Première Apparition de la juinte Vierge
N'étant encore que Novice, mais déjà favorisée de visions célestes, Sœur Labouré souhaitait ardemment, dans sa naïve simplicité, voir la très Sainte Vierge. Pour obtenir cette grâce, elle s’adressa à son bon Ange, à saint Vincent et à la très Sainte Vierge elle-même,
Le 18 juillet 1830, veille de la fête de saint Vincent de Paul, la Maîtresse des Novices fit une conférence sur la dévotion aux saints et à la Sainte Vierge qui augmenta encore son désir. Sous cette impression, la jeune Sœur se couche en se recommandant à son bienheureux Père saint Vincent, avec la confiance que ses vœux vont être exaucés.
Vers onze heures et demie, elle s'entend appeler par son nom de Sœur Labouré, accentué trois fois 1 suite ; pendant ce temps, s'éveillant tout à fait, elle entr'ouvre son rideau du côté d'où part la voix.
Qu'aperçoit-elle ? Un jeune enfant d'une béauté ravissante ; il peut avoir de quatre à cinq ans, il est habillé de blanc; et de sa chevelure blonde, aussi bien que de
toute sa personne, s'échappent des rayons lumineux ‘jai éclairent tout ce qui l'entoure.
— Venez, dit-il, d’une voix mélodieuse, venez À la chapelle, la Sainte Vierge vous attend. — Mais, pensait en elle-même Sœur Labouré, qui couchait dans un grand dortoir, on va m'entendre, je serai découverte...— Ne craignez rien, reprit l'enfant, répondant à sa pensée, il est onze heures et demie, tout le monde dort, je vous accompagne;
À ces mots, ne pouvant résister à l'invitation de l'aimable guide qui lui est envoyé, Sœur Labouré s’habille à la hâte et suit l'enfant, qui marchait toujours à sa gauche portant des rayons de clarté partout où il passait, et partout aussi les lumières étaient allumées, au grand étonnement de la Sœur. Sa surprise redoubla en voyant la porte de la chapelle s'ouvrir dès que l'enfant l'eut touchée du bout du doigt, et en en trouvant l'intérieur tout illuminé, «ce qui, ditelle, lui rappelait la messe de minuit.» L'enfant la conduisit jusqu'à la balustrade de communion ; elle s'y agerouilla, pendant que son guide céleste entrait dans le sanctuaire, où il se tint debout sur la gauche.
Les moments d'attente semblaient longs à Sœur Labouré ; enfin vers minuit, l'enfant la prévient en
disant : « Voilà la Sainte Vierge, la voici!...» Au même instant, elle entend distinctement du côté de l'épitre un bruit léger, semblable au frôlement d’une robe de soie. Bientôt une dame, d'une grande beauté, vient s'asseoir dans le sanctuaire, à la place occupée ordinairement par le directeur de la Communauté, au côté gauche du sanctuaire. Le siège, l'attitude, le costume, — c’est-à-dire une robe blanche un peu jaune, avec un voile bleu, — rappelaient la représentation de sainte Anne que l'on voit dans un tableau placé au-dessus. Cependant c« n'était pas le même visage, et Sœur Labouré était là, luttant scricusement contre le doute.
Soudain. le petit enfant, Prenant la voix d'un homme, parla très fortement et fit entendr> des paroles sévères, demandant à la Sœur si la Reine du Ciel n'était pas maîtresse d'apparaître à une Pauvre mortelle sous telle forme qu'il lui plaisait.
