (par oxydation) dans l’espèce des bas niveaux. Dans toutes ces observations on trouve déjà plusieurs applications pour la médecine, la pharmacie et l’industrie.

e. 6 Si nous admettions avec l’ancienne théorie que les plantes des altitudes subissent des manifestations contraires à celles qne nous venons de signaler, si l’on trouvait la diminution des éléments qui forment la nourriture de l’homme et des animaux, quels seraient les préjudices qui eu résulteraient pour l’un et pour les autres? Heureusement il n’en est pas ainsi. L’analyse chimique démontre que ces éléments n’ont pas diminué et que le maïs, par exemple, contient une grande proportion de substances azotées, de graisses, etc. Les végétaux obéissent à une devise éternellement vraie: Semper cisceîidens.

f. Suivant l’ancienne théorie l’air raréfié est nuisible aux animaux.

f.1 Suivant la théorie moderne les animaux s’acclimatent parfaitement bien anx conditions des altitudes.

f.2 Les animaux de même que les plantes et l’homme se répandent dans

1 Théorie de A. L. Herrera sur les mouvements du protoplasma par dégagement de leur acide carbonique.

les altitudes sans se laisser arrêter par la raréfaction de l’air, mais ils sont aussi arrêtés par le froid: les animaux doués d’une organisation supérieure ne montrent point plus de capacité et d’inclination de monter sur les hauteurs et d’y vivre que ceux d’une moins robuste constitution. De même que les plantes et l’homme, les animaux recherchent des altitudes d’autant plus grandes qu’ils s’approchent de l’équateur. L’origine de la faune alpestre par des émigrations accidentelles, récentes, actives ou passives, exclut l’idée d’un effet néfaste de la raréfaction de l’air, tandis que l’influence de la température paraît prédominante. Le fait que beaucoup d’espèces émigrent périodiquement aux altitudes s’y établissant tout de suite et y vivant en pleine prospérité, prouve que rácclimatation se fait dans beaucoup de cas excessivement vite. Il y a d’ailleurs une étroite corrélation entre la distribution verticale des végétaux et des animaux, spécialement des herbivores et des insectivores. Lcà même où d’après l’ancienne théorie les conditions atmosphériques devraient contrarier son développement, se trouve une faune riche, variée et vigoureuse. Un grand nombre de types existe à la fois dans des pays situés très haut et très bas, ou seulement soit dans les altitudes soit dans les bas niveaux.

f.3 L’adaptation des animaux aux conditions des altitudes est nécessaire, ce que s’entend aussi bien pour l’homme et les végétaux.

En effet, les animaux mammifères sont sujets au mal des montagnes et obligés à passer une période d’acclimatation plus ou moins pénible: les symptômes observés sont en général analogues à ceux observés chez l’homme. Parmi eux ou cite le asoleo des chevaux mexicains, maladie persistante et inguérissable du moment qu’on l’attribuait au manque de pression d’air: dans cet ouvrage nous démontrons que cette maladie n’existe pas seulement sur les altitudes et n’est pas la conséquence du manque de pression.

f.4 L’adaptation existe: il n’y a pas de danger que les races importées aux altitudes ou envoyées d’ici aux bas niveaux dégénèrent, ce qui a son importance pour la zootechnie et les entreprises agricoles et industrielles eu général. Les variations de la taille ne manifestent pas une corrélation quelconque avec la raréfaction de l’air. Il n’est pas rare que les géants d’un groupe taxinomique vivent à une grande hauteur sur le niveau de la mer. Le pilosisme parfois extraordinaire des animaux alpestres ne montre aucunement un état de faiblesse, de même que l’hypercromisme, qui peut aussi indiquer l’existence d’un habitus catabolique.

Il est inexact que l’acclimatation soit imparfaite et que les espèces animales soient incapables de déployer dans les altitudes le minimum de leur vigueur. Ceci est surtout intéressant pour l’agriculteur, l’industrie, etc. Cet ouvrage démontre que les animaux utiles à l’homme conservent leur vigueur sur les hauts plateaux du Mexique, de l’Asie, etc. La fécondité n’est pas diminuée, les sécrétions et les éléments toxiques, sont remarquables

par leur abondance et activité (le musc, la cantharidine, le lait et d’autres produits). La longévité n’est pas inférieure à celle des bas niveaux.

Dans les cloches pneumatiques les animaux s’acclimatent vite et ne ressentent même pas d’effets fâcheux pendant la gestation, ni les parents ni les' petits. En résumé: racclimatation est très possible (aussi bien dans les altitudes que dans les bas niveaux) et la réussite encore plus sure si les différents niveaux se trouvent sur la même ligne isotherme.

Un changement lent est utile mais pas indispensable. (Acclimatation parfaite des principaux animaux domestiques de l’Europe en Anahuac, types qui conservent leurs qualités originales à travers de plusieurs générations et obtiennent des prix dans les concours). Ces essais sans doute ont eu des résultats pratiques, aussi, espérons-nous qu’à l’avenir nos entreprises zootechniques, qui contribuent tant à la richesse d’un pays, profitant des idées et faits exposés dans cet onvrage seront mieux administrées et plus rémunératrices.

