‹ La vierge folleChapitre 86 sur 87 · CE · texte numérisé non relu

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| DIANE, hors d'elle-même, éperdue, désirant

Ah! Il le fera comme il le dit! Je le connais!. - Mais il faut l’'empêcher!…. À

FANNY, qui s'était dissimulée dans le fond de la pièce, LA gravement, sopepers Re rer

# Non, il ne le fera pas! Et c’est moi, la = Date Pen ré - ACC

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| les deux, moi, et qu’en un moment pareil j'ose vous

dire : « Laïssez-les, laissez-les », il faut pourtant bien que ce soit cela la véritél Aucun crime .

d'amour ne vaut la mort... Vous êtes trop jeune

pour le savoir. Allons-nous-en, monsieur! Allonsaous-en pour toujours! Devant leur amour, de- ‘yant cette chambre d’amour, je n’ordonne pas, moi, je supplie, entendez-vous, je supplie... Que faut-il de plus pour que vous compreniez?.. pour que vous

ayez pitié d'eux, de moi aussi, car je ne veux pas

que vous fassiez du mal à celui que j'ai aimé en

vain!… Et si ce n’est pas assez de supplier, voulezvous que je me mette à genoux devant vous? Je le ferait... Jedeterail.. -

ARMAURY, se précipitant pour l'empêcher.

Le ça, à Fénny. -

DIANE, poussant une espèce de cri sauvage.

Ah! je vous jalouse, madame, je vous jalouse d’être aussi belle!.. C’est cette femme-là, Marcel, c’est cette femme-là que tu n'aurais pas dû quitter. Elle est sublime. Elle a le courage que je n’ai pas, celui du renoncement. J’ai- honte d'être aussi lâche à côté d'elle. C'est avec celle-là que tu, aurais dû vivre. Elle aimel.. Elle aime, plus que

À | moi. Oh! madame, comme je vous ai fait souffrir Le

de

mais pour en arriver à une pareillé abnégation, ah! vous devez éprouver une bien belle eee | Je vous l’envie!...

GASTON, profitant de ce moment pour lui prendre là main.

Eh bien, prends exemple. Élève-toi jusque-là: Allons, je vois, je sens que tu vas commencer à t’éclairer et à devenir raisonnable.

DIANE Peut-être, Gaston...

GASTON

Alors, viens. Tu vois bien que tu le dois, tu lereconnais toi-même. à e

Oui... Encore un peu de temps. très peu...

GASTON

Fais quelque chose de beau, Dianel.. que je re. trouve la petite patricienne que tu es restée. au fond.

DIANE

Attends, Gaston! Je tâcherai.. AE

ARMAURY, qui était resté, les bras eroisés, dans une, attitude hautaine. ë,

Diane! Que signifient ces paroles?.… J'écoute.

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| ACTE QUATRIËMS "25 terrifié, impuissant, cette scène abominable que je voulais à tout prix éviter, et c’est toi, c’est toi qui faiblis?.. C'est, toi qui parles de me quitter! Quand j'ai le courage que voilà!..

| Il s'est approché d'elle, anxieusement, comme pour fui parler à voix basse,

DIANE, vivement.

Que veux-tu, j'avais toujours prédit que c'était. uné chose impossible... il y avait trop d'amour et trop de haine. C'était sûr, on ne pouvait pas s’en sortir... Contre cette femme-là, je ne pourrai jamais rien! Je suis vaincue d'avance... Gaston, réponds- moi, est-ce décidé? Ce que tu viens de dire est bien ta pensée?.: Si je ne pars pas, c’est sur lui que tu te vengeras? Réponds.

ARMAURY, épouvanté, à Diane.

… Mais il ne faut pas le croirel... C’est du chantage. +1 à DIANE

Oh! je. ne discute pas, je m'informe simple= ment. je fais une addition... un total...

; GASTON, de Faue son del, en fixant Armaury.

Rien, rien ne pourra me faire changer. Vous êtes :

LA

en face d’un dilemme. 2

N°2 . Fanny, muette, s'est accroupie sur elle-même. On dirait ‘ | qu'elle guette, peu à intérvenir. or.

ARMAURY, éclatant. | Es

Ah! c’est trop, cette fois! Hors d’icil..) 1monsieur! Sortons, vous et moi! Tout ce que vous voudrez, soit, mais plus en présence d’elles! Menez donc! Vous avez raison. Advienne que pourra! J’en ai assez de cette inertie, j'étouffe!... A nous deux! Sortons! Et que cela finisse! ’

Diane s’interpose et étend son bras jusqu’à toucher du doigt la poitrine de Marcel. |

TR

DIANE | Non, non! Calme-toi, Marcel! A mon tour, je vais te demander quelque chose et puis ce sera tout! (On la voit hésiter à parler, comme se recueillir, puis avec un effort immense, et les lèvres tremblantes, elle dit :) Pourrais-tu, sans mentir. ici... oui... pourrais-tu aller jusqu’à m’affirmer que c’est moi que tu as le plus aimée, que c’est moi qui tu aimes le plus!..