Aussitôt toute hésitation cesse, et, ne suivant que le mouvement de son cœur, la Sœur se précipite aux pieds de la sainte Vierge, posant familièrement les
Mains sur ses Senoux, comme elle l'eût fait avec sa mère,
Ea ce moment, dit-elle, je sentis l'émotion la plus douce de ma vie, et il me serait impossible de l'exprimer. La sainte Vierge m'expliqua comment je devais me conduire dans mes peines, et, me montrant de la
main gauche le pied de l'autel, elle me dit de venir me jeter là et d'y répandre mon Cœur, ajoutant que je recevrais [à toutes les consolations dont j'aurais besoin. Puis elle me dit encore: « Mon enfant, je veux vous charger d’une mission ; vous y souffrirez bien des peiues, mais vous les surmonterez à la pensée que c’est pour la gloire du bon Dieu. Vous serez contredite, mais vous aurez le secours de la g'âce divine, ne craignez poiat; dites tout ce qui se passe en vous, avec simplicité et confiance. Vous verrez certaines choses ;. vous serez inspirée dans vos cxaisons, rendez-en compte à celui qui est chargé de votre âme. »
La sainte Vierge lui révéla ensuite les grands ‘malheurs qui devaient fondre sur la France coupable. Après cela, la vision disparut,
S'étant relevée, Sœur Labouré retrouva le petit enfant à la place où elle l'avait laissé lorsqu'elle s'était approchee de là sainte Vierge. Il lui dit: « Elle est prrtie!» et se mettant de nouveau à gauche, il la reconduisit de la même manière qu'il l'avait amenée, répandant une clarté céleste.
« Je crois, continue le récit de la Sœur, que cet enfant était mon Ange gardien, parce que je l'avais beau- Coup prié pour qu'il m'obtint la faveur de voir la sainte Vierge... Revenue à mon lit, j'entendis sonner deux heures, et je ne me suis point rendormie. »
3 Deuxième Apparition de la Sainte Vierge. —
Ce qui vient d'être raconté n'était qu'une partie de la mission de Sœur Labouré, ou plutôt une préparation à celle qui allait lui être donnée comme gage de la tendresse de l’Immaculée Marie pour tous les hommes.
Sur la fin du mois de novembre de cette même année 1830, Sœur Labouré vint faire part d’une nouvelle vision à son directeur, M. Aladel (1): ce n'est plus cette fois une Mère afligée qui pleure à la pensée des maux dont ses enfants sont menacés, qui verse des larmes sur les victimes choisies dans l'élite de ses amis. C'est l'arc-en-ciel qui apparaît sur un horizon encore chargé d'orages, c’est l'étoile qui brille au sein de la tempête pour donner confiance au matelot; c'est la Reine-Vierge qui apporte la promesse des bénédictions, du salut, de la paix.
Voici le récit écrit de la main de Sœur Labouré :
« Lé 27 novembre 1830, qui était un samedi, et la veille du premier dimanche de l'Avent, à cinq heures et demie du soir, faisent la méditation dans un profond silence, j'ai cru entendre, du côté droit du sanctuaire, comme le bruit d'une robe de soie ; j'aperçus la sainte Vierge auprès du tableau de saint Joseph; sa taille était moyenne et sa figure si belle qu'il me serait impossible d'en décrire la beauté. Elle
(1) C'était un prêtre d'une piété éminente, vrai fils de saint Vincent de Paul, homme d'un jugement sûr, d’une grande expérience et d'une rare prudence,
était debout, vêtue d'une robe blanc-aurore, de la forme qu'on appelle à {a Vierge, c'est-à-dire montante et à manches plates. La tête était couverte d'un voile blane qui descendait de chaque côté jusqu'aux pieds. Elle avait les cheveux en bandeaux, et par-dessus une espèce de serre-tête garni d'une petite dentelle posée à plat sur les cheveux. La figure était assez découverte, et les pieds reposaient sur un globe, ou mieux, une moitié de globe; du moins, je n'en vis que la moitié,
« Tout à coup ses doigts se sont remplis d'anneaux et de pierres précieuses très belles. les rayons qui en jailissaient se reflétaient de tous côtés, ce qui l'enveloppait d’une telle clarté que l'on ne voyait plus ses pieds ni sa robe. Les pierres étaient plus ou moins grosses et les rayons qui en sortaicnt étaient proportionnellement plus où moins éclatants,
«Je ne saurais dire ce que j'éprouvai, ni tout ce que j'ai appris en si peu de temps.