Il est de plus nécessaire de savoir à quel degré d’acclimatation les animaux des altitudes sont arrivés, car si leurs produits qui nous servent d’aliments étaient modifiés à la suite de l’anoxyhémie, l'homme s’en ressentirait. Nous avons vu qu’aussi bien les produits alimentaires d’origine végétale que ceux d’origine animal n’ont pas changé d’une manière défavorable, et que les habitants des altitudes peuvent conserver leur ancien régime aussi bien en ce qui concerne la qualité que la quantité.

f 5. L’acclimatation s’établit par des mécanismes intéressants à connaître. L’acclimatation sur les altitudes est un cas particulier de l’adaptation qui mantient l’uniformité des conditions du milieu intérieur, c’est-à-dire dans notre cas, l’uniformité des conditions respiratoires. L’oxygène sollicité par l’affinité chimique ’de l'hémoglobine passe à travers des membranes respiratoires au fur et à mesuré de la nécessité, la combinaison étant indépendante de la pression. Il y a dans les altitudes des mécanismes qui contribuent à multiplier le contact de l’air et du sang. Le nombre des respirations et des pulsations ainsi que la capacité respiratoire des poumons augmentent, et sans doute à la suite de la plus grande densité du sang (nombre plus grand des globules, quantité supérieur de l’hémoglobine, etc.) la capacité do ce liquide d’absorber l’oxygène s’élève à un degré supérieur. Ces mécanismes sont très importants et intéressent surtout le vétérinaire, toute personue qui s’occupe d’entreprises zootechniques et même celui qui s’adonne à la physiologie de l’homme. Des faits constatés dans l’organisme des animaux nous montrent ce qui se passe dans celui de l’homme, ou du moins, nous donnent-ils lieu à de nouveaux problèmes qu’il faut soumettre au critérium de l’observation et de l’expérience.

Quelques espèces qui par leur organisation et manière de vivre sont exposées aux changements rapides de pression, possèdent des mécanismes particuliers qui méritent d’être connus, surtout ceux qui contribuent à dis-

tribuer la pression intus et extra , rendant ainsi impossible le déséquilibre des pressions et ses conséquences.

En résumé, les animaux comme les plantes, obéissent à la loi éternellement vraie, “ Semper ascendens ” et non “ Semper descendais .”

g. La distribution verticale de l’homme est indépendante des variations barométriques et de la quantité d’oxygène qne l’air contient.

Les peuples des altitudes sont innombrables.

La théorie actuelle une fois adoptée, fait disparaître tons les dangers imaginaires qui d’après l’ancienne théorie menaçaient tons ceux qni avaient l’intention de s’installer sur les altitudes pour échapper aux influences préjudiciables de certaines localités basses et insalubres, pour y établir des sanatoriums, des observatoires, des monastères ou des temples, pour y exploiter des mines, pour y construire des routes, surtout des chemins de fer. L’homme peut vivre sur les altitudes en plein exercice de son activité physique et morale; l’histoire nous montre d’ailleurs qu’il est possible d’arriver dans ces régions à un degré de civilisation assez avancé.

Le nombre des habitants soit-disant influencé par la raréfaction de l’air, n’a aucune relation avec les différences d’altitude. On trouve dans les régions élevées des villes très populeuses. L’augmentation annuelle et moyenne des habitants de Mexico, par exemple, est de 7.80 par 1000. Cette question se trouve en relations directes avec d’autres, d’ordre sociologique, dont l’étude offre le même intérêt pour l’économiste et l’hygiéniste. Si comme l’ancienne théorie prétend, la population n’augmente pas à cause de la stérilité et de la mortalité excessive, suite de la raréfaction de l’air, tous les efforts des gouvernements et de l’hygiène pour repeupler les altitudes seraient inutiles: l’unique remède serait l’augmentation de la pression atmosphérique, ce qui est une impossibilité, ou l’abandon des altitudes.

La limite des régions habitables ne se trouve pas à une hauteur oîi les influences cosmiques anémiantes rendent l’existence de l’homme impossible, puisque cette limite varie d’après celle des neiges éternelles.

De même que les animaux et les végétaux l’homme recherche des altitudes d’autant plus grandes qu’il s’approche de l’équateur. Tout dépend de la température et non de la quantité d’oxygène qui se trouve dans l’air.

La résistance contre les influences anémiantes varie d’après l’ancienne théorie suivant la race et le temps qu’on passe sur les altitudes. Les races métisses seraient celles dont Î’avenir serait le moins menacé. La théorie actuelle prouve l’inexactitude de cette thèse, les races étant répandues au Mexique indépendamment de la pression de l’air. L’avenir est de la race la plus vigoureuse et la mieux préparée à la lutte, car tous les hommes s’acclimatent.

Les peuples pourront prospérer ou être anéantis sur les altitudes

pour des raisons qui n’ont rien de commun avec la proportion d’oxygène de l’air.

h. — L’homme des altitudes s’est modifié sous l’action du climat. Il est indispensable de faire quelques recherches sur la nature et l’importance de ces modifications. Il s’impose par conséquent l’étude de l’anthropométrie pour continuer avec l’étude physiologique.

Cet ouvrage donne quelques renseignements sur les proportions du corps et des membres. Avec les mesures que nous avons prises à ce sujet, nous arrivons à former un canon des proportions de l’habitant des altitudes.

ISTous avons surtout pu remarquer un fait prédominant: l’augmentation du thorax et quelques phénomènes en corrélation avec celle-ci. Il est sans doute du plus grand intérêt pour la mésologie générale d’apprendre quelques particularités si inattendues comme l’augmentation de la longitude du sternum, de la distance biacromiale, etc., occasionnées par l’influence de l’atmosphère; car aujourd’hui nous pourrons déclarer que la pression de l’air exerce une influence sur quelques os de l’homme.

En effet, le volume des poumons et de la cavité que les contient augmente dans les altitudes par un mécanisme que nous nous sommes efforcés de trouver par des expériences: tout ceci se trouve à ne pas en douter en relation avec certains points de la climatothérapie (traitement do la tuberculose par le climat des altitudes) et 11e manque pas d’intérêt pour l’anthropologie général et l’ethnographie.

