MARIE NOTRE ESPÉRANCE
Il y a quelques années, mourait dans une petite ville de France un chrétien de bonne trempe, comme il en reste encore, grâces à Dieu, dans notre société dégénérée. Il avait vécu 75 ans, fidèle à la foi de ses pères et à la loi de son Dieu, lorsqu'une maladie grave vint lui annoncer que la mort arriverait bientôt. Il l'attendit de pied ferme, lutta quelque temps, mais enfin dut céder à la force du mal et se coucher. Or, en s'étendant sur ce lit d'où il ne devait plus se relever, il leva les j^eux au ciel, et on lentendit s'écrier : « Sainte Vierge Marie, je vous ai tant de fois répété durant ma vie : Priez pour moi, pauvre pécheur, maintenant et à l'heure de ma mort. La voici arrivée cette heure solennelle! Venez donc à mon secours, ô Marie, mon espérance ! »
Marie, mon Espérance l Ce cri échappé du cœur d'un vieillard mourant, tous les chrétiens, comme lui, le répètent sans cesse. Il importe que nou» en étudiions le sens caché.
Pour tous les êtres chéris qui composent notre famille céleste, nous nous plaisons à chercher un nom privilégié. Nous savons, par exemple, que Dieu est grand, qu'il est juste, qu'il est puissant, magnifique, éternel, immuable; et cependant, oubliant, en quelque sorte, tous ces titres, nous disons : Le Bon Dieu! Celle qui, après Dieu, parle le plus au cœur de l'homme, la sainte Vierge Marie, ne pou-
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vait pas échapper à cette loi de l'amour. Elle devait avoir, elle aussi, son nom de prédilection.
Ce nom, vous l'avez deviné, c'est celui de Mère. Salul^ ô Reine, ô Mère\ s'écrie la sainte Église.
Dans ce nom si doux de Mère, l'esprit qui anime les fidèles s'est plu à voir, pour s'y attacher de préférence, un sens particulier. Sans doute le souvenir d'une mère réveille Vamour. A Dieu ne plaise que j'aille prononcer une syllabe contre cette loi d'affection filiale qui unit à la divine Mère tous les enfants d'Adam, même les plus dénaturés. Sans doute le souvenir d'une mère inspire aussi le respect. A Dieu ne plaise, encore une fois, que je nie ce profond sentiment de vénération dont nous pénètre la céleste pureté de celle qui a dit : Je suis l'Immaculée Conception I Cependant, cette parole d'amour et cette parole de respect ne sont pas les premières qui tombent des lèvres du chrétien, après qu'il a prononcé le nom de Marie. Salut, ô mère, prions-nous avec l'Église; puis aussitôt : 0 Mère de miséricorde, ô noire Espérance -.
Marie, notre Espérance! Voilà donc le cri du cœur. Sans doute, il renferme toute une protestation d'amour; mais avant tout, c'est le cri de la conliance, et il devait en être ainsi. Navigateurs battus par la tempête, nous sommes, pour la plupart, de pauvres naufragés. En cet état lamentable, l'enfant qui aperçoit sa mère ne dit pas tout d'abord : 0 vous que j'aime! Il s'écrie plutôt : A mon secours, ô ma Mère, ô mon Espérance!
C'était le cri de saint Alphonse. Jésus mon amour/ Marie, mon Espérance! Telle est la double exclamation qui s'échappe de son âme, au commencement, au milieu et à la fin de ses saintes prières.
Jésus, mon amour! C'est le résumé de tout ce qu'il a dit sur Notre-Seigneur. Marie, mon Espérance! C'est la pensée