Et alors, debout, elle enfouit sa tête dans ses deux maïns, pour ne plus rien voir, en attendant la réponse. Il y à un instant de stupéfaction générale, un silence dan goisse et de malaise atroce, Le frère s’est approché, presque indigné, révolté de la question, ül ‘regarde. Mme Armaury,- avec commisération; mais celle-ci n'a pas sourcillé. Seul, Marcel, accoudé à la cheminée, est en proie à une grande agitation intérieure.

SA

ARMAURY, ns à coup.

Oui, je comprends... malgré la cruauté de 1 chose. ce ie tu veux dire... Tu veux la ne

HA de + aveu, stunt ces deux êtres-lal REX Silence.) Eh bien, tu l’auras cette sanction! Oui, ce Dianette, sans hésiter, devant eux, en toute franchise, j'affirme de toute la force de mon âme que c’est toi qui es la plus aimée. J’ai fondu ta vie dans la mienne, et, devant eux, comme devant la k mort même, je dirai plus encore : « Je te garde, et de mon propre consentement, jamais je ne t’aban-

donnerai! » |

| 1 dit cela farouchément, énergiquemert, comme s’il fonçait sur l'obstacle dressé devant li. Après il demeure un instant écrasé de ses propres paroles. Pendant qu'il parlait oma ru le visage des deux femmes exprimer,

à en même temps, les sentiments opposés. Celui de Diane, Es qui s'est découvert, est devenu à mesure radieux et comme illuminé de-bonheur. Celui de Fanny s’est con- 2 | tracté dé la plus effroyable douleur, elle pousse un soupir de détresse plus fort que sa volonté et son corps <

s’est soulevé de la chaise. Elle retombe.

DIANE

Et tu as pu dire ça!.. tu as pu dire cela, devant ta femme, devant celle qui suppliait pour ta vie il S n'y a qu'un moment! Faut-il que tu m'aimes!

Après une parole comme celle-là, ah! il ne me reste plus rien à entendre. (Il y a maintenant une sorte de grande sérénité répanduè sur elle.) Madame, ne baissez pas la tête, j'ai été cruelle, atroce, mais je vais vous le rendre. C'était pour vous le rendre!

{Elle pousse tout à coup un eri.) Regardez... regardez... à

cette porte. Regardez, mais regardez ae dans : la chambre.

Fanny, Gaston et Armaury se retournent instinctivement et s’avancent vers la porte de la chambre restée ouverte que désigne Diane du doïgt. Diane a un mouvement de retraite habile.

GASTON, regardant la chambre.

Qu’y a-4-il? Qu'est-ce qu’elle voit? Elle est folle!

DIANE

Pas si folle que ça, Gaston! Je vais être très | sage.

Elle s’est approchée de la table où Gaston a posé lé re volver, Elle le saisit brusquement en le dissimulant, puis se tourne de dos à eux. On entend la détonation. Ils se précipitent. Déjà Diane s’est affalée sur # aie

ARMAURY

Diane! Diane! Qu’as-tu fait? Mais c’est impos-. sible!.. mon enfant, mon enfant chéri... Où t’es-tu | blessée. où? mais réponds. réponds. Mon Dieu! Son corsage est rempli de sangl.. Au Le cours! DNS J1 s’est rué sur elle qui étouffe. Le corps a des soubre

sauts.

GASTON

Diane. ma chérie.

nent: no: assassin. ou je vous ; tue! Appelez done au SÉPPUrS, au moins, gredin.… < 2

(Em cure 5 ports, éperdue, et appelle. Gaston se précipite me dehors.) Sonne! .. (Faouy sonne. Il porte Diane sur la chaise longue.) Diane, mon amour, ma tendresse... (A Fanny) Aide-moi.. oui, le corsage. Arrache... non, tu lui fais mal... laisse, laisse. Ah! mais elle ne va pas passer dans mes mains! Elle a de Fécume rouge, tu vois, à la bouche... C’est affreux, c’est affreux!.… 58 Elle : ne bouge pas. Mais je ne veux pas que tu meuresl... On va te sauver, ma chérie... Ce n’est 8 rien du tout, tu verras..-#tu t'es blessée bêtement, 3 | J'embrasserai encore tes petites lèvres et

ton beau front !... Je suis là, mon enfant. nous serons heureux, je te le promets... (Devant l'immobilüé de Diane, il a un écroulement de désespoir. Il pleure.) Elle | tout amour et toute gentillesse! Et nous à sommes mis à quatre ou cinq pour la tuer, SE

avee mon amour, toi avec ta pitié, lui avee à sa haine... es garçons d'hôtel, mal réveillés, entrent et s'ar- | intimidés, sur le-seuil.) Entrez! Entrez!

tune e pauvre petite fille qui est là... une pauvre d e rien du tout!

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