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dire ramassés et repliés sur eux-mêmes, La position constante que son malheureux corps était obligé de garder, avait fini par produire une double plaie, l’une au dos et l'autre au creux de la poitrine. Sur le côté, en plusieurs endroits, sa peau était usée par le long frottement du lit et laissait voir la chair toute dénudée et sanglante. La malade ne parlait presque plus, une teinte livide se répandait sur ce visage amaigri, et, le 16 octobre, le docteur Subervielle en la quittant dit à la famille : « Elle mourra dans la nuit ou au plus tard à la naissance du jour. »
Vers minuit, au milieu d’un silence profond et qui n'était interrompu que par la respiration pénible de la malade, la mourante appelle sa fille: « Va chez notre amie Mme Nassans, demande-lui un verre d'eau de la Grotte. C'est cette eau qui doit me guérir; Ja Sainte Vierge le veut.
— Ma mère, répondit la fille, il est trop tard, j'irai demain matin dès la première heure. » La malade rentra dans le silence, la nuit se passa et fut longue. Le matin l'enfant courait chez la voisine, et rapportait aussitôt une bouteille d'eau de la Grotte. Mme Rizan porta le verre à ses lèvres et en avala quelques gorgées.
«O ma fille ! s'écria-t-elle, c'est la vie que je bois. D y a la vie dans cette eau. Frotte-moi le visage, le bras, tout le Corps. »
Et à mesure que l'enfant épongeait, à l'aide d'un linge mouillé, les membres paralysés et tuméfiés de la malade, elle voyait l'enflure énorme s'affaisser et disparaître sous le mouvement rapide de sa main, et la peau violemment tendue et luisante, reprendre son aspect naturel.
Subitement, pleinement, sans transition, la santé, la vie renaissaient sous ses doigts. Tout cela s'était accompli en un instant; en une minute ou deux, le Corps agonisant de Mme Rizan, épongé par sa fille, avait retrouvé la plénitude de ses forces. «Je suis guérie, s’écriait la bienheureuse femme ;» puis se tournant vers sa fille: « J'ai faim, dit-elle, je veux de la viande et du pain, je n’en ai pas mangé depuis vingt-quatre ans.» Il Y avait là quelques viandes froides, un peu de vin, Mme Rizan but et mangea. * Et maintenant, dit-elle, je veux me lever.» Elle demanda ses vêtements. Ils étaient depuis bien des mois repliés et mis à leur place dans l'armoire d'une pièce voisine : on pensait qu'ils ne serviraient plus. La jeune fille sortit pour aller les chercher. Mais en rentrant, arrivée seulement sur le seuil de la porte, elle aperçut sa mèr: qui avait sauté du lit, et était allée s'agenouiller devant une statue de la Vierge. Il était environ sept heures du matin. Plusieurs personnes amies ou voisines entrèrent dans la maison pour snutenir ou consoler l'enfant. Et en voyant la figure de
la jeune fille bouleversée : « Elle est donc morte, votre bonne mère, vous la reverrez au ciel, lui dirent-elles. — Ma mère est ressuscitée, répondit l'enfant d'une voix étranglée par une émotion indicible :» et Mme Rizan qui s'était habillée, s'avançait à son tour en disant : « Je suis œuérie, remercions tous la Sainte Vierge. » Deux jours après, son fils arrivait de Bordeaux, et sa mère courait à lui alerte et vive pour se précipiter dans ses bras quand il descendait de voiture. Le D' Subervielle reconnut sans hésiter le caractère surnaturel et divin de cette guérison extraordinaire |