On a étudié la relation de la taille avec le poids du corps, qui augmente sur les altitudes: 011 a recherché aussi les proportions des membres avec le tronc, qui paraissent avoir varié chez les habitants des liants plateaux de l’Amérique méridionale.

h.1 — Los variations des proportions du thorax en relation avec la taille, engendrées par le climat, sont d’une importance capitale, non seulement pour l’ethnologie et l’ anthropologie, mais aussi pour la formation de certains corps sociaux: à Mexico, par exemple, 011 a adopté pour le choix des jeunes gens aptes au service militaire, les mesures moyennes des anthropologistes de l’Europe: le résultat de nos observations personnelles démontre que le thorax d’une mesure moyenne ou au-dessous de celle-là, mais tout de même pas inférieur au minimum reconnu comme suffisant par les européens, 11e répond dans les altitudes aucunement aux exigences du climat. On devrait donc, ce fait connu, établir des mesiires spéciales pour chaque pays les mettant en rapport avec son altitude, pour pouvoir choisir do cette manière, avec une certitude absolue, des hommes vraiment capables d’accomplir leur service, question qui intéresse si vivement la défense nationale.

Ces faits sont pour les mêmes raisons, du même intérêt pour les compagnies d’assurance sur la vie. La santé et la longévité probable des as-

sures d’un pays situé sur une grande altitude, doivent être garanties, en outre, par une proportion du thorax qui nécessairement doit varier suivant l’altitude de l’endroit.

Nous signalons en même temps des autres faits intéressant les mêmes compagnies: l’augmentation du poids du corps, et l’augmentation de la densité de l'urine chez les habitants des altitudes.

L’augmentation du poids du corps en relation avec la taille chez les habitants des plateaux du Mexiqiie, a déjà été remarquée par quelques unes des compagnies des Etats-Unis, à la suite d’une étude des mesures prises par les médecins de ces compagnies parmi les habitants des plateaux. Aussi les chiffres moyennes appliqués jusque là par les mêmes médecins ont déjà été modifiés par quelques unes de ces compagnies. Mais ce changement ne s’est pas encore suffisamment généralisé: il importe donc de le faire connaître et d’expliquer sa cause.

Il n’en est pas de même en ce qui concerne la densité de l’urine. Les chiffres qui jusqu’à ce jour servent de base sont celles de 1018 à 1020, tandis qu’à Mexico cette densité oscille généralement entre 1022 et 1025.

Comme les médecins inspecteurs de ces compagnies refusent ceux dont l’urine accuse plus de 1022, soupçonnant que ces chiffres élevés dénoncent un état pathologique des reins, il en résulte qu’un grand nombre de personnes n’est pas admis, et qu’une autre partie n’y entre que munie de certificats falsifiés, n’accusant qu’une densité maximum de 1020, ou n’en faisant aucune mention.

h2. Les appareils de la respiration et de la circulation de l’homme ne subissent, d’après l’ancienne théorie, aucune altération qui soit capable de compenser la diminution de l’oxygène. Au contraire, la respiration serait plus difficile et en certains moments l’homme “oublie de respirer (!), et si par hasard il se voit obligé d’accélérer le rythme, il est forcé de faire une gymnastique difficile et fatigante à laquelle pas tout le monde peut se soumettre.”

L’accélération du pouls est suivant l’ancienne théorie, le résultat d’une action mécanique sans utilité quelconque pour l’hématose et la nutrition. “C’est l’extraordinaire tension intravasculaire de l’acide carbonique dissout dans le sang, qui pousse ce dernier avec plus de vitesse vers les poumons, de même que cet acide dissout dans l’eau de Seltz pousse l’eau vers le robinet du siphon qui la contient. (!)”

h3. Suivant la théorie que nous défendons les appareils de la respiration et de la circulation subissent dans leur fonctionnement des modifications constantes s’accommodant au nouvel état de choses et empêchant entièrement les maux qui résulteraient pour l’homme de la plus petite quantité d’oxygène que l’air des altitudes contient.

Ces modifications sont invariablement en proportion avec l’altitude ou mieux dit avec la tensiou de l’air de chaque endroit élevé. Ainsi on peut

déterminer d’avance et presque avec nue précision mathématique, le degré que ces modifications vont atteindre pour les habitants d’un endroit dont la pression barométrique moyenne est connue.

Ces modificationts sont:

Augmentation du nombre des respirations ,, ,, despulsations.

,, de la capacité respiratoire.

,, „ mobilité des parois du thorax.

,, du nombre des hématies et tous les principes fixes du sang en général. ,, de la densité du sang.

,, „ „ de l’urine et de tous les liquides de l’économie en général

(sécrétion du lait, etc.)

Diminution de la tension intravasculaire sanguine.

hu Ces modifications en général, et particulièrement le degré qu’elles atteignent suivant la hauteur de l’endroit où elles sont observées intéressent beaucoup le médecin et l’hygiéniste.

