‹ La vigneChapitre 26 sur 176 · GRISETTE DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

GRISETTE DE BORDEAUX

les qualités ci-dessus inventoriées, par la chaude päleur de leur teint, la grâce et le charme de leurs allures.

Il »’y à plus de grisettes maintenant, choisissez un autre mot, à votre guise, pour dépeindre cette coquette tournure, cette mise accorte et avenante et cette fine délicatesse des extrémités qui rappelle les chevaux de sang de la race arabe; toutes les fillettes qui circulent portant des cartons, des fleurs et des paquets à travers les rues et les promenades semblent avoir été choisies par un intelligent impresario bordelais, comme les comparses d’une agréable et riche mise en scène.

IL n’est pas jusqu’à ce petit parler accentué et musical qui n’ajoute quelque chose de piquant à leur physionomie, au lieu de nuire à leur charme, comme par exemple l'accent provencal nuit aux jeunes beautés marseillaises.

Un regret à noter, c’est de voir que l’ancien costume tend à disparaître. Quelques-unes ont encore assez de goût pour conserver cet élégant foulard bordelais, rouge, blanc, bleu, clair, ou semé de fleurs, qui s'accroche si coquettement sur le chignon, et prête à leur aspect une allure si originale et si finement provocante; mais, par malheur, la plupart abandonnent cette coquette coiffure pour le chapeau bête, chargé de fleurs et de rubans que les modes nouvelles apportent tous les ans, et dont elles s’ingénient à bouleverser la forme, pour aiguiser la curiosité et la bourse des femmes.

Les fillettes de Bordeaux s’exercent ainsi maladroitement à perdre quelque chose de leur physionomie et de leur caractère, pour ressembler davantage aux femmes des propriétaires, des commerçants et des courtiers.

Elles ont déjà perdu quelque chose à délaisser leur ancien corsage et leur ancien Cotillon, pour prendre les confections du Louvre et du Bon Marché, comme toutes les dames de tous les chefs-lieux possibles et imaginables.

Heureusement, elles ne sont pas encore parvenues à perdre leurs jolis yeux, leurs cheveux noirs, l'éclat de leurs dents blanches et la vivacité fine de leur tournure.

Pourvu qu’on ne leur persuade pas un jour qu'en perdant tout cela, elles se mettront tout à fait à la mode!

Somme toute, la population bordelaise est agréable à regarder, les grisettes comme les jeunes filles et comme les dames de la bourgeoisie; il n’est pas jusqu'aux hommes, dont quelques-uns sont fort bien tournés, qui n'aient dans leur manière d’être une rondeur bienveillante et une gaieté communi= calive qui les rendent sympathiques.

Est-ce le bon vin qui circule partout iciet dont l'influence règne en aimable maîtresse, qui produit ces heureux résultats ? Cela est possible. En tout cas, il fait assurément la prospérité de l'endroit, et rien n’adoucit aimablement les contours et n’arrondit les angles comme la prospérité.

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Chose étrange ! en ce pays privilégié du vin, peu de gens en abusent. Les marchands de vin au détail, les caboulots, mastroquets, mannezingues, sont plus rares ici que partout ailleurs, et vers le soir, le samedi, à l’heure où les bons zigs de Paris festonnent dans les rues, battent les murs et s’assoient dans les ruisseaux, je n’ai pas eu l’occasion de voir quelque naturel du pays se livrer à ce genre de gymnastique.

Un seul m'est apparu un soir sur le quai, à l’extrémité du Chapeau-Rouge ; il était par terre aux pieds d’une borne, qu’il embrassait tendrement, en lui disant : Pien cholie, pien cholie ! I avait les cheveux et la barbe jaune; c'était

un Allemand.

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Les Bordelais sont gens de ressource. Beaucoup arrivent, par la force des choses, à de magnifiques situations ; quelques-uns trouvent des combinaisons bizarres et originales pour taquiner la fortune.

