DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE
Aussi, cette situation morale engendre-t-elle des agissements matériels, de forme comparable aux premières actions individuelles, quoique naturellement d'application collective : « à l'amour » et « à la paix ^ ». état normal des relations habituelles, mode d'union ordinaire de la parenté, but de la justice familiale, raison dêtre de la ville elle-même, se substituent (( le discord et la discention ^ », la « haine ^ » encore entre les deux parties, qui se font jour de nouveau « en paroles doubtieues » simplement ou en « debas où heut effusion de sang '^ », Mais un seul mot résume toutes les situations précédentes et en est comme la synthèse : on le sait, c'est la (( fayde » ^, à la fois l'inimitié que les adversaires et leurs défenseurs ont k en cief ^ )) contre leurs ennemis, et la lutte également collective qui en résulte "^ : sa manifestation extérieure est en effet la (( were » familiale ^. Tous ces résultats sont indiqués assez naturellement par la comtesse Marguerite de Flandre, lorsque ratifiant la jouissance par la ville d'une juridiction spéciale au sujet des paix, elle déclare que les juges sont établis en vue de « faire les pais des weres morteux, des hapies et de toutes les autres descordes ^ » : on distingue donc à l'occasion, la haine et la discorde morale de la guerre réelle. Mais ces termes généraux montrent, on le voit aisément, que les faits originels, quels qu'ils soient, produisent des conséquences identiques et entraînent des extensions semblables : leurs aboutissants sont bien au moins aussi importants qu'ils ne l'ont été eux-mêmes.