L’accélération du pouls et de la respiration atteint sans doute chez les malades d’un état fébrile, un degré bien pins haut, sans cependant dénoncer pour cela la même gravité que le même degré d’accélération indiquerait chez les malades des bas niveaux. Ainsi le pronostique qui se base exclusivement sur ces faits doit être sensiblement modifié et accomodé à ces nouvelles constatations. Le médecin européen qui après quelques années de pratique dans sons pays natal viendrait exercer son art dans les altitudes, devrait donc tenir compte de ce changement, pour ne pas tirer des conclusions erronées d’une symptomatologie modifiée en partie parle climat, en partie par l’état pathologique. Et vice versa le médecin ayant pratiqué dans les altitudes doit, en passant aux bas niveaux, s’inquiéter d’un degré dont il ne se serait pas autrement occupé dans les altitudes.

lío us ne croyons pas qu’il y ait une exagération de l’importance de ces conséquences. Le Docteur José Terrés, Professeur à l’Ecole Nationale de Médecine de Mexico, appelle vivement l’attention sur l’intérêt que l’étude de ces faits possède pour la détermination exacte des éléments qui doivent servir le médecin du Mexique (et des altitudes en général), pour l’établissement du diagnostique et du pronostique des maladies. 1

L’augmentation du nombre des hématies a la même importance. Ce fait si intéressant, n’étant pas suffisamment connu, nous avons entendu affirmer à Mexico qu’un individu fut déclaré non atteint de l’anémie, malgré des symptômes apparents, parce que l’examen microscopique du sang démontrait le nombre d’hématies considéré comme normal par les

1 José Terrés. — Algunas consideraciones sobre la inspección del cuello y del tórax. — México, 1892.

physiologistes européens.1 On doit donc arrêter avec exactitude pour chaque altitude les limites physiologiques que le nombre de globules rouges ne doit pas dépasser dans l’un ou l’autre sens. Les proportions exactes que nous avons trouvées entre ces nombres et la pression barométrique de quelques unes des localités visitées, nous ont fait connaître le nombre normal et moyen des globules rouges que le sang des habitants des altitudes doit contenir.

h 5 L’examen du pouls, les graphiques fournis par le sphygmographe nous démontrent que la tension du sang se trouve diminuée.

Il est important d’être fixé sur le degré de la diminution et de savoir si celle-ci pourrait-avoir quelque conséquence pour la vie de l’homme des altitudes. Nous avons cherché à la déterminer par les procédés usuels, et nous avons trouvé une loi importante dont nous attendons la confirmation des personnes plus compétentes que nous autres sur le terrain des expériences. Cette loi est la suivante:

“Lorsque les conditions générales sont les mêmes, les variations de la “ tension vasculaire se trouvent en rapport direct avec les variations de “la pression barométrique.”

h6 Le changement de la tension vasculaire nous induit à faire quelques investigations sur l’énergie et les dimensions du cœur. Il est presque certain qne cet organe doit subir dans les altitudes quelques modifications dans son anatomie, en rapport avec ses nouvelles fonctions.

h 7 Le rôle joué par l’épithélium de la superficie des poumons n’est pas pour nous de la plus haute importance. En commençant cet ouvrage nous avions accepté l’hypothèse de ce que l’hématose est le résultat final d’une fonction spécial chimico-biologique de cet épithélium, dépendant de la vitalité et du fonctionnement normal de ses cellules, ce qui donne à cette fonction une certaine ressemblance avec les fonctions glandulaires telles que celles des reins, du foie, des mammelles, etc. Mais depuis une étude plus approfondie du problème et des expériences sur la dialyse chimique (de A. L. Herrera) nous sommes arrivés aux conclusions suivantes:

La combinaison oxyhémoglobinique et le dégagement de l’acide carbonique ont lieu dans le sein d’une véritable solution de gaz.

L’oxygène passe à travers de la membrane épithélial se dissolvant d’abord dans le liquide qui mouille cette membrane, et attiré par l’affinité chimique qui existe entre les deux corps, l’oxygène et l’hémoglobine. Il se combine ensuite avec l’hémoglobine, toujours dans les proportions définies de toute combinaison chimique.

L’acide carbonique se dégage en vertu de sa tendance naturelle de se dégager de ses solutions surtout quand celles-ci sont en mouvement.

1 Commettant une erreur semblable le Docteur Fernando Zárraga, le distingué professeur d’obstétricie, croit qu’il y a chez les femmes de Mexico en gestation, une hyperglobulie et pas une liypoglobulie comme les médecins européens le prétendent.

Ces explications rendent les phénomènes respiratoires de tons les animaux, mammifères, poissons, etc., uniformes et universelles; partout les phénomènes fondamentaux sont identiques.

Ces phénomènes ont lieu indépendamment de la pression ambiante. Grâce à cette nouvelle théorie on trouve des explications définitives et parfaites sur les moyens qui permettent à l’homme, quelque altitude qu’il habite, de profiter du principe comburant oxygène, indispensable pour la vie de ses éléments histologiques et le parfait fonctionnement de tous ses organes.

h8 L’importance du développement du thorax et de la capacité des poumons pour l'acclimatation de l’homme dans les altitudes, nous fait appeler de nouveau l’attention sur une intéressante application vraiment pratique pour les entreprises coloniales, ainsi que pour tous ceux qui de leur propre gré ou obligés par les circonstances se disposent à aller habiter un pays des altitudes.

Ces individus font bien de se soumettre avant leur départ à une série d’exercises de gymnastique recommandés pour l’augmentation de la capacité respiratoire. Pour les entreprises coloniales on devrait prendre de préférence des hommes à poitrines larges et développés, et tous devraient en faire une véritable gymnastique respiratoire, pour éviter le plus possible les inconvénients de la période de l’acclimatation.