On a connu ce Bordelais qui, tout jeune et point du tout médecin, s’avisa un beau jour de créer un Courrier médical. À la fin du journal se lisait naturellement la liste des décès. En regard de chacun d’eux se trouvaient le nom et l'adresse du médecin qui avait soigné le malade. Les docteurs dont les noms étaient ainsi couronnés, comme aux distributions des prix de collége, pour la cinquième ou sixième fois, inspiraient par cela même une terreur profonde à leur clientèle, et la voyaient infailliblement diminuer. Ils furent d'abord atterrés, puis ils crièrent comme des brülés, puis ils finirent par chanter. Ce fut le seul moyen de conjurer l’orage. C’était ce que voulait Pimpresario du journal. Il gagna de la sorte quelques bonnes petites sommes, qui servirent de premières assises à sa fortune.

On vient de me montrer un autre Bordelais, un gros gaillard bien portant, à la taille rebondie, qui a trouvé pour s’enrichir un truc nouveau et qui dénote une étude sérieuse du cœur humain.

Ce truc consiste à lire chaque jour dans les annonces des décès parisiens ou des villes importantes du Nord les noms et demeures des infortunés qui viennent de passer de vie à trépas. |

Le jour même part une pièce de vin d’un prix en harmonie avec la situation probable du défunt, en raison de son nom et de son adresse, plus une lettre d'envoi relatant la commande faite soi-disant quelque temps auparavant.

Neuf fois sur dix, la commande et l'envoi se trouvent acceptés.

. — Pauvre défunt, se disent les héritiers, cela fait, pour ainsi dire, partie de ses dernières volontés; il savait, du reste, ce qui était bon.

Et puis, n’a-t-on pas toujours besoin de vin?

On conserve le vin, on le paye sur l’héritage, on ne chipote pas sur les prix : le tour est fait.

En répétant adroitement cet exercice et en donnant parfois d’excellents vins à des prix raisonnables, le bonhomme s’est arrondi sérieusement, s’est créé une clientèle parmi certains héritiers de bonne humeur, et a fait fortune.

On me l’a montré, du reste, à titre de curiosité.

Ainsi que je le disais, ce sont les exceptions qui se livrent à ces fantaisies excentriques qui rapportent plus d'argent que de considération.

D'autre part, le nom de ces habiles et intelligents Bordelais qui, doués du génie des affaires, ont donné un élan exceptionnel au mouvement industriel de la France tout entière, est dans toutes les bouches, je n’ai pas besoin de le rappeler ici.

Pour montrer l’ingéniosité et l’esprit de suite qui se rencontrent souvent parmi les gens du bon pays bordelais, je finirai par ce croquis à la plume fait Sur nature.

Je viens de voir passer le modèle auprès de moi. — Tenez, m’a dit mon guide, voici, par exemple, un homme d’infiniment d'esprit, fort savant pardessus le marché, très-habile viniculteur, qui a fait le plus grand bien au pays des environs, où il a ses propriétés et où il habite, et que nous nommerons X... par discrétion.

Voyez sa personne et écoutez son histoire.

Il à une soixantaine d’années, une taille moyenne, lallure vive et nerveuse, cheveux gris et rares, la physionomie fine et d’une bonhomie un peu rusée; le visage long et maigre, complétement rasé, lui donne un aspect mipartie prêtre et magistrat. Signe particulier : une cravate blanche dont le nœud est toujours de côté, dérangé par le mouvement perpétuel de son propriélaire.

Cest un type.

Jugez plutôt.

Il y à une quinzaine d'années, notre héros habitait Bordeaux; une circonstance de famille, un héritage, je pense, vint l’amener à X... et lui suggéra des intérêts et des ambitions. Il commenca par faire du vin, et du meilleur qu'il put, puis il alla trouver résolàment le maire d’alors, le personnage influent entre tous, et lui dit : — Je viens ici travailler à la vigne du Sei- SA tIES j'ai la prétention de travailler aussi à la prospérité du pays. Par suite, j'ai le dessein et la volonté d’y devenir conseiller municipal et CRUE ainsi ma part d'influence au milieu de vous.

