‹ La vie vraiment chretienneChapitre 95 sur 309 · LE SACRÉ-COEUR DE JÉSUS · texte numérisé non relu

LE SACRÉ-COEUR DE JÉSUS

cette lance tirant la dernière goutte de sang; et, après tous ces prodiges, le prodige des prodiges : l'Eucharistie, le sacrifice du Calvaire perpétué, Jésus-Christ se multipliant pour être tout à tous, et l'homme se nourrissant do la chair et du sang d'un Dieu. Tout cet ensemble de merveilles a jailli du Cœur de Jésus, comme les feuilles, les fleurs et les fruits d'un arbre magnifique sortent de la racine d'où procède la vie.

Oui, ô Cœur de Jésus, vous fûtes le principe de tout; vous fûtes le brasier d'où s'élança la flamme : vous fûtes la cause d'où provint l'entier effet; vous fûtes la source d'où découla le fleuve ; vous fûtes le rocher fendu d'où s'élança le torrent; vous fûtes la racine d'où l'arbre sortit pour étendre ses branches.

X cause de cela, il est permis, il est juste de faire de tous les mystères et de toutes les fêtes de Jésus-Christ les mystères et les fêtes de son Cœur. Il est permis, il est juste d'honorer dans le Saint-Sacrement le Cœur de Jésus qui en est le centre et le principe ; de suivre sur le chemin de la Croix les élans du Cœur de Jésus, puisque ce fut le cœur qui porta le Sauveur au Calvaire; de retrouver dans la crèche toujours ce même Cœur adorable; de chercher en un mot la présence et l'action du Sacré-Cœur dans toute la carrière du Sauveur, de ce géant d'amour qui, sous l'impulsion de son dévoument, s'avança du sein de son Père dans le sein de la Vierge, du sein de Marie dans la crèche de Bethléem, de Bethléem en Egypte, d'Egypte à Nazareth, de Nazareth à Jérusalem, de Jérusalem au Calvaire, et du Calvaire dans le Tabernacle.

Oui, chercher ainsi dans toutes les œuvres de Jésus les traces et la vie de son Cœur, pour honorer ce Cœur sacré, pour le louer, le remercier, le glorifier et ie bénir; pour compatira la peine qu'il éprouve d'être oublié et méconnu : c'est une chose juste et bonne. Quiconque la pratique possède une vraie dévotion au Sacré-Cœur.

Le sentiment que le Cœur de Jésus désire par-dessus

IGO LA VIE VRAIMENT CURÉTIENNE.

tout voir briller dans notre cœur, c'est la reconnaissance . Parmi les péchés et les vices dont il se plaint, il n'en est pas qui le fasse plus souffrir que l'ingratitude.

Si un homme vous avait sauvé la vie, et qu'au sortir de labinie d'où il vous a tiré, vous ne songiez pas même à le remercier, son cœur en serait blessé, mortellement blessé. Que dire du Cœur de Jésus-Christ? Il n'est pas un seul homme sur la terre qui ne lui doive tout. Si nous n'avons pas été, après notre premier péché mortel, précipités dans les enfers, c'est à Jésus que nous le devons. Si la terre, malgré ses crimes, subsiste encore devant la justice de Dieu, c'est grâce au Cœur de Jésus-Christ. Ce Cœur généreux, après avoir répandu sur la croix jusqu'à la dernière goutte de son sang, ne cesse maintenant de répandre devant le trône de Dieu ses ardentes prières, pour les mortels malheureux et coupables. Toutes les consolations, tous les ménagements de la Providence, toutes les grâces, tous les pardons nous viennent de lui. Et cependant qui songe à Ten remercier? La plupart des hommes passent leur vie tout entière sans prononcer une seule fois cette parole : 0 Jésus y je vous rends grâce!

Il semble, en vérité, que le devoir de la reconnaissance, si sacré dans la société humaine, n'existe pas à l'égard de Jésus-Christ. Pas une de nos journées ne se passe sans que nos regards rencontrent au moins une fois le crucifix. Si ce crucifix était l'image d'un homme ordinaire, nous ne pourrions pas le considérer sans attendrissement. Parce qu'il est l'image d'un Dieu, mort pour chacun de nous, il semble qu'il ait le don de nous pétrifier, tant nous restons durs et froids.

Notre grand Dieu, par la bouche du prophète Jérémie, adressa un jour à son peuple cette prière touchante : Peuple ingrat, offre au moins à ton Dieu cette parole : Mon P&re^l Ne semble-t-il pas que Jésus-Christ tienne le

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