« Comme j'étais occupée à la contempler, la sainte Vierge abaissa les yeux sur moi et une voix me dit au fond du cœur: « Ce globe que vous voyez représente le monde entier et particulièrement la France et chaque personne en particulier. »
«Ici je ne sais pas “exprimer ce que j'aperçus de In beauté et de l'éclat des rayons. Et la sainte Vierge ajouta: « Voilà le symbole des grâces que je répands
sur les personnes qui me les demandent ; » me faisant ainsi entendre combien elle est généreuse envers les personnes qui la prient...combien de grâces elle accorde aux personnes qui les lui demandent !... Il se forma alors autour de la sainte Vierge un tableau un peu ovale sur lequel on lisait écrites en lettres d'or ces paroles: « 0 Murie conçue sans péché, priez Pour nous qui avons recours à vous. »
« Puis une voix se fit entendre qui me dit: « Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle ; les personnes qui la porteront indulgenciée recevront de grandes grâces, surtout en la portant au cou; les grâces seront abondantes pour les personnes qui auront confiance. »
« A l'instant, dit la Sœur, le tableau parut se retourner.» Alors elle vit au revers la lettre M surmontée d'une croix, ayant une barre à sa base, et, au-des. sous du monogramme de Marie, les Saints Cœurs de Jésus et de Marie, le premier entouré d’une couronne d'épines et le second transpercé d'un glaive.
«Les notes de Sœur Labouré ne mentionnent pas les douze étoiles qui entouraient le monogramme de Marie et les deux cœurs. Cependant elles ont toujours figuré sur le revers de la médaille. Il est moralement sûr que ce détail a été donné de vive voix par la Sœur, lors des Apparitions,
« D'autres notes, écrites également de la main de
Sœur Labouré, complètent ce récit, ajoutant que quelques-unes de ces pierres précieuses ne donnaient pas de rayons, et comme elle s'en étonnait, il lui fut dit: « Ces pierres qui-restent dans l'ombre figurent les grâ- <es que l'on oublie de demander à Marie. »
4 Troisième Apparition dé la Sainte Vierge. —
Dans le courant de décembre, Sœur Labouré fut fa vorisée d’une nouvelle Apparition, exactement semblable à celle du 27 novembre, et au même moment de la journée, pendant l'oraison du soir.
Dans cette Apparition, la sainte Vierge paraissait avoir une quarantaine. d'années, au jugement de la Sœur. L'Apparition était comme encadrée, à partir des mains, dans l'invocation tracée en lettres d'or: « O Murie conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.» Puis le revers, présentant la lettre !1
surmontée de la croix, et au-dessous les saints Cœurs de Jésus et de Marie,
Sœur Labouré reçut de nouveau l'ordre de faire frapper une médaille sur ce modèle.
Lorsque la Sœur raconta cette nouvelle apparition de la Médaille, M. Aladel lui demanda si elle avait vu quelque chose d'écrit au revers, comme autour de l'Znimaculée. La Sœur: répondit qu’elle n'avait point vu d'écriture. « Eh bien! répliqua le Père, demandez à la Sainte Vierge ce qu'il faut y mettre. »
La jeune Sœur obéit, et après avoir prié long-
temps, un jour, pendant l'oraison, il lui sembla entendre une voix qui lui disait: « Le M et les deux cœurs en disent assez. »
Aucun de ces récits ne fait mention du serpent. Il a cependant toujours figuré dans les images de l'apparition ; et ce fut certainement d'après les explications données, dès l'origine, par Sœur Labouré. Voici <omment nous en avons acquis la certitude.