Ceci nous paraît également intéressant pour l’alpiniste et les aëronautes, car ces exercices comme moyens préventifs sont sans doute plus utiles que la présence d’un ballon d’oxygène.

h9 Des partisans de l’anoxyhémie disent que l'acclimatation sur les altitudes consiste dans une certaine suspension ou repos des fonctions de la vie organique et de la vie de relation, d’une véritable économie forcée dans la dépense du comburent, de l’oxygène, ce qui doit aussi diminuer le dégagement de l’acide carbonique, c’est-à-dire d’une intensité inférieure des échanges chimiques et biologiques qui constituent l’assimilation et la désassimilation; de sorte que la quantité de chaleur dégagée par l’organisme est inférieure à celle dégagée d’une manière normale par les organismes plus actifs habitant les bas niveaux. Ainsi en effet croient-ils l’avoir démontré alléguant pour confirmer leur théorie, le fait que la calorification du corps est moins intense chez les habitants de Mexico.

h10 Nous démontrons que telles observations sont entièrement inexactes et que dans la ville de Mexico la calorification de ses habitants est exactement égale à celle des hommes des bas niveaux de l’Europe. Grâce à ce résultat on démontre à la fois que l’intensité des combustions intraorganiques est du même degré à Mexico qu’en Europe.

h11 Jourdanet explique les perturbations dispeptiques si communes parmi les habitants de la ville de Mexico comme une manifestation locale d’une cause générale: l’anoxyhémie barométrique.

h12 Nous démontrons que cette anoxyhémie de forme dispeptique n’existe pas, et quant à l’étiologie de ces maladies, d’une mortalité vraiment alarmante à Mexico, que leurs causes sont d’autres qiie celle nommée par Jourdanet.

La confusion s’explique, peut-être, par le fait que plusieurs de ses vraies causes opèrent d’une manière si générale, qu’au premier abord la raréfaction de l’air pourrait être mise en jeu par le père de la théorie de l’anoxyhémie.

i. Après une étude séparée des faits se référant aux végétaux, aux animaux et aux hommes, nous sommes arrivés à cette conclusion finale:

‘‘Les végétaux, les animaux et les hommes doivent s’acclimater aux «conditions des altitudes; et en réalité ils s’y acclimatent et vivent en «pleine vigeur et activité, capables de se perfectionner, obéissant à la loi «éternellement vraie: Semper ascendens .”

C’est cette théorie que nous appuyons et discutons dans cet ouvrage. L’ancienne théorie nous régale de ses prédictions effrayantes accompagnées de ses lamentations inutiles: Semper descendens.

j. L’influence de l’air raréfié sur les organismes actuels une fois étudiée, il était nécessaire de faire des investigations sur l’influence que les variations de la composition de l’air ont exercé sur l’évolution dans l’immense spectacle des temps géologiques. Le problème s’impose mais il paraît prématuré; nous nous restreignons à le présenter dans cet onvrage, réfutant de plus certains théories qui, une fois acceptées, influenceraient un certain genre d’études et appuyeraient surtout avec l’apparence trompeuse de faits acquis, l’ancienne théorie dont la discussion est si importante.

k. Dans un chapitre spécial nous parlons d’une certain nombre d’expériences sur l’action de l’air raréfié, qu’il fallait faire pour bien nous rendre compte de l’influence de la raréfaction, pas tant du point de vue des mécanismes d’adaptation que du point de vue de l’application de l’air raréfié dans le traitement de certaines maladies; les expériences sur l’action des décompressions peu graduées nous ont paru particulièrement importantes, pour nous expliquer, partant d’une base expérimentale, certains phénomènes du mal des montagnes et nous fixer sur les précautions que les alpinistes doivent prendre. Ce chapitre se réfère à l’influence mécanique de la décompression, surtout sur la circulation et les gaz qu’on trouve dans l’organisme. On peut tirer de ces expériences quelques conclusions pratiques dont celle-ci se rapporte à l’augmentation de la capacité respiratoire dans les atmosphères raréfiées.

l. Comme complément aux études qui précèdent nous donnons quelques indications sur la combustion dans les altitudes, sur quelques propriétés physico-chimiques de l’air raréfié, et enfin, sur l’influence qn’on lui attribue du point de vue de la microbiologie.

m. Dans le second livre nous appliquons les connaissances acquises dans le premier. Il contient l’étude de la tuberculose et son traitement palle climat des altitudes.

Nous signalons cette partie à l’attention des lecteurs, espérant que nos efforts contribueront quelque peu aux progrès de cette partie de la science.

Nous avons discuté les opinions de plus de trente médecins éminents sur l’utilité des climats des altitudes pour le traitement de la tuberculose; nous faisons de môme récapitulation de différentes statistiques de la mortalité dans dos endroits élevés, pour que les différences ressortent suffisamment dans le cas où elles existeraient.

Malgré de nombreux témoignages sur l’action des climats des altitudes pour le traitement de la phthisie, les médecins n’ont pas pu se mettre d’accord sur les indications et contre-indications de ces climats; aussi 11e leur accordait-on pas l’utilité générale et l’immense importance qu’ils possèdent, sans donte car on se laissait conduire par des préjugés, tandis que l’ancienne théorie continuait son règne fatal, jusqu’aux questions transcendentales de la climatothérapie.

