SCÈNE PREMIÈRE
(Jolibois est en costume- bourgeois , moustaches et cheveux gris, etc. Il porte une petite table d'escamoteur, avec un X, une gibecière , etc.)
JOLIBOIS ; seul , et parlant à la cantonnade.
C'est bon; je ne partirai pas sans vous avoir dit la bonne aventure à tous... {riant) kh ! ah ! ah ! Ces braves gens... parce qu'ils m'ont vu faire sauter la coupe J et partez muscade., on ne leur ôteraiî pas de l'idée que j'suis un sorcier du grand numéro...., ( Il arrange sa table ) C'est pas étonnant : ces cadets de ce canton, c'est d'fameux conscrits pour la malice.... Faut que ce pays-la n'se soit pas levé si matin que les autres !... Sont-ils arriérés ! d'anciens troupiers comme moi leur en feraient avaler de toutes les couleurs.
Air de VÈcu de six francs.
Ils croy'nt à tous les vieux grimoires ,
A tous les contes de lutin.
J' leur dis , en fsant un tas d'histoires ,
Que j'iis dans les traits de la main ,
Et dans Tgrand livre du destin ;
Ils s'imaginent sans l'moindre doute
Que j'iis dans Pav'nir , dans l'passé....
Et je s'rais bien embarrassé
S'il m'fallait lire ma feuill' de route.
( Il place ses cartes et aperçoit Urbain. )
Qu est-ce que c'est que ce voltigeur, z'en guêtres et U canne à la main?. . . . Encore un pays qui vient me con* »uler ! . . ,