La dernière année de sa vie, après un silence de quarante-cinq ans, M. Aladel n'étant plus, cette sainte religieuse se sentit pressée de confier le dépôt qu'elle avait reçu de la Saiate Vierge à un de ses sunérieurs qui pât s'en servir pour ranimer la dévotion et la re- <onnaissance envers Marie. Lorsqu'elle l’eut fait, son âme fut comme allégée ; désormais elle pouvait mourir tranquille.
La ‘supérieure admise à ses confidences, pour réaliser un des plus chers désirs de sa vénérable compagne, voulut faire exécuter une statue de l'Immaculée Marie tenant le globe. Interrogée s'il fallait mettre le serpent sous ses piedà : — « Oui, répondit-elle, il y avait un serpent d’une couleur verdâtre, avec des taches jaunes. » Elle recommanda aussi’ que le globe posé dans les mains de la Vierge fût surmonté d'une petite croix ; que ses traits ne fussent ni trop jeunes ni trop souriants, mois d'une gravité mêlée de tristesse qui disparaissait durant la vision, ajoute la Sœur,
lorsque le visage s'illuminait des clartés radieuses de l'amour, surtout à l'instant de sa prière.
L'essai réussit assez bien ; néanmoins la teinte des vêtements, la clarté céleste du visage, les rayons restaient toujours une impossibilité pour l'art; aussi, tout en se déclarant satisfaite, l'expression, le ton de: la bonne Sœur révélaient assez l'impuissance des efforts humains à retracer le céleste’ modèle.
5. — Diffusion de la Médaille. Célèbre Conversion d'Alphonse Ratisbonne. — Voici comment s'exprime À ce sujet, notre Mère Ja sainte Eglise dans l'Office de la Fête de la Manifestation. -(1)«... Les événements ne tardèrent pas à montrer l'origine divine de la mission (de Catherine Labouré). À peine la nouvelle médaille fut-elle divulguée qu'aussitôt les chrétiens voulurent la porter comme un témoignage de dévotion qui devait être agréable à cette Très Sainte Mère. La France se signala d'abord ; puis, les évêques approuvant cette pratique, l'univers tout entier vit croître de jour en jour son respect et sa confiance pour ln * Vierge qui daignait, par la médaille, opérer des merveilles pour le soulagement des m.ux du Corps, ainsi que pour la destruction des vices de l'âme.
Entre tous ces faits dignes de mémoire, il faut citer celui qui arriva à Alphonse Ratisbonne, le 13 des calendes de février (20 janvier) 1842, et qui est con-
() Voir plus loin l’Institution de cette Fête,
firmé par le témoignage authentique de l'autorité ecclésiastique. Né à Strasbourg de parents juifs, Alphonse, faisant route pour l'Orient, s'était arrêté à Rome. Là, il l amitié avee un homme de noble origine qui était passé de l'hérésie à la religion catholique. Ce dernier, prenant en pitié le sort de son infortuné ami, s'eforçait par tous les moyens de l’amener à la vraie religion. Mais ses paroles étaient sans résultat ; il obtint seulement que le Juif portât suspendue à son cou la sainte médaille de la Mère de Dieu. Pendant ce temps on priait pour lui la Vierge Immaculée. Marie ne fit pas longtemps attendre son secours. Alphonse était entré par hasard dans l’église de Saint-André, élevée dans le quartier autrefois boisé appelé delle Fratte. Il était près de midi. Tout à coup, il lui semble que le temple s'obscurcit, à l’exception de la chapelle de l’archange Saint-Michel, où éclate une vive lumière. Saisi de crainte, il porte ses regards de ce côté. Alors la Très Sainte Vierge Marie lui apparaît, le visage plein de douceur, et telle qu'on la représente sur la sainte médaille, La céleste Vision change soudainement les dispositions d'Alphonse: il verse des larmes abondantes, il reconnaît l'erreur du judaïsme, et la religion catholique, pour laquelle il n'avait jadis que de l'horreur, lui apparaît comme la religion véritable ; il l'embrasse de tout son cœur. S'étant fait instruire des dogmes chrétiens, après
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quelques jours, à la joie universelle des habitants de Rome, il fut purifié dans les eaux saintes du baptême (ve et ve Leçon du 11e Noct.) (1).