Le lecteur jugera plus tard, qu’on est incapable de fixer même approximativement le nombre des victimes indirectes de la théorie de l’anoxyhéinie, qui par des dangers purement illusoires qu’on attribuait aux altitudes, laissait un nombre énorme de malades de la tuberculose sans ce traitement climatérique.

m1 L’influence bienfaisante de l’altitude est évidente et a été prouvée par les observations de beaucoup de médecins. La statistique démontre que le maximum de la mortalité est atteint dans des endroits situés très bas et le minimum dans d’autres situés très haut; qu’en plus de 60 cas (60 localités), la mortalité augmente à mesure que l'altitude diminue, sans cependant méconnaître qu’il y a des causes d’ordre secondaire qui rendent l’influence des hauteurs plus difficile ou aussi la favorisent.

m 2 L’immunité relative a été observée dans beaucoup d’endroits élevés et il y a des faits qui font supposer que celle-ci existe plus ou moins sur toutes les altitudes, et elle est d’autant plus grande que les autres conditions vitales sont plus satisfaisantes. Elle s’explique par la raréfaction et la sécheresse de l’air, et de leurs influences sur l’organisme sain, de plus par la pureté de l’air, par une plus grande clarté, et d’autres causes qui sans doute coopèrent à la destruction du bacille tuberculeux. L’immunité acquise se perd dans les bas niveaux; elle s’acquiert dans les altitudes très vite et se manifeste de préférence dans les cas de tuberculisation pulmonaire, sans cependant refuser à la tuberculose des autres organes son action bienfaisante.

m3 Les sanatoriums et localités recommandés pour le traitement de la tuberculose sont déjà très nombreux en Europe, en Asie et en Amérique,

bien que leurs altitudes varient beaucoup. Ces établissements sont de plus en plus florissants, ce qui prouve bien l’excellence de cette méthode.

Possédant ainsi des connaissances un peu plus parfaites sur les influences climatériques des altitudes et les résultats de leur action sur l’organisme sain, il existe une base plus sûre pour les indications et contre-indications du traitement dans les altitudes. Autrement les médecins se laisseraient conduire par des préoccupations d’école, l’anohyhémie les serrerait souvent de près, privant ainsi nombre de malades des bienfaits des stations élevées.

Aujourd’hui, on peut affirmer que ces climats, sont toiit à fait indiqués s’il y a une prédisposition héréditaire ou autre, ainsi que pour les lymphatiques, strumenx, dans les formes de tuberculose d’évolution lente et subaiguë, même dans une période avancée et accompagnée d’hémoptysies, mais avant la cachexie.

Le chapitre de contre-indications limité aujourd’hui à la phthisie galopante, h la période de consomption, etc., était autrefois extrêmement riche et imposant: de 100 tuberculeux, 5 seulement étaient en état de monter les hauteurs, les autres, pour des motifs plus ou moins futiles, à cause des préoccupations des médecins partisans de l’anoxyhémie, restaient dans les bas niveaux; on considérait par exemple comme contre-indications formelles les hémoptysies et la fièvre, sans cependant se rappeler que justement les hémoptysies et la fièvre diminuent ou disparaissent sur les altitudes, suivant les observations de médecins moins préoccupés. De plus on ajoutait au chapitre des contre-indications tout ce qu’on avait remarqué dans un seul endroit en généralisant simplement et l’apliquant à tous; ainsi disait-on que le froid des stations des Alpes restreignait beaucoup l’utilisation des climats des altitudes, sans considérer que dans d’autres altitudes d’une double hauteur la température est très douce.

Les résultats du traitement sont comme il ressort des statistiques récapitulées dans cet ouvrage, des plus intéressantes. On peut affirmer que 50 pour cent des malades ressentent une amélioration évidente; les bacilles disparaissent des expectorations de vingt pour cent des malades traités dans certaine station de la Suisse (Davos).

Les autres modifications observées sont d’accord avec les constatations faites dans cet ouvrage sur l’influence des altitudes: il y a une augmentation de l’appétit, du poids, des globules rouges, et de la capacité du thorax. De plus, disparaissent plus ou moins complètement suivant le degré d’altitude, l’insomnie, la fièvre, la matité à la hanteur des parties malades des poumons, les râles humides, la bronchophonie, la toux et les expectorations, les hémoptysies, la diarrhée et les sueurs; dans quelques cas on a observé la réabsorption des produits tuberculeux liquides.

Les causes eu sont: l’air raréfié et sec et la plus grande illumination. L’air raréfié influence d’une manière sûre le développement des poumons,

(augmentation de la capacité respiratoire). L’air sec agit d’une manière très importante: nous en parlerons dans la suite (voir lettre o).

n. Il s’impose la nécessité d’une étude vraiment scientifique des climats et de leur influence sur l’organisme malade et sain. Dans tonte époque la climatothérapie a occupé une place distinguée, mais jamais elle ne s’est basée avec la rigueur indispensable sur l’observation philosophique des faits et sur les résultats des expériences; de là un grand désordre et une inconstance qui se perpétue sans remède. Les climats sont complexes; nous sommes obligés de savoir quel de leurs éléments agit favorablement sur une maladie et comment il agit, pour pouvoir en tirer des conclusions utiles pour le chapitre des indications d’une part, pour le chapitre des contre-indications d’autre part.

La tuberculose et le climat: voilà une matière traitée par des auteurs innombrables, avec un succès très différent, et de telle sorte, qu’on ne rencontre que difficilement deux médecins d’accord sur les points capitaux; il y en a même beaucoup qui préfèrent rester dans le doute le plus sceptique que de se perdre dans un chaos d’affirmations hypothétiques. Pour cette raison nous avons jugé nécessaire de soumettre ce problème à l’expérience en partant d’une base, que seulement la raréfaction et la sécheresse de l’air constituent des conditions de véritable importance et que celles-ci se présentent dans toutes les stations des altitudes. Dans ce but, nous avons produit la tuberculose expérimentale sur des cochons d’Inde, les soumettant ensuite à l’influence de l’air raréfié dans un appareil spécial dont l’installation est toujours restée insuffisante, malgré nos efforts d’y réinédier. La prudence nous dictait de procéder par intégrations et de ne pas faire notre étude dans tonte sa complexité.

