CONCLUSION
Nous nous sommes retrouvés en novembre, à jour dit, comme il était convenu, en cet aimable cabaret du boulevard, qui avait servi de point de départ à notre voyage. Nous nous sommes communiqué réciproquement nos noles et croquis, et nous les avons groupés sans façon et sans autre ordre précis que celui de notre fantaisie, heureux chacun d’avoir parcouru des contrées si variées et si merveilleuses, d’avoir pris sur le fait ces populations si vigoureuses, si travailleuses, si énergiques; d’avoir assisté à tout ce travail, à toutes ces préoccupations qui engendrent la richesse de notre pays, qui emploient Pactivité et la vie de plus de sept millions d'habitants en France el qui fournissent à ses revenus une part de quatre cents millions environ.
La vigne est la principale richesse de la France, et c’est peut-être elle aussi qui est l’origine de toutes les autres, ©’est-à-dire de sa verve artistique, du charme de son travail et de la netteté de son goût.
Nous lavons suivie avec un intérêt toujours croissant partout où elle commande l'attention, principalement par ses exceptionnels produits, honneur de la France au dehors.
Mais l’humble vigne qui court sur tous les coteaux du centre de la France, en Auvergne, en Anjou, dans le Maine, en Touraine, en Brie, en Beauce, et même aux environs de Paris, a droit aussi à notre reconnaissance et à nos
hommages; c’est elle qui abreuve et réchauffe le travailleur, Pouvrier, le petit commerçant, le public en un mot, et partout où elle croît, elle féconde le sol et enrichit le propriétaire et l’ouvrier.
Un double espace serait nécessaire pour décrire tous les pays merveilleux où croit cette vigne modeste, source de tant de bienfaits.
Ce sera pour nous du moins une récompense que d’avoir signalé, parce que nous les avons vus avec le plus vif intérêt, tous les points culminants où elle domine en maîtresse et en bienfaitrice.
Puissions-nous donner l’idée de continuer ce voyage et faire qu’à l’aide des moyens si précieux de locomotion dont on dispose actuellement, on connaisse enfin la France, que nous ne connaissons guère jusqu'ici, que les étrangers connaissent peut-être mieux que nous; celte France, plus faite pour être un champ de travail, de richesse et de prospérité, que pour êlre ce qu’on en a fait trop, hélas! de nos jours : un champ clos de politique et de luttes stériles!
Nous avons vu l’armée des travailleurs, nous avons vu l’ennemi qui les menace, le phylloxera, ennemi plus terrible que tous ceux que nous avons eus jusqu'ici.
Comment cet ennemi sera-t-il vaincu? Nous l’ignorons encore ; mais il le sera, nous en avons l'espoir.
Salut à la vigne française !
Et répétons ce que nous disions au commencement de ce livre :
Buvons avec ses vins à la santé de la vigne!
C’est boire à la santé de la France!
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