6. — Autres Merveilles opérées par la Médaille Miraculeuse. — Le Pilote Salomoné. — L'Echo de la Nouvelle-Calédonie nous raconte l'histoire d'un pilote de Nouméa, appelé Salomoné, qui échappait à la mort d'une manière extraordinaire, il y a quelques années.
(2) Nous avons connu l'heureux miracu/é de Marie, pendant notre séjour à Jérusalem, et nous avons du l'avantage de vivre avec lui, dans l'intimité durant six ans. Tous les livres de piété, dans le temps, tous les mois de Marie ont publié cette éclatante conversion du jeune et très distingué Israélite, Alphonse Ritisbonne, Après son entrée dans l'Eglise catholique, le nouveau converti songea à se préparer au sacerdose. De son côté, son vénérable frère Théodore Ratisbonne travaillait à la fmdation de la belle et sainte Congrégation des Religieuses de Notre-Dame de Sion, qui s’wlonnent aux Missions, pour la conversion des ârues, et surtout pour la conversion des restes dispersés de la Tribu d'Israël, Le Rév. Père Marie (c'est le nom sous lequel il était connu partout) s'occupait du spirituel et du temporel de trois belles Communautés en Judée : celle du Sanctuaire de l’Æcce Homo, à Jérusalem, sur la Voie Douloureuse, communauté fervente et très prospère ; celle de la Paroisse Latine de Shint-Jean-dans-les- Montagnes, dont le site et l'organisation excitaient l'admiration de tous les Visiteurs ; et une communauté de jeunes orphelins, dédiée à saint Pierre, proche de la Villu-Suinte, sur le chemin de Saipt-Jean-dans-les- Montagnes,
C'est dans la délicieuse solitude de Saint-Jean, que ls grand priviligié de Marie s’est éteint doucement dans le Seigneur. Nous avons prié sur sa modeste tombe, et nous lui avons demandé un souvenir d'ami aupi s de la douce Reine du Ciel, la Vierge Immaculée,
Un ennemi embusqué dans un massif de verdure tira sur lui: le Coup atteignit l'enfant (il était encore jeune alors) en pleine poitrine et le renversa. On le crut mort: il se releva, La balle s'était aplatie sur la. Médaille de l’Immaculée Conception que portait ce jeune chrétien, et n'avait produit d'autre effet que d’imprimer les contours de la médaille sur la chair nue.
Salomoné conserve encore cette empreinte sur sa poitrine comme le témoignage éclatant de la protection de Marie.
La Médaille du général Canrobert. — Ün général français, distingué Par ses vertus privées autant que Par ses qualités militaires, venait de recevoir le commandement en chef de la guerre de Crimée.
Canrobert, — cest son nom, — sur le point de partir, alla offrir ses hommages à l'impératrice Eugénie. Sa Majesté, en lui donnant congé, lui remit une petite médaille de l’Immaculée Vierge Marie, en lui disant « Général, portez cette médaille avec foi, elle vous protégera.»
Ces paroles, empreintes d’un grand esprit de piété, reçurent leur accomplissement,
Un jour le général fut frappé en pleine poitrine d'un éclat d’obus, qui devait, sinon le tuer, du moins lui faire une blessure grave. Mais il portait sur sa vaillante poitrine l'image de Marie Immaculée ; et le morceau d'airain qui portait la mort avec lui s'arrêta sur la plaque de la médaille bénite.
Ces détails sont contenus dans une lettre écrite de le propre main du général à l’Impératrice pour la remercier,
Sauvés d'un Naufrage. — Le 9 janvier 1896, une barque de pêcheurs de Trani (1), après avoir lutté toute la nuit contre une furieuse tempête, le gouvernail méme étant brisé, rasait la plage de Casamicciola dans un péril évident de naufrage.
