‹ La vie tragique de Vincent van GoghChapitre 22 sur 59 · AIRE . N · texte numérisé non relu

AIRE . N

NY Lhobe

géliste, s'il n’était pas couvert d’une couche de

charbon avait ordinairement la figure plus sale due celle des charbonniers (r).

ET Pl

4 Ce détail extérieur ne le préoccupait pas; il

… était absorbé par son idéal de renoncement, il

(1) On raconte que Vincent Van Gogh se noircissait la figure

et les mains pour montrer aux mineurs qu'il ne voulait point

0 se chshnguer, d'eux l

A SUR PE NON DEN ea à ë * ER

Sd L il AA v rt .

AIERE ET

montrait d’ailleurs que son attitude n'était pas du laisser-aller, mais la pratique fidèle d’idées qui gouvernaient sa conscience.

« Et s’il n'avait plus le souci du bien-être pour

lui-même, son cœur était éveillé en face des besoins des autres.

« Il allait préférablement vers les plus malheureux, les blessés, les malades, il restait long-

temps auprès d'eux; il était prêt à tous les sacri-

fices pour les soulager.

« Sa sensibilité profonde s’étendait du reste de loin que l'humanité, Vincent Van Gogh respectait la vie des animaux, même les plus inférieurs,

« Une vilaine choniies ne hi inspirait pas du mépris, c'était une créature animée, il fallait la conserver. |

« Dans la famille qui l’a eu comme hôte, on m'a raconté que s’il voyait au jardin une chenille par terre, il la ramassait délicatement et allait

la poser sur un arbre. À côté de ce trait de carac-

tère qu'on jugera peut-être insignifiant ou même stupide, je garde l'impression que Vincent Van Gogh a été hanté par un bel idéal; oubli de soimême et dévouement pour tous les autres êtres, c'était bien l’idée directrice qu’il acceptait de tout cœur.

rd "2 A " pi hat pda. OS S dure

où

Do ter Sc) rose

Æ GLS * RCA EE &

Mme LS ne ANA Ut Ete SNIEER

PARMI LES MINEURS DU BORINAGE

« Je ne ravalerai pas l’homme en avouant qu’à mon avis, il conservait un défaut: c'était un

incorrigible fumeur. Je l’ai parfois taquiné sur

ce point; ennemi du tabac je lui disais qu’il avait tort de ne pas y renoncer; il n’en fit rien, petite

ombre au tableau; il en faut pour les peintres. « Quant à sa peinture, je ne puis vous en parler

en connaisseur : on ne la prenait d'ailleurs pas au sérieux.

4 Il allait s'accroupir sur les terrils (1); il faisait

les portraits de femmes qui y ramassaient du

- charbon ou qui partaient chargées de sacs,

« On remarquait qu’il ne reproduisait pas les

L choses brillantes, celles à qui nous attribuons de la beauté. -

«Il 2 fait quelques portraits de vieilles fem-

mes (2), du reste on n’attachait pas d'importance

à ce qu'on considérait comme un travail de distraction.

« Il semble pourtant que dans la peinture aussi notre jeune homme eût de la prédilection pour ce qui paraissait plutôt misérable,

« Voilà Monsieur, quelques souvenirs que ma

mémoire vieillie a essayé de rassembler.

Page 1