Vues les circonstances dans lequels nous opérions il était nécessaire de limiter la durée des expériences; de plus, une seule expérience de longue durée ne suffisait pas. Pour cette raison nous faisions des injections de matière tuberculeuse dans les poumons de cochons d’Inde: les animaux tombaient toujours malades et mouraient au bout de peu de temps, en trois ou cinq semaines. C’était nue tuberculose aiguë, forcément d’une issue fatale et résistant à toutes les remèdes dont ou dispose aujourd’hui. Nous ne trouvions d’ailleurs pas de conditions meilleures pour essayer un facteur climatérique qui opère lentement et qui demande du temps pour excercer sou influence favorable: un homme anssi tuberculeux que nos cochons d’Inde aurait infailliblement péri même dans les climats qui guériraient des formes moins rapides de cette maladie. Mais aussi nous trouvons-nous dans des circonstances très favorables pour aborder une partie du problème: l’air raréfié d’un appareil pneumatique, influence-t-il d'une manière défavorable la marche et la durée de la tuberculose? Aggravet-il les symptômes? Amène-t-il de nouvelles complications? Abrège-t-il la vie dos sujets? Non. Ceci résulte de nos expériences, et ce résultat nous

inspire de la confiance pour essayer le traitement dans l’air raréfié des appareils pneumatiques, ce qni avait paru d’abord à beaucoup' de médecins, absurde et dangereux. ¡Quel avantage pour l’humanité souffrante si an lieu d’un exil dans les altitudes, coûteux et plein de difficultés on pouvait employer des bains d’air raréfié, dans des chambres pneumatiques, de la même manière qu’on emploie aujourd’hui des bains d’air comprimé pour d’antres maladies!

Maintenant nous avons déjà appliqué les bains d’air raréfié à plus de 200 malades, et nous avons eu la jouissance incomparable de soulager les souffrances des anémiques, des tuberculeux, etc., nous avons pu même retenir quelques vies.1

o. Dans le Chapitre XI nous nous sommes de plus spécialement occupés des conséquences physiologiques et thérapeutiques de la séclierese de l’atmosphère des altitudes. Nous avons démontré que les pertes d’eau augmentent d’une manière importante, que l’évaporation pulmonaire devient extrêmement active sous l’influence de Pair sec et raréfié.

Appliquons donc ce fait à certains phénomènes physiologiques. Nous établissons l’hypothèse que l’augmentation des globules rouges est fictive; que celle-ci est due à la concentration du sang par suite de la perte d’eau et nous appuyons cette hypothèse sur des analogies qui paraissent très instructives, telle que la relation inverse entre la quantité d’eau et la quantité de globules du sang, suivant l’àge, le sexe, l’espèce, l’état de vacuité ou de gestation, pendant la fièvre intermittente et dans diverses circonstances pathologiques. Comme coïncidence on plutôt comme preuve analogique nous présentons deux faits: augmentation des globules dans les cas d’inanition et après d’abondantes évacuations spontanées ou provoquées. Nous avons fait des expériences qui peut-être présentent quelque intérêt et nouveauté, en maintenant différents animaux dans une atmosphère sèche, dans des appareils fermés, ayant une ventilation suffisante; toutes ces expériences nous ont démontré que l’air sec occasione d’une manière très notable, une augmentation du nombre des globoules rouges; le sang se concentre et perd une grande quantité d’eau. Ainsi tout nous fait supposer que Fhyperglobulie, le phénomène prédominant dans l’organisme qui vit dans les altitudes, dépend plutôt des plus grandes pertes d’eau quotidiennes que de quelque modification de l’hématopoïèse. Pour nous cette dernière hypothèse est stérile tandis que l’autre est féconde en déductions et applications pratiques. La décompression ainsi influence l’augmentation des évaporations de même que l’augmentation de la superficie pulmonaire.

Nous avons pris ces expériences et ces raisonnements comme point de départ pour signaler l’importance d’un fait possible, jusqu’à présent négli-

1 Voir “Revista de Anatomía Patológica y Clínicas” del Dr. Lavista, 1897-98, et les “Memorias y Revista de la Sociedad Científica Antonio Alzate.” 1896-98.

gé: “Le sang de l’homme est plus dense dans les altitudes.” En effet, nous avons constató par les expériences que le séjour dans les régions elevées, amène l’augmentation de la densité du sang et l’augmentation des matières qu’il contient. Il est facile de juger de l’importance de ce phénomène quand on se rappelle que l’état do l’organisme est d’autant meilleur que le liquide sanguin est plus dense. Nous avons aussi pu confirmer l’augmentation de la densité du sang par moyen de l’observation et des expériences. Tandis qu’en France la densité du sang de l’homme est de 1055 à 1060 nous en avons pu observer à Mexico une de 1060 à 1065.

Il y a des difficultés et des objections que nous avons recontrées et que nous nous efforçons d’éviter et de réfuter, spécialement celles qui se rapportent à la quantité d’eau qui doit se perdre et à l’impossibilité théorique pour que l’équilibre entre les gains et les pertes d’eau de l’organisme soit troublé.

Ces connaissances une fois acquises, l’attention de l’observateur une fois fixée sur l’influence de la sécheresse, l’autre facteur si important des altitudes, l’examen de nouveaux points d’étude, et la révision de certaines opiniones qu’on avait risqueés autrefois, et celle de certains problèmes dont la solution paraissait impossible, s’imposent.