Le peuple affolé se pressait en pleurant, sans pouvoir porter secours à ces malheureux. Mais voici que les Filles de la Charité qui dans cette île se dévouent auprès des enfants de l'asile, accourent, et la Supérieure jette dans la mer la Médaille miraculeuse de Marie Immaculée. A l'instant même, la barque surmonte les vagues en furie, et, comme par enchan-
tement, elle aborde au rivage: les pêcheurs sont sauvés.
Les bonnes Sœurs accueillent ces pauvres gens chez elles pour les réchauffer et les réconforter.
Le lendemain, M. le Curé de la paroisse dit une messe d'actions de grâces, à laquelle assistèrent les marins, bénissant avec une vive émotion leur Mère bien-aimée qui avait veillé sur eux et les avait arrachés à la mort. s 0e
En repassant sur la même barque devant la maison
{1} Ville importante sur le bord de l’Adriatique,
des Filles de Saint-Vincent de Paul pour retourner chez eux, ils se mirent tous à crier :
« Vive Marie Immaculée | Louée soit Marie Immaculée ! »
La Médaille miraculeuse épouvante les démons. — Presque dès l'origine de la Médaille miraculeuse, un Missionnaire écrivait de Macao, le 15 août 1941: « Une veuve chinoise qui r'avait qu'un fils, élevé Comme elle dans Je Paganisme, le vit tomber tout à Soup sous l'empire du démon : il était : ‘ent possédé que tout le monde se sauvait devant lui et qu'il Courait dans les champs, jetant des cris lamentables, rdi pour vouloir l'arréet renversé Par terre.
menté, il fuyait de tous sachant où il allait ;
ce malheureux d'une dit à tous ceux qui couraient il se faisait fort de l'arrêter © ramener tranquillement à
— HS
sa mère. Ce langnge parit étonner tous les païens ; cependant ils le laissèrent aller, quoicw'il y eût, selon eux, un grand danger, Ce bon chrétien portait la Médaille miraculeuse de l’Immaculée Marie ; il la prit dans sa main, et dès qu'il se fut approché du possédé il la lui montra en commandant au démon de le laisser en repos et de s'enfuir; ce qui fut fait à l'instant méme.
« Ce jeune homme, voyant le chrétien tenir sa médaille, se jeta à terre, humblement prosterné devant cette image miraculeuse, sans savoir ce que c'était. Les païens qui examinaient ce qui se passait, étaient dans le plus grand étonnemeht, Cependant le chrétien lui dit de se relever et de le suivre ; et, tenant toujours en main sa Médaille, qui était devenue comme une pierre d’aimant pour le jeune païen, il le conduisit à sa mère, A peine fut-il près d'elle qu'il la consola en disant : « Ne pleurez plus, je suis parfaitement délivré. Le démon m'a quitté dès qu'il a aperçu cette Médaille, »
7. — La Fête de la Manifestation de la Médaille miracul us. — Le Culte des Fidèles pour la Médaï''e mirac ileuse a reçu la sanction de l'autorité de l’Eglise. Tar décret du 10 juillet 1894, le Pape Léon XIII a institué en faveur de la Médaille miraculeuse une fête comme il en existait déjà une en l'honneur du Saint Rosaire et du Scapulaire. Le Rosaire, le Scapulaire,
la: Médaille miraculeuse : ta ois sources de bénédictions, de grâces et de miracles. C'est la pensée exprimée per l'Eglise elle-même dans l'office de ce jour.
