JAMAIS NI LA BRUYÈHE EN FEU, NI LES CIGALES
Jamais ni la bruyère en feu, ni les cig'ales, Ni la fièvre qui fait délirer un enfant, Ni la route sans peupliers au soleil blanc, Ni la joue amoureuse où la honte s'étale;
Ni le rosier baig'né par une aube automnale, Ni l'azur que l'on boit au puits en frissonnant, Ni la brise à minuit qui tout à coup surprend Le dormeur qui rêvait aux collines natales...
Jamais celte chaleur, jamais celte fraîcheur N'atteignirent le frais ou le chaud de mon cœur Qui croyait inventer l'amour sur cette terre,
Posséder du Printemps, de l'Été, les primeurs, Mais reculer toujours l'Automne qui tempère L'homme qui semble triste et qui sait le bonheur.