‹ La vierge folle: pièce en quatre actesChapitre 18 sur 29 · FANNY, GASTON, FABIEN · texte numérisé non relu

FANNY, GASTON, FABIEN

Le concierge entre.

Fannt: — Fabien ! Tenez, voulez-voiLs ouvrir cette

porte. (Elle désigne la porte du couloir. Fabien l'ouvre.)

Voulez-yous me dire si, dans le couloir^ il y a encore deux valises... dans le couloir.

Fabien franchit le seuil, une seconde, il revient

Fabien. — Non, madame.

Fannt, blême, lui fait signe de s'approcher; elle lui parle

à voix plus basse. — Fabien, l'auto vient de partir, n'est-ce pas?

Fabien. — Oui, madame...

Fannt. — Monsieur a pris l'auto...

Fabien. — Oui, madame.

Silence. Fanny n'ose plus ouvrir les yeux.

Fannt. — Et... il y avait une autre personne avec lui, n'est-ce pasf

Elle attend la réponse, le visage levé, les yeux clos.

Fabien, très bas. — Oui, madame.

Fannt, du bout du bras «imperceptiblement, elle chasse

Fabien. — , C'est bien, allez- vous-en ! Allez- vous-en !

(Le concierge sort par la porte du corridor. Restée seule avec Gaston, qui est redescendu pendant ce temps, elle pousse un grand cri déchiré, et jette la chaise à laquelle elle se cramponnait) Ah! le misérable, le lâche, le lâche! Il est parti, ils sont partis!... C'était vrai!... Votre sœur était ici!...

Gaston, bondit. — C'était vrai?... cette chose!...

Fannt. — Oui, c'était vrai, oui!... Us sont partis, . ils s'en vont !...

• Gaston, à tuc-téte. — Et vous les avez laissés s'enfuir!... Vous saviez que ma sœur était là... nous les avions sous la main et vous les laissez s'échapper... Mais c'est de la démence!...

Fannt. — Oui, elle était là... oui, je plastronnais devant vous... je le couvrais de ma présence... Je les avais surpris, j'avais enfermé votre sœur à clef, et cette clef je viens de la lui remettre, là, devant vous.

Gaston. — C'est fou!...

Il se précipite sur sa canne et son chapeau.

Fannt. — Et il est parti, vous avez vu avec quelle hypocrisie, parti malgré la beauté de mon acte, ma générosité. Ah ! quel dégoût ! Le vil, l'af fi-eux homme ! Il a tout mérité!... Je vous l'abandonne!

Gaston. — Pas nne minute à perdre. Il faut faire télégraphier partout, les traquer... Mes parents, mes pauvres parents, quand ils vont apprendre!... Ah! s'il l'a déshonorée, quoi qu'il fasse, il ne m'échappera pas!... Je l'aurai... je l'aurai... (Prêt à partir, il se

retourne vers elle.) Etes- VOUS des nôtres, VOUS?

Fannt. — Ah! oui! Et de toute mon âme!

Gaston. — Alors, venez! venez!

Dans un tumulte, il l'entraîne.

BIDEAU

L'ILLUSTRATION THEATRALE

ScËKE 111. — Armaury .

Page 1