« Il convenait, dit-elle, que la ‘tendresse maternelie
de Marie, qui s'était manifeste, avec tant de puissance
et de libéralité par le moyen de la sainte Médaille, ne fût pas oubliée, et en même temps, que le culte du peuple chrétien pour l’Immaculée Conception prit de nouveaux accroissements. Pour atteindre ces fins, le Siège Apostolique à voulu que, comme cela avait déjà été concédé pour le Rosaire et pour le Scapulaire du Mont-Crrmel, une fête particulière fût célébrée chaque ann en mémoire de cette Apparition de la Très sainte Mère de Dieu et de sa sainte Médaille, « Aussi après avoir fuit examiner avec le plus grand soin tous ces faits par l& Sacrée Congrégation des Rites, sur l'avis favorable qui lui en a été donné Léon XIII, Pontife suprême, à autorisé la Société des prêtres de Saint Vincent de Paul, toujours fidèle aux traditions de son saint Fondateur dans la profession et le culte de la Conception Immaculée de Marie, à célébrer, un office et une messe de la Manifestation de la bienheureuse Vierge Immaculée. Pareille faveur est accordée à tous les évêques et aux familles religienses qui en auront fait la demande. » D'après le décret dn 13 juillet 1894, cette fête snlcnnelle, avec office et messe propres, « sera célébrée
RER AE un ri
chaque année, par les enfants de la Congrégation de la Mission, sous le rite double de deuxième classe, et sous le rite double majeur par les Ordinaires des lieux et Familles religieuses qui l'auront demandé. »
8. — Le Couronnement de la Vierge de la Méduille Miraculeuse. — « Demandez, avait dit Sœur Catherine à M. Aladel, demandez des faveurs spirituelles particulières, demandez sans crainte, tout vous sera accordé. »
Cette prédiction s’est accomplie. Les Supérieurs qui se sont succédé à la tête de la double famille de saint Vincent de Paul ont demandé des faveurs particulières pour le sanctuaire que Marie Immaculée a honoré de sa présence, et l'Eglise a ouvertses trésors.
Le 11 février 1897, M. Antoine Piat, Supérieur gé-
néral des Prêtres de la Mission et des Filles de la Charité, demandait au Pape Léon XIII les honneurs du Couronnement pour la statue de la Vierge de la Médaille niraculeuse. Le 2 mars suivaut, le Vicaire de Jésus- Christ écrivait au Cardinal Archevêque de Paris pour lui conférer le pouvoir de la couronner en son nom, et il s’exprimait en ces termes : ,
« Notre cher Fils, le Supérieur général de la famille de saint Vincent, Nous ayant instamment prié de vouloir bien, en vertu de Notre Autorité Apostolique, couronner la statue de la Bienheareuse Vierge Marie Immaculée, dite de la Médaille miraculeuse, qui est en
grande vénération dans la chapelle de la Maison-Mère des Filles de la Charité en votre ville de Paris, Nous avons cru devoir répondre à ce pieux désir, Notre cœur nous y & porté, et Nous Y accédons d'autant plus volontiers que Nous gardons au fond de notre âme le souvenir de la merveilleuse manifestation, en cette chapelle, de la Très sainte Mère de Dieu conçue sans péché, ainsi que des nombreux bienfaits dont la sainte Médaille frappée par son ordre a été l'instrument.
« Une autré considération non moins pressante Nous a engagé à accorder cette faveur: ce sont les mérites de toute la Famille de saint Vincent de Paul qui, s'inspirant des exemples de son Fondateur et
Père, et excitée par le zèle ardent de la charité, consacre tous ses soins au soulagement des âmes et des Corps. »
La solennité du Couronnement eut lieu le 26 juillet, dernier jour de l'octave de la fête de saint Vincent de Paul, avec un éclat et une ferveur extraordinaires. Pour satisfaire la piété des fidèles, la chapelle fut ouverte pendant toute l'octave : elle ne désemplissait pas. Et ce qui donnait à ce concours un cachet particulier, c'est que les foules se succédaient dans un tel silence, un tel recueillement, qu'on ne pouvait s'empêcher de dire: « Vraiment, la Vierge Marie est là!»
Oui, Marie est bien là, selon sa promesse. Elle parle au cœur de ses enfants; elle leur fait sentir qu'Elle les aime et les protège: et les grâces coulent comme d'une source intarissable sur ceux qui viennent implorer sa protection.