‹ La vieille (volume 2)Chapitre 3 sur 22 · SCÈNE ni · texte numérisé non relu

SCÈNE ni

PÉTÉROFF seul, puis EMILE.

PÉTÉROFF.

Ah î bien oui... réveiller notre jeune officier î ma

maîtresse gronderait joliment ! un prisonnier blesse!., que nous avons reçu avec les égards dus au courage malheureux, parce que le malheur et le courage ont toujours etë accueillis dans notre château... Ah ! voici monsieur Emile... bonjour, mon officier , comment vous va ce matin?

EMILE

A merveille! je te remercie; ma blessure est presque guérie et je crois qu'aujourd'hui je pourrai commencer à sortir.

PÉTÉROFF.

Et comment avez- vous dormi?

EMILE

Fort bien : madame la comtesse avait reçu hier une lettre de l'armée qui m'a fait passer une excellente nuit.

PETEROFF.

Il y a donc de bonnes nouvelles ?

EMILE

Oui , il paraît qu'on a frotté vos cosaques , ça m'a fait plaisir.

PÉTÉROFF.

Mais pas à eux... et vous m'annoncez cela avec une joie...

EMILE

Écoute donc... parce que je suis prisonnier en Russie, crois-tu que je sois devenu Russe ?.. Du reste, tout fait croire k une paix prochaine 5 et j'en suis enchanté !

PÉTÉROFF.

Moi aussi, attendu que les Français n'ont qu'à

reprendre Wilna, voilà notre château qui est exposé.

EMILE

Ne crains rien... c'est moi qui à mon tour vous protégerai , et plût au ciel que j'en trouvasse jamais l'occasion , car ta maîtresse est si bonne , si généreuse, je dois tant à ses bienfaits!

PÉTÉROFF.

Ah ! mon Dieu ! j'oubliais de vous dire qu'il y a en bas un Français qui demande à vous parler.

EMILE

Et l'on ne m'a pas prévenu !

PÉTÉROFF.

Ne voulant pas vous réveiller, j'ai pris sur moi de le faire attendre dans le jardin.

EMILE

Quelle manie as-tu donc de toujours prendre sur toi?... Va vite le prévenir.

PÉTÉROFF.

Mais, monsieur, s'il a eu froid, il sera entré dans les appartemens.

EMILE

Eh , va donc.

PÉTÉROFF.

Entrez, entrez , monsieur, on peut vous recevoir.

(// SOJ^t.)

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