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100 LA VIERGE FOLLE ARMAURY, haussant les épaules.
Je ne répondrai même pas. Nous somrnes dans
l'absurde.
Elle va à la porte du couloir, l'ouvre, et désigne du doigt.
FANNY
Alors, qu'est-ce que ces deux valises dans le couloir? Je ne les reconnais pas.
ARMAURY
Il n’y a aucune raison pour que tu les connaisses. | Ce sont des valises qui lui appartiennent. Elle va les reprendre. si tu me laisses deux minutes pour … que je la fasse sortir d’ici,sans esclandre, sans même yu’elle soupçonne ta présence. Je crois que c’est ce qu’il y a de mieux, de plus correct.
Il se prepare à ouvrir la porte du couloir, FANNY Pas si bête, mon petit! (n se retourne.) Je l’ai en-
fermée. Voici la clef,
Elle montre Ja clef qu’elle dissimulait dans une main. vi < ARMAURY RES VASE À
Tu l’as enfermée?
FANNY
Oui. Nous nous sommes vues. Je viens d’entr’ou-
FF , Lane nr
ACTE DEUXIÈME or 15 vrir la porte. Ça m'a suffi. Elle était là, droite, derrière un rideau. J’ai donné les deux tours de clef.
ARMAURY
Rends-la-moi...
FANNY
Allons donc! Tu n’y penses pas. Je te la rendrai quand je voudrai, comme je voudrai. Comment!
j'aurais l’occasion de parler pour la première fois à cette petite et je la laisserais passer! N°’y compte pas! Il ne te reste plus que deux moyens. ou m’arracher de force cette clef, ou faite sauter la serrure. Si tu veux avoir recours à ces moyens. (Elle a reculé jusqu’à la table de travail. Elle attend, craintive. Leurs yeux se fixent avec une expression mauvaise. Il hausse brusquement les épaules et se met à arpenter la pièce.) Marcel, tu allais partir avec elle! Là lettre disait vrai.
ARMAURY Ce n’est pas exact le moins du monde.
__FANNY
Il ne fut pas que tu partes!... Il ne faut pas que tu partes. Ce serait une chose trop épouvantable. Ah! mon Dieu... moi qui croyais avoir passé parla plus affreuse. révélation, tu m'en réservais une plus effroyable encore. L’idée ne m’étaitmême pas venue
que ce fût possible et, sans cette lettre, je serais | PR ie
encore chez moi à me torturer du passé, tandis que toi tu serais là-bas. dans un train... avec elle. partil…. |
ARMAURY
Mais non, encore une fois, ta déduction est fausse. Tu te fies à une lettre de domestique... car elle sent l’office à plein nez, cette lettre-là.
FANNY
Mareel, il n’est pas croyable que tu aies mis de. l’ordre dans ton cerveau. Tu agis dans un coup de folie. un coup de folie, comme les horimes en: éprouvent. Tu n’as pas pensé au résultat, à tout ce que Paris va dire demain, à tout ce qui te’ menace. C’est l’effondrement pur et simple de ta situation, de ton honorabilité..Tu n’as plus de parents, c’est entendu, mais, moi, j'ai les miens. 3 Tu es responsable vis-à-vis d'eux. tu n'as pasle droit de me faire cela... Ahl si la vie nous avait donné des enfants, {tu ne partirais pas. Je suis : seule, tu fais bon marché de moi... Oh! mais, crois le bién, je fie m’avoue pas vaincue tout de même...
non, non, non, Marcel, tu né partiras pas. Et L
c’est moi qui t’en empêcherail..
ARMAURY
' | sp Eee As-tu terminé?.… Je laisse passer ce flux de pa-.
PEN A À d LA 4