Or le personnage en question était fort jaloux de son influence à lui. La démarche et l'aplomb ambitieux de ce nouveau venu lui parurent chose inquiétante, surtout au point de vue de l'avenir.

Il reçut froidement l'ouverture : — Allez, répondit-il, vous êtes libre.

Et le nouvel adepte, avec son activité des grands jours, se mit à faire des pieds et des mains, et à travailler l'électeur.

Pendant ce temps, l’autre, dont l'inquiétude prenait de certaines proportions, faisait tous ses efforts du côté opposé.

Les élections survinrent : la défaite du nouveau venu fut complète; il y avait sept cents électeurs, il eut cinq cents voix contre lui.

Or, l’homme en place, qui était médecin, ou, pour mieux dire, simple officier de santé, notez ce point, avait conquis dans le pays son influence, légitime du reste, par de nombreuses visites, qu’il faisait par profession, et qu'il savait au besoin ne pas faire payer. Il guérissait ou achevait les malades le plus souvent gratis, et cela Pavait mis en faveur dans l'endroit. La majorité faisait ce qu’il voulait.

Le jour de la proclamation du vote, dans le triomphe du succès, il eut une parole imprudente. Les candidats heureux et les candidats évincés étaient en présence.

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L'homme influent se leva, et, après un discours qui respirait l'odeur de la poudre, frappant sur sa poche gauche, et regardant de haut l’homme terrassé dans la lutte :

— Savez-vous, dit-il, ce que j'ai dans ma poche gauche ? Ce sont cinq cents voix, et personne ne passera les portes du conseil municipal sans ma volonté et ma permission.

Le vaincu releva la tête,

— Et moi, savez-vous, dit-il avec conviction, ce que j’ai dans ma poche droite ?

— Non, et je m'en soucie peu, répliqua l’autre.

— Eh bien, ce que j'ai dans ma poche droite, c’est un médecin !

L’officier de santé reçut le coup en pleine poitrine, une sueur froide vint baigner ses tempes ; il sentit, à l’aspect et à l'allure résolue de son rival, qu'il n’y aurait ni merci ni pardon; il comprit sa défaite future.

En effet, le père X... se mit immédiatement en route. Ce médecin qu'il disait avoir dans sa poche, il ne l'avait pas, mais il s’était dit : Je le trouverai. Pendant six mois, il courut le pays, la lanterne de Diogène à la main ; il ne cherchait pas un homme, il cherchait un médecin. C’était chose difficile de trouver ce qu’il voulait : un homme jeune, actif, doué à la fois de volonté et d'obéissance, et ne craignant pas de s’enfouir dans un petit théâtre quelque peu distant des grands centres.

Mais le chercheur infatigable avait sous la main à la fois un aide et un appât précieux. Il possédait une fille âgée de quinze à seize ans, agréable, fine, douée des jolis yeux noirs en vigueur dans le pays. Il trouva un jour, dans une des stations balnéaires après Bordeaux, un jeune homme tout près de passer son dernier examen. Ce jeune homme, qui n'avait pas manqué de regarder sur la plage les beaux yeux de la jeune fille, fut amené à comprendre qu'un avenir conjugal se combinerait volontiers un jour avec son avenir médical, s’il choisissait pour ses débuts cette petite ville dont il entendait parler à peu près pour la première fois.

Bref, il alla passer son dernier examen et fut recu docteur.

Pendant ce temps, l'opinion avait marché ; les feuilles publiques du voisinage, tout en faisant l'éloge du dévouement personnel de l'officier de santé, déploraient que la vie des habitants d’une-agglomération importante fût à la merci d’un homme remarquable par son bon cœur, à coup sûr, mais insuffisant du côté de la science, et elles réclamaient un véritable et authentique docteur.

