ACTE PREMIER
qui te ramènera, je l'espère, dans le droit chemin, et à la religion. Nous te mettons au couvent moins pour te punir que pour te sauver.
DIANE
Et pour combien de temps?
LA DUCHESSE Nous verrons. En principe, jusqu’à ta majorité. DIANE Jusqu'à ma majorité?
| LA DUCHESSE
Mais, d’ici là, si tu te modifies, si tu t’éclaires, si tu commences à reconnaitre la déchéance où tu es tombée... :
DIANE, avec une ‘volubilité inquiète.
| Oui, enfin, ça fait un an ou deux ans au minimum, n'est-ce a -Et à quel couvent? Où ça?
LA DUCHESSE
En hf ouen Anglotorre:
DIANE
A Éérntars Et pren est- -ce que j'irai au . couvent?
ses narines frémissènt, ses mairis s agitent. :
6i LA VIERGE FOLLE - LA DUCHESSE
Tout de suite. Tu partiras dans vingt-quatre heures. Tu as besoin de ce recueillement et de cet éloignement de la vie passée qui t’a perdue.
DIANE
Dans vingt-quatre heures! Mais, voyons, ma-
* man, c’est impossible! D'abord, nous avons pro-
mis de diner chez les de Bellines, dimanche pro-
chain. on donne ce diner pour nous. Et puis, il y
a la soirée des Dupuy; nous ne pouvons pas ne pas
y aller! | LA DUCHESSE, Lier:
Ah çà! mais, tu es inconsciente ou folle, Dia nette! Tu ne te rends pas compte! Tu en es encore là! Ah! bien! si c’est là ton état d’esprit, par exemple! Non! non! plus de diners,plusdemondel… : Tu partiras dans vingt-quatre heures:
DIANE On ne va pas m enterrer deux ou trois ans, dans ; un ccuvent! Je n'ai plus Pâgel es
Oui, inutile de nous rappeler que tu n’es plus, hélas! une enfant; mais tu as encore l’âge où Yon doit l’obéissance, et nous te le montrerons. |
nt ‘ 4 d — Le Le ‘ ACTE PREMIER 65 DIANE, au comble de l’émoi et ne refrénant plus
une rage épeurée. € Non! faites de moi ce que vous voudrez je promets tout ce qu’on voudra, mais ne me mettez Jas au couvent! Je ne veux pas aller au couvent!
LA DUCHESSE
Ah! c’est ainsi? Ton père avait bien deviné
ta résistance! Non, Diane, plus de monde, plus de
flirt, plus de toilette, plus rien de tout ce qui a été ta perte. (Elle a l'air de se rappeler les objurgations et les conseils de l'abbé.) D'abord, donne-moi tes bijoux... tu ne devrais plus les porter. je te confisque les bagues.
. DIANE, haussant l'épaule.
Oh! cela, tant que vous voudrez! C’est ça qui
m'est égall..… Tiens, voilà toutes mes bagues...
tiens, prends rnon sautoir aussi. mon collier.
Elle les enlève et les jette sur la table.
Et ne compte pas avoir au couvent d’autre trous-
seau que le trousseau des pensionnaires.
Étonnée de cette menace PROPOS Diane regarde sa mèrs
fixément, DI AN E
“Pourauot me dis- tu ça? Et en quoi veux-tu que: : cela me BÔRBPE |
fe (PEA VIERGE FOLLE MX LA DUCHESSE
Ça se gâté, Dianette, ça se gâtel
DIANE, entre les dents, Ce n’est pas ce qui me privera, allez!
LA DUCHESSE
En effet, ce n’est pas cela qui te privera. Je le edoute, en effet, mais ce sera pour toi une forme. de discipline, et c’est la discipline qui t’amènera peut-être un jour au repentir et aux idées religieuses qui t'ont quittée, hélas ! {Elle rassemble ses efforts, subitement) Et je vais, tout à l’heure, te couper les cheveux.
DIANE, qui se retourne, comme si elle ne comprenait pas.
* Tu vas me couper les cheveux?
LA DUCHESSE
Parfaitement, courts... jusqu’à la nuque! , hs Elle fait le geste.
44 DIANE, en souriant,
Voyons, maman, tu plaisantes!... (Puis sa figure s se ‘crispe.) Ah! je comprends, c’est pour me défigurer! | = Allons donc, je te PÉUAAIE, jamais tu n° oseragl..