Scène première
ARMAURY cnt-f suivi At Son SECRETATRE ti précédé rie DEUX GARÇONS IVHOTEl-
1" Garros — Aak Ihis genllemaii if tliis drawing room ifill suit liim. I Ihittk he dors not «nderstand euglish.
2* Garçon, — Shall I ask if theij require atxij-
1" G.utÇfiî), — Ao. Leare Ihcm alone.
Il son.
2' Gari;i)n. — Voilà le salon que vo«s avez fait retenir ce malin dans le (élêphone.
Armauby. — Bien. Aussitôt que quelqu'un... uue ou plusieurs pei'sonnes, je tie sais au jnsle... demandpnml M. Armaui'y, faîtes entrer ici dii-ecleinent...
de
I.E G,\ni,-<)!;. — Parfailemeut, Armaury... C'i ul. mfiLLiieui?
Armal'ry. — C'est tout
U resie srul avec snn srs.réiaire.
pas quelque erônei somme, pourquoi
Le Skcrétatre. — N'y a-t-il à' GreenivieliT Eu
fi.\é à l'inlérietir de
l'a-t-on pas demandé Londres?..,
Armavrt. — J'ai été foreé d'ai'cepter ( vous, j'y ai été moralement obligé, je vous assure. Mon ami. si je yous ai faif venir de Paris, vous |ieiisez bien qtie ce n'est |ias seulemoni ])oitr vous confier quelques notes sur nos travaux en suspens à Paris... Ri lourde qu'en soit pour vous la eliaifre. nous avions (ont le temps!,.. Maintenant que nous avons franclii le seuil de cet bolel. ef que nous lie pouvons plus reculer, mainleuaul que vous ne ponvez plus faire d'objeclimis, ni nir"'mc, au (':i,s on vous l'auriez cru hou, avertir ma dièje Dianetle, je peux enfin vous parler à eir'ur ou\er1...
Le Secrétaire, — Comment, vous .-iupposiez que |e vous trahirais? que je parlerais îl M'" ile Cliarance?
Armaury, — Ah! c'est que j'ai ('li' à dure école!... Si unus avons l'Ii' pruircbas^'s. rcjointï^, et si noii» avons eu un mal du diable à u<m- cchapper de Paris l'autre jour, c'est à cause tle l'indism'l ion d'une femme de chambre, en qui nous avions pleine confiance. Un amoureux guettait ! JLtIjjvi'' toutes ses pnimcs.-('s de silence, cette fille avait averti son amant de notre fuite; l'homme a voulu s'opposer
au départ de sa maîtresse, et il a tenté le coup des lettres anonymes pour faire échouer la combinaison. Il y a presque réussi... C'a été effrayant !.., Quelles transes nous avons éprouvées! Enfin, depuis cette évasion à demi ratée, je suis devenu défiant et plein d'anxiété... Pardonnez-moi, j'aimais mieux être arrivé à l'endroit même où a été fixé ce reudeiîvous pour vous en donner le vrai motif... j'ai eu tant de peine à le cacher à Dianette!... Asseyezvous là... Je ne pouvais pas refuser, et savez- vous pourquoi?... Parce que, hier, j'ai déclaré à deux témoins, que m'avait envoyés Gaston de Charance au Savoy-Hotel, que je ne me battrais pas.
Le Secrétaire. — Comment, deux témoins!... Il vous a provoqué?... et sur territoire étranger?
Armaurt. — Et j'ai refusé de me battre.
Le Secrétaire. — Vous avez bien fait...
Armaury. — Oh! c'est vite dit... Je ne peux pas me battre, en effet, je ne le peux pas à cause de cette enfant que j'adore au delà de tous les termes que je pourrais employer pour vous l'exprimer... Je ne veux pas de ce drame de famille, et je ne veux pas non plus être tué, c'est bien simple... Elle a besoin de ma vie, il m'est interdit de l'exposer actuellement. Mais, cette lâcheté apparente qui est, au fond, une forme d'énergie, c'est dur, vous savez, à commettre! J'ai donc refusé de me battre, et j'en ai donné loyalement la raison. Maintenant, on me demande un rendez-vous, on exige de moi une explication! Mon premier mouvement était de la refuser auasi; le second, le bon, a été de l'accepter... A fuir toujours devant tout, je passerais à juste droit pour
Le Secrétaire. — Mais, les tenues de la lettre qu'on vous a remise sont vagues, si ambigus que vous ne savez même pas qui va se présenter à vous. Je trouve cela d'une témérité folle!... J'ignorais qu'on fût venu ici vous provoquer!... Si je Tarais su, je vous aurais dissuadé d'accepter ce rendez-vous, .soi-disant pacifique. Je ne croîs pas à un guetapens, certes, mais qui allez-vous trouver devant ■ vous?
Armaury. — Mon ami, toutes les hypothèses sont possibles... Le frère» le père, les deux ensemble... un des témoins peut-être!... Je les ai toutes envisagées, ces hypothèses, toutes, même les plus dangereuses.
Le Secrétaire. — Mon cher maître, il faut prévoir...
Armaury. — C'est mon avLs, et c'est pourquoi j'ai deux lettres à vous remettre...
Le Secrétaire. — Comment cela?
Armaury. — Les voici, et ne discutez plus... Je m'empresse de vous dire que je ne crois pas le moins du monde à une explication dramatique; quel que soit mon interlocuteur, et je pense que ce sera le frrie lui-même, il ne se portera à aucune extrémité. La franchise de mon attitude présente, je l'espère, et la hâte que j'ai de justifier mon acte, par des paroles décisives et ardentes, tout cela les apaisera! Néanmoins, il faut prévoir, comme vous dites... Ecoutez... s'il arrivait un malheur, si la colère armait le bras d'un homme... voici une lettre pour Dianette... Vous la lui remettriez avec les ménagements les plus grands... Non, non, ne dites pas un mot, mon cher ami... laissez-moi poursuivre... L'autre est adressée à mon notaire... Vous la remet triez plus tard.
Le Secrétaire. — Monsieur Aimaury, je n'aurai pas de si funèbre commission à faire, et c'est, tout à l'heure, au Savoy, à vous-même, que je remettrai
les deux plis. Nous aurons un singulier plaisir à les brûler dans un bon feu de bois... Tenez!...
I<a porte de droite s'ouvre. L'abbé Roux entre.