Le sang étant plus épais, plus de globules passant dans un espace de temps donné par le laboratoire pulmonaire, le liquide sanguin ayant une composition plus favorable à l’absorption de l’oxygène, il est facile à déduire que le sang absorbe une quantité suffisante de cet élément et qu’il n’y a aucune anoxhyémie mais au contraire une adaptation parfaite au milieu respiratoire des altitudes. La sécheresse aussi exerce probablement une influence sur l'augmentation des respirations et indirectement sur l’augmentation des pulsations.

L’application de pareils faits est en ce qui regarde la tuberculose très féconde, car la sécheresse agit sur l’état général, en l’améliorant, et vivifiant pour ainsi dire le milieu intérieur par la privation d’un excès d’eau inutile; sur les hémoptysies en les guérissant ou en les évitant; sur les sueurs nocturnes auxquelles elles s’oppose, sur les sécrétions muqueuses qui disparaissent ou diminuent; sur une certaine espèce de diarrhée, et enfin, sur les exsudais pleurétiques, les états ulcéreux, et les procès pyohémiques eu général avec leurs terribles conséquences. Ces résultats de l’observation des malades qui viennent se faire traiter sur les altitudes, nous donnent des idées utiles. De cette manière en effet nous nous expliquons pourquoi il y a certaines irrégularités et exceptions dans la climatothérapie de la tuberculose car nous voyons que la sécheresse exerce une influence de son côté, sans parler des autres causes que nous avons déjà traitées d’une manière explicite. Il y a un autre résultat curieux: l’identité d’action dans beaucoup de cas des altitudes, qui opèrent spécialement par leur atmosphère sèche, et de l’inanition, de la diète sèche ou xérophagie

de l’application des sudorifiques, des évacuants: facteurs qui tous d’une manière ou d’une autre privent le sang d’une partie de son eau. Ainsi nous voyons qu’il y a sur les altitudes (par leur air sec), dans l’air artificiellement desseclié, sous l’influence de l’inanition, de même que sous l’influence des purgatifs, une concentration du sang, une augmentation fictive des globules et une conséquence inévitable: l’augmentation de l’hématose, Egalement sous l'influence des altitudes, de la diète sèche, des sudorifiques, de l’inanition, les sécrétions muqueuses diminuent par manque d’eau qui les alimente. Il est vraiment impossible de prédire sans études préalables que nous ne pouvons pas encore faire, les applications d’un moyen thérapeutique si puissant. Déshydratation partielle du sang, concentration du liquide précieux à notre économie par un des nombreux moyens plus ou moins innocents, plus ou moins pratiques et sures, parmi lesquels d’une part l’atmosphère sèche des altitudes, d’autre part, son imitation fidèle , l’air artificiellement raréfié et desseclié, prévalent. Mais dès à présent nous déclarons hautement que ce moyen thérapeutique est d’une importance capitale pour le combat contre deux de nos plus grands ennemis: la tuberculose et V anémie.

Enfin, un autre des résultats est celui qui se rapporte aux modifications de l’urine de l’habitant des altitudes. Par suite de la sécheresse de l’air, l’urine est moins abondante, plus dense et plus chargée d’urée, elle contient moins d’eau.

p. Le sang plus dense dans les altitudes, plus grand nombre de globules, plus de principes fixes; l’urine plus dense, moins abondante, montrant une plus grande proportion d’urée; en résumé, des liquides organiques plus concentrés chez l’homme des altitudes: voilà une notion indispensable pour le médecin des altitudes.

De même que les autres modifications dans le nombre des respirations et pulsations, ce changement dans les liquides de l’économie et toutes leurs conséquences sont de grande importance pour le diagnostic et le traitement des maladies sur les altitudes. Pour cette raison il est impossible que les chiffres moyens qui servent de base en Europe, soient appliqués dans les pays des altitudes. Pauvres malades si leurs médecins ne savent qu’à Mexico 5000000 de globules par mil. cub. du sang, sont encore peu pour les nécessités de la vie.

q. Une application secondaire est celle qui se rapporte à la respiration artificielle par compressions et décompressions alternatives.

r. Nous présentons quelques appareils pour produire une respiration artificielle chez ces petits animaux dont on se sert ordinairement dans les laboratoires, on parvient à cette respiration artificielle par un moyen automatique et par un temps indéfini: ceci est un avantage quand on fait des investigations pour savoir si une substance amène la mort ou non par paralysie respiratoire.

s. Pour ce qui se rapporte à la diminution du poids d’oxygène dans l’air des altitudes, il suffit de se rappeler tout ce que nous avons dit à la lettre h7. Ainsi donc nous y voyons que le sang en absorbe la quantité voulue, au fur et à mesure des besoins, puis qu’il y a un volume énorme de ce gaz, dont on est pourvu par les respirations plus fréquentes de même que par la capacité vitale augmentée convenablement. C’est le cas d’une vessie pleine de solution de potasse absorbant par sa surface la quantité nécessaire d’acide carbonique au fur et à mesure des besoins, et malgré la décompression extérieure.

t. En résumé nous nous sommes occupés do la vie sur les liants plateaux, de l'étude de l’atmosphère des altitudes et de ses relations avec le bienêtre de l’homme: sans cependant avoir la prétention d’être arrivés à des résultats inébranlables, à des conclusions définitives, lions espérons au moins avoir proposé quelques nouveaux sujets à l’étude des investigateurs.

Institut Smithsonien de Washington. — Circulaires relatives aux prix institués par

Hodgkins 1

Rapport du Comité nommé par l’Institut Smithsonien pour décerner les prix du fonds Hodgkins II

Introduction 15

Notes 17

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