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D'autre part, la nature propre des laines, considérée indépendamment de leur origine locale, entraînait également l'existence de divers sous-genres de draps. Tout dabord, l'espèce même des animaux pouvait jouer un rôle. La laine des agneaux et en particulier, croirait-on, des agneaux de Cham]iagne. servait, à la fin du xrv^ siècle, à fabriquer les draps dit « aignelins » : c'étaient sans doute des étoffes inférieures, car on défendait de mêler leur laine avec de la laine « ointe ne pinie ». et peut-être, par conséquent, se contentaiton de la carder sans l'oindre ^. Elle se mélangeait aussi avec une sorte de laine dite " entredeus » cju'on ne saurait exactement définir, afin d'obtenir une autre espèce d'aignelins ^.'.
On peut maintenant mentionner la « legiere draperie * ». Les documents n'en parlent que jusqu'au début du xiv^ siècle. Elle formait certainement, comme son nom l'indique, une sorte de drajierie mince, c'est-à-dire inférieure ou commune, et qui, selon une distinction fondamentale, n'était plus de la draperie ordinaire. Elle semblait différer de cstte dernière par deux raisons. Avant tout ce devait être leur composition qui caractérisait ces étoffes, car les manipulations n'auraient pu aboutir Cju'à améliorer la matière première et non à la rendre de qualité moins bonne. On ne saurait cependant préciser la nature générale de la laine (jui servait à la fabrication des tissus en question, pas plus que les côtés particuliers de ses variétés qui, à leur tour, entraînaient l'existence de genres spéciaux d'étoffes. On distinguait en effet la laine « de biffe », la laine « traiele », la laine de « burel ». La première servait à faire les « biffes ». qui
3. La • laine escarlate ", mentionnée une unique fois dan.* la pratique, dé«igne-t-elle une laine particulière propre à la fabrication des étoffes fines dites écarlates ? (Rerueil, n" 32«32a).
4. Le» deux espèces des « biffes » et des i buriaus • sont nommées quelquefois dans les règlements relatifs à la draperie ordinaire au xiri'" s. et jusqu'en 130.') (Biffes : Rpcueil, n"» 230" n. a. »3, .31.53 31^3. buriaus: 2192.», 22»55 243", 318'). mais trois bans s[>éciaux de 12ii(i, 1275 et 1305, sont consacrés à la légère draperie (P.J. 497. 631, 888).
comptaient d'assez nombreuses espèces, et les « menues », la cause de leur distinction nous restant absolument inconnue'. En laine u traicle ». se fabriquaient, entre autres tissus, les « dras de corde - ». La laine de " burel » était utilisée jjour confectionner les « buriaus » : ils formaient évidemment un genre de tissu à la fois particulier et ordinaire, car on ne ])ouvait employer leur matière j^remière pour les drai)s proprement dits ; dans le métier à tisser, on mentionne également, on s'en souvient, des lames de buriel spéciales qui sont les moins chères *. Mais non seulement ces étoffes ])araissaient avoir une composition en matière brute plus ordinaire que les draps proprement dits, mais la .seconde partie de la fabrication, rourdist-age-tissage, semblait être également moins achevé, car la chaîne des tis.sus légers, étant proportionnellement composé d'un moins grand nombre de fils que celle des draps courants, pour une largeur, et parfois même une longueur, d'ailleurs également inférieures, devait par con.séquent être plus lâche *. On ne peut malheureusement préciser davantage.
On rapprocherait volontiers la « saietterie » de la légère draperie, car. en principe, elle n'était jias davantage de la draperie proj)rement dite et constituait plutôt de la draperie commune. Mais on n"a sur les saies à peu près (|u un uni(iue renseignement de 1305. Elles devaient être toutes blanches, la trame ne pouvant avoir d'autre couleur (|ii(' iiar ('X(e|)tion '•".
C'étaient donc, en somme, des étoffes non teintes. La couleur naturelle de la laine intervenait également pour distinguer deux autres genres de tissus. Les draps " caigniet » se comj)osaient de " blan(|U(' ou noire laine » sans t<'inture •.
3. Rrcuril, n" 24.1*. .118*. — Voy. [««nt-Atrp Sftvarj-. Dirlionn., I. v" burr.