Lorsque le jeune médecin, trouvaille de laspirant conseiller, arriva enfin

à Z..., le terrain était préparé. Tous les malades vinrent à l’envi vers le nouveau venu, et délaissèrent complétement le malheureux officier, qui desséchait sur place. *Péteet

Le nouveau docteur, soutenu par son futur beau-père, faisait encore moins payer ses visites que son ancien rival ; toutes les voix électives passèrent dans la poche dudit beau-père.

Maintenant, ledit beau-père est non-seulement conseiller municipal, mais il est maire, il est président du conseil de l’arrondissement, bientôt conseiller général. Cela ne m'étonnerait pas qu’il fût un jour député. Et le petit docteur est son gendre. Il est bon, il tolère le vainqueur d’hier, le vaincu d’aujourd’'hui, dans la position effacée de conseiller municipal. L’officier de santé, qui ne fait plus guère de visites, en reçoit encore moins.

Ne dirait-on pas un petit tableau détaché de la collection de Balzac ?

LE MUSÉE GREMAILLY

Maïs si vous voulez voir quelque chose d’intéressant, et que {out le monde connaît ici, nous dit notre aimable Bordelais, allez donc voir le musée Gremailly.

Ici, point de Titien, point de Van Dyck, point de Lesueur, ni de Léon Cogniet, etc. ; il y en à partout ailleurs; mais ce que vous ne verrez point ailleurs qu'ici, c’est ce musée de fioles célèbres et connues. Ce ne sont pas les grands maîtres de la peinture qui meurent et qui s’en vont, laissant leur œuvre, admirable si vous voulez, mais sujette aux épreuves et aux injures des temps, si bien qu'on ne connait plus que de nom Apelles, Zeuxis et Parrhasius. Ce sont les dons du Créateur récoltés avec soin par la main des hommes, ce sont des morceaux choisis de ces crus célèbres, poëmes éclos aux rayons du soleil français, que l'effort bienfaisant de la nature renouvelle sans cesse pour le plus grand bien de l'humanité, et que le chœur des nations reconnaissantes chante dans un hymne toujours enthousiaste, depuis une série de siècles, en l'honneur de la France.

M. Gremailly est un enthousiaste, lui aussi, un gourmet convaincu et convaincant. C’est un artiste en son genre, et son musée un chef-d'œuvre dans

le sien. Pas une célébrité ne passe à Bordeaux sans faire connaissance de Gremailly et de son musée.

Ce musée est une sorte de bibliothèque aux rayons nombreux et savamment disposés. Dans ces rayons illustrés des armoiries de chaque cru célèbre reposent couchées les fioles qui contiennent, par ordre, par âge, par année, les produits les plus victorieux dont on ait gardé le souvenir.

Tous les grands crus y sont représentés par leurs années les plus merveilleuses et les plus rares, avec le prix auquel les bouteilles exceptionnelles ont été achetées à l'enchère dans les ventes remarquables où elles ont figuré.

En tête des chefs-d’œuvre dus au sol français se distingue en première ligne le château-laffitte, onze bouteilles connues par le monde vinicole tout entier, année 1811, année de la comète, et qui ont été acquises au feu des enchères pour le musée Gremailly, à la vente de Château-Lafhitte, après la mort du comte Duchâtel, le 26 novembre 1868.

Voici, du reste, le récit de cette cérémonie digne de mémoire, d’après un

journal du temps.

La propriété de Château-Laffitte, dépendant de la succession Duchâtel, a été vendue à M. le baron de Rothschild 4,500,000 francs. Les héritiers avaient réservé, en dehors de ce prix, les meubles et les vins en cave, et lundi la vente en a été opérée aux enchères publiques, sur le domaine, par le ministère de M* Buffard, grefier de la justice de paix de Pauillac, et Charlot, commissaire-priseur à Bordeaux, assistés de MM. Tastet et Merman, courtiers.

Les conditions de la vente étaient celles-ci :

Les vins seront livrés tels quels, et ne donneront lieu à aucune réclamation ni réfaction.

La livraison aura lieu dans les caves particulières de Château-Lafftte ; elle se fera dans la huitaine qui suivra le jour de la vente, et les vins seront payés comptant, sans escompte.

Les adjudicataires seront en outre tenus d’acquitter 5 pour 100 en sus du prix de vente.

Les vins en bouteilles seront vendus sur simple étiquette et sur la présenlation qui en sera faite par les courtiers-experts susdésignés, sans dégustation préalable. | |

Nous allons donner, dit la Gironde, à qui nous empruntons ces détails intéressants, la nomenclature exacte des vins en bouteilles, leur année, la quantité vendue, le prix, La série commence à l’année 1797 pour finir à

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LE MUSÉE GREMAILLY. 147

1864. Il est presque inutile de dire qu’une pareille collection était certainement unique au monde, qu'aucune cave n’a jamais contenu, sinon plus riche, au moins plus introuvable trésor.

De tous les points du Médoc, les notabilités vinicoles étaient accourues : propriétaires de crus, gourmets, négociants, laristocratie de la richesse, du palais, du commerce et du nom.

Des ordres nombreux avaient été envoyés de l'étranger. On va voir à quelle hauteur vertigineuse la concurrence a porté les enchères.

Les prix ci-dessous indiqués sont les plus forts atteints par chaque année ; le minimum n’est jamais descendu bien bas. L’échelle va de 7 francs, pour les 1826 et 1863, à... nous hésitons à l'écrire, et l’on aurait peine à le croire si l’enchère n'avait pas été publique, cent vingt et un francs la bouteille pour le vin de 1811, le vin de la comète! Entre les deux, citons les 1798, 16 francs; 1815, 31 francs; 1825 et 1858, 36 francs; 1846, 27 francs; 1848, 65 francs; 1823, GO francs; 1834, 70 francs. Le vin de 1865 a été vendu de 2,850 à 3,000 francs la barrique de 228 litres.

Le vin de la comète, le vin vendu 121 francs la bouteille, à été naturellement le gros incident de la journée. Les courtiers avaient ouvert l'enchère à 20 francs, et aussitôt Delhomme, du café Anglais de Paris, et Gremailly, de l'hôtel des Princes, à Bordeaux, ont commencé une sorte de steeple-chase autour duquel tous les autres assistants firent galerie. Delhomme offrit d’un saut 50 francs ; les surenchères allèrent largement et sans intermédiaires à 60, 80, 90, 100, 110, 120 et 121 francs. L’adjudication s'arrêta Rà, au profit de Gremailly, et des bravos girondins applaudirent à cette conquête de notre hôtel des Princes et de la Paix.

On peut calculer qu'avec les frais additionnels, l'adjudication a porté le vin de la comète à 34,925 francs la barrique bordelaise, et 139,700 francs le tonneau.

Les enchères ont été terminées en trois heures.

Voici le détail de la vente :

Dans le caveau.

La bouteille, Hhouteilles grand vin 1797... . ,..,. %, » 12 fr. 9 — -— 1190 0, 5 ON 16 13 -- — L'IPOMRMRE TS un OR 12 8 — — Ft min EE ler are 10

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Dans la grande cave.

288 bouteilles grand vin 1846... ........... 27 fr. TPATE BOT TRE . .

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Vins en fûts (barriques de 2 hectolitres 28 litres chacune environ).

G barriques grand vin 1865, de 2,850 à 3,000 francs la barrique.

LE MUSÉE GREMAILLY.

Les vins du Médoc, dit M. Gremailly, sont divisés en crus paysans,

artisans, bourgeois et grands crus. Chacune de ces catégories reçoit des

subdivisions.

Les grands crus sont divisés en cinq classes, sous les noms de 1°, 2°, 3",

4 et »° crus.

Les bourgeois sont divisés en bourgeois supérieurs, bons et ordinaires.

Les artisans et les paysans sont divisés selon leurs communes classées

supérieures, ordinaires ou bas Médoc.

Nous donnons la nomenclature des grands crus classés suivant le Syndicat

des